mardi 16 octobre 2018

Euthúmèma XXIII (réflexions)

[Depuis le 16 octobre 2018, avec mises à jour périodiques. — Since October 16th 2018, with periodical updates.]

«La raison est l’ultime action de l’intelligence humaine, lorsqu’elle est engagée activement dans l’appréhension et l’explicitation de la vérité et elle fonde son activité sur le sens interne (l’intuition et l’inspiration) ou externe (la sensation et la perception), qui la lui révèle comme étant indubitable et certaine.» — Plérôme.

«La perfection est, par essence, un état de la personne qui se poursuit perpétuellement et c’est lorsque l’individu prétend l’avoir atteinte qu’elle lui échappe effectivement.» — Plérôme.

«La foi qui se fonde sur la vérité, telle qu’elle est connaissable, consiste en l’ardeur avec laquelle on croit que ce qui est présenté comme étant véridique l’est effectivement; l’espérance, qui se fonde sur la plénitude de sa réalisation, en celle de la sagesse avec laquelle la conscience aspire à ce que la promesse qui en émane — et qui se fonde sur la science que la perfection de la doctrine, saisie par l’intelligence, est une œuvre qui reste toujours à réaliser — sera effectivement réalisée; la charité, qui se fonde sur l’amour, en celle avec laquelle elle rend toutes ses actions conformes à ses enseignements et que l’on tourne toutes ses actions, comme l’on encourage l’accomplissement de toutes les actions, vers leur pleine infusion dans les cœurs et leur complète réalisation dans la réalité; et ensemble, ces trois vertus se fondent sur la perfection qui se sait, qui s’appréhende et qui se réalise dans la participation et dans l’action.» — Plérôme.

«Si le roi Charles VII avait réussi à préserver Jeanne d’Arc du bûcher, Constantinople serait-elle devenue ottomane ? Car cette héroïne était toute désignée pour servir de général l’on aurait placée à la tête d’une armée française, recrutée afin de prêter main forte à l’empereur Constantin XI ...» — Plérôme.

«L’hystérisme consiste en la transformation inconsciente de la signification et de l’interprétation qui sont accordées à l’expérience actuelle, en raison de la nature d’une expérience qui a été vécue antérieurement dans l’existence et dont la conscience a oubliée jusqu’à l’avènement de l’événement à l’intérieur d’un passé plus ou moins éloigné et plus ou moins immédiat.» — Plérôme.

«La logique du délire est imparable, précisément puisqu’elle ne comporte aucune structure logique identifiable qui permette d’en apprécier la valeur et d’articuler une objection aux propositions qui sont énoncées et de formuler une critique — ou même d’apporter son assentiment — des vérités qu’il prétendrait communiquer: mais c’est peut-être en l’induction, en la naissance et en la maintien de cette impuissance que réside sa finalité.» — Plérôme.

«Même si l’inégalité de la gravité des conséquences argue souvent dans un sens contraire, il devrait être aussi important pour l’homme de conserver sa virginité que ce le serait pour la femme, en témoignage du rapport intime et étroit qui, dans l’idéal, existe entre l’état et le sentiment ineffables de l’amour, de l’importance et de la grandeur de la finalité infinie qu’il représente, autant pour le renouvellement et la perpétuation de la société que pour l’achèvement de la nature humaine, et de l’originalité entière ainsi que le caractère merveilleux du moyen par lequel ils son conjuguent et ils se réalisent et qui révèle le côté sacré de la vie.» — Plérôme.

«La rupture politique qui s’accomplit peut signifier un désaccord profond avec les valeurs et les idées d’un protagoniste mais, lorsqu’il est motivé par l’intérêt associé à l’ambition, il peut également signifier l’identification, par une des parties, avec les idées d’un concurrent et l’intention d’usurper ses idéaux et d’en réaliser, en tout ou en partie, les principes et les fins, sans avoir à partager ni le crédit, ni la gloire avec celui que l’on a placé en position adversaire, si jamais le stratagème de la distanciation politique réussissait.» — Plérôme.

«À l’intérieur d’une époque culturelle décadente, où les mœurs sont corrompues, où règne l’anomie des conduites, où l’oisiveté et l’ennui des classes aisées côtoie l’infortune et le désespoir des classes défavorisées, chacun se sent justifié à commettre les actions que tous se sentent légitimés à réprouver, et surtout lorsqu’ils deviennent les victimes d’une tel état amoral.» — Plérôme.

«Le théâtre qui se présente comme tel est un principe d’éducation sociale qui, en permettant aux acteurs de jouer des personnages qui existent et qui vivent à l’intérieur de situations qui sont représentatives d’une réalité possible, ou d’un époque tirée de l’histoire, et en créant un climat de catharsis qui les libère des sentiments inexplorés et enfouis dans l’inconscient du spectateur, devient un vecteur d’authenticité; mais lorsqu’il acquiert le statut de principe de vie, par lequel chacun se conçoit être, consciemment ou inconsciemment, l’acteur d’un scénario existentiel dont il est lui-même l’auteur, alors non seulement fonde-t-il son action sur l’inauthenticité et la déception, mais encore devient-il pour la société un facteur de confusion et de déliquescence des rapports sociaux, lesquels, afin d’être réels, doivent pouvoir se fonder sur la sincérité des personnes, sur la bonne foi des individus et sur l’authenticité des caractères.» — Plérôme.

«Platon est à Socrate ce que sont les Évangélistes et saint Paul à Jésus: les défenseurs d’une mémoire spirituelle et les avocats d’une vérité que ses détracteurs se sont acharnés à en oblitérer les principes et les enseignements en même temps qu’ils ont détruit son porteur et son messager. » — Plérôme.

«D’un point de vue strictement amoral, le pouvoir consiste en la possibilité dont dispose une conscience vivante d’agir sans entrave ni conditionnement, uniquement en conformité avec la volonté, la possibilité d’imaginer et de concevoir les activités désirables et la faculté de les entreprendre et de les mener à terme, à l’intérieur d’une structure sociale et politique qui autorise, et qui a été conçue afin d’autoriser, un tel accomplissement.» — Plérôme.

«Lorsque le droit à la justice est conditionné uniquement par la fortune qui permet d’accéder aux magistratures qui veillent à son application, non seulement les contrevenants ont-ils la liberté d’agir, pourvu que l’action ne contrevienne pas à un interdit formel, mais encore disposent-ils d’une liberté d’agir, sauf lorsque leur action risque de subir la sanction d’un juge: c’est que la moralité devient alors, non pas une question de conscience individuelle, mais de possibilité actuelle — celle de pouvoir agir à sa guise, sans être découvert ni blâmé en justice.» — Plérôme.

«L’anarchie est une déviation qui s’oppose à la voie légitime de ce qui doit être: la difficulté réside en la détermination de ce qui effectivement devrait être et le ralliement des consciences éclairées et développées autour de l’accomplissement de cette fin, librement, c’est-à-dire en attestation de la valeur prépondérante et évidente qui est inhérente à celle-ci.» — Plérôme.

«Le paradoxe, c’est que vivre pour certains, c’est mourir pour d’autres et l’œuvre de la justice consiste à veiller à ce que la plénitude de la vie et la possibilité d’en faire l’expérience revient, avec la grâce de Dieu, à ceux qui se sont montrés dignes de cette issue, par leurs dispositions, par leur conduite et par leurs actions.» — Plérôme.

«Sauf à inclure sous ce vocable les luttes artificielles qui développent les qualités physiques et morales des protagonistes, et encore uniquement par analogie, puisque l’enjeu de ces simulacres réside en leur éducation, il n’existe aucune guerre dont on peut dire qu’elle est bonne a priori: il y a seulement celles que l’on peut considérer comme étant un mal nécessaire, mais un mal néanmoins, dont l’avantage réside uniquement dans l’effort de rétablir et de reconstruire l’idéal d’une civilisation achevée que la destruction des corps et des biens entraînera à vouloir accomplir.» — Plérôme.

«On ne diminue nullement le risque que se commette un méfait en excluant d’un groupe de malfaiteurs potentiels quelqu’un qui ne serait pas au départ disposé à le commettre, comme on augmente en aucune façon le risque que se commette un délit en incluant parmi les malfaiteurs éventuels quelqu’un qui n’est disposé en aucune façon à participer à une telle infraction.» — Plérôme.

«De ce que l’exception puisse exister en confirmation de la règle, il n’en résulte aucunement que l’on dût viser à ce que l’exception devienne effectivement la norme ou la loi à suivre, lorsque les préceptes que met en relief le cas d’exception sont issus du droit et reflètent en tout les principes de la justice.» — Plérôme.

«La gnose est à l’intelligence ce que la doctrine est à la raison, la distinction résidant entre la conviction que ce que l’on sait in foro interno est effectivement vrai et la persuasion que l’on peut indubitablement en faire la démonstration ad forum externum.» — Plérôme.

«Fait-on mieux ou moins bien de mauvaise fortune bon cœur lorsque l’infortune qui suscite cette attitude est de son propre cru ou qu’elle survient d’ailleurs, lorsque l’on ne peut réellement rien faire afin de l’éloigner en lui apportant les remèdes appropriés.» — Plérôme.

«Tout faire pour s’avantager, ne rien faire pour avantager autrui; tout faire pour désavantager autrui, ne rien faire pour se désavantager, voilà le leitmotif moral de la société égocentrique et intéressée uniquement par le bien-être de soi et de ceux que l’on identifie à soi, comme à ses intérêts propres.» — Plérôme.

«L’état dystopique adopte le principe de la quasi-judiciarité afin de maintenir l’ordre: ainsi, à l’intérieur de cette forme politique, en laquelle ne règne qu’un simulacre de justice et qu’une contrefaction du droit, tous les crimes sont proscrits et poursuivis, sauf ceux qui sont réputés être d’une utilité publique, conformément à la raison d’État, ceux qui favorisent l’avancement des intérêts d’un grand nombre de particuliers, dont l’influence infléchit l’interprétation que l’on fait de la rationalité publique, ou ceux qui émanent simplement du caprice des autorités régnantes, dont les volontés s’identifient à tort ou à raison, mais le plus souvent à tort, avec la manifestation qu’elle prend dans les lois et dans les procédures qui en sont issues.» — Plérôme.

«Nonobstant que cette position confirme un état accompli ou qu’elle propose un idéal à réaliser, l’idéologue qui, au plan politique, se porte en défense du féminisme, propose que la conception et la doctrine qui informent de mouvement est l’unique moyen d’assurer ou de rétablir un équilibre sain, juste et équitable des rapports qui gouvernent les rapports génériques, plutôt que ne le seraient la position contraire du masculinisme ou encore celle, mitoyenne, du partage de l’ascendant politique. § Or, en situant la question générique au plan politique seulement, on en vient à la fois à méconnaître la multiplicité du phénomène social et à situer les pôles d’influence et de pouvoir au plan strictement politique (et non à ceux de la famille, de la culture, de l’institution ou de la religion).» — Plérôme.

«Dans la société impersonnelle, on en vient à confondre l’entraide et le fait de se mêler de ses affaires, en se contentant de tourner la tête devant les injustices qui sont commises, alors qu’il conviendrait de faire preuve de sollicitude et de contribuer à les éradiquer et en corriger les effets.» — Plérôme.

«À l’intérieur de la discipline de la philosophie, il existe une dichotomie fondamentale, selon que la sagesse qui est aimée et poursuivie est celle de l’homme ou celle de Dieu: c’est une distinction qui s’opère dès la naissance de la pensée qui se réfléchit alors que l’homme, s’émerveillant à la fois de la splendeur de la nature et de la force mystérieuse de son propre esprit, en exacerbe la possibilité afin de saisir l’essence, le principe et la fin de celle-là, en même temps que l’éventualité d’opérer cette action avec les seuls moyens de la faculté de la raison, sans se fier, en autant que possible, ni à une révélation, ni à l’existence d’une puissance supérieure à celle qui siège naturellement à l’intérieur de l’être de l’homme.» — Plérôme.

«C’est une forme de pensée juvénile — que l’on pourrait également nommer magique — qui pose comme responsable d’un effet une cause unique et que les effets distincts s’expliquent par les causes uniques distinctes, sans égard pour l’action (et la liberté) des agents qui mettent en action ces causes, ni pour la complexité de leurs actions, telle que différentes sortes de causes peuvent intervenir afin de produire un effet ou une suite d’effets, lesquels seraient alors aptes de résulter d’une série de causes antécédentes, de causes ambiantes sans lesquelles la série des causalités observée ne sauraient se réaliser, de causes conjuguées, de causes aléatoires conjuguées à des causes intentionnelles, de causes coopératives et de causes antagonistes et opposées, susceptibles de diminuer et peut-être même neutraliser les effets que l’on prétend pouvoir apporter, ou au contraire d’en augmenter la probabilité de leur succès.» — Plérôme.

«La femme qui, n’ayant pas découvert sa féminité, éprouve le désir d’un partenaire et d’un compagnon, suscite en lui l’appétit dans l’espoir de le séduire; mais celle qui, étant pleinement consciente de sa nature féminine, ainsi que du pouvoir qui est spécifique à celle-ci, peut éprouver le même désir, mais choisit plutôt de l’attirer en faisant naître en lui le sentiment d’une captivation irrésistible de son cœur et d’un enchantement imparable de son esprit.» — Plérôme.

«Que dire lorsque les miettes philosophiques que l’on laisse au philosophe explorer sont des questions essentielles auxquelles la généralité ne risque pas de s’affronter, afin de ne pas oser chercher à leur apporter un élément de réponse ?» — Plérôme.

«Musulmans, Juifs et Chrétiens adorent tous les même Dieu, puisque l’Être divin qu’ils adorent est le Dieu Suprême et Unique, mais ils ont chacun une conception distincte qui, dans la forme définitive de sa théologie telle qu’elle est élaborée par les penseurs religieux, ne peut souffrir d’aucune transformation, d’où le drame historique qui se vit actuellement et qui s’annonce encore plus important à l’avenir: ainsi, afin que puisse s’établir une réconciliation entre ces conceptions, dont l’essence ne saurait être ni contraire, ni contradictoire, puisqu’il s’agit d’un Être identique, substantiellement homogène, éternel et tout-puissant, une réconciliation qui est nécessaire à la paix des intellects et des esprits, s’agira-t-il d’élaborer une théologie qui est à la fois complète, transcendante et susceptible de produire une théorie harmonieuse, susceptible de satisfaire aux convictions les plus profondes et les plus intimes de chacun de ces monothéismes.» — Plérôme.

«La théologie: la philosophie sacrée; la philosophie: la théologie profane.» — Plérôme.

«L’injustice est rarement violente dans son fait, puisqu’elle s’accomplit le plus souvent subrepticement et sans éclat et que son moyen — la privation, le détournement et la retenue à la source — passe par le déni de la justice et par la négation du droit, mais son effet est violent, puisqu’elle divise l’ensemble social en deux camps opposés, en s’appuyant, d’une part, sur la violence qui la commet et qui peut faire appel à la force de l’État pour encore mieux s’instaurer et se perpétuer et, d’autre part, en fondant les actions qui, invoquant les principes légitimes et sains de la justice et du droit qui en est l’expression, auront recours à la force organisée et tenteront de redresser et de corriger les inégalités et les iniquités qui résultent de sa généralisation.» — Plérôme.

«Tous les régimes politiques se fondent sur le principe de l’aristocratie, car il y a certes une excellence à obtenir, à conserver et à maintenir le pouvoir et que celle-coi se manifeste jusque dans l’hypocrisie avec laquelle on peut utiliser, tout en prétendant ne pas le faire, tous les moyens les plus vils afin d’accomplir cette fin, mais nulle forme d’aristocratie est plus édifiante ni plus bénéfique que celle qui se fonde sur la vertu et qui, malgré que sa situation politique fût compromise, ne tolérerait aucune cession quant à la hauteur de ses idéaux et l’honnêteté, ainsi que la sincérité, de ses intentions à vouloir poursuivre le bien sans lequel l’exercice du pouvoir ne comporterait aucun sens véritable, ni aussi dessein valable, en devenant la raison même d’un échec qui relègue ses défenseurs et ses agents à l’extinction et à l’oubli.» — Plérôme.

«Y a-t-il plus grande hypocrisie que celle qui consiste à feindre l’authenticité et à prétendre ignorer que l’on a recours à ce stratagème, comme si le comble de l’authenticité consistait en l’attitude qui se fonde sur l’inauthenticité la plus consommée ?» — Plérôme.

«S’il semble parfois préférable d’opter en faveur du regret de ne pas avoir osé plutôt que sur le désir que l’on poursuit, avec le risque qu’il se trouvât déçu, c’est que la peine de manquer ce qui s’annonçait comme étant possible dans l’imaginaire, si intense fût-elle autrement, vaut mille fois la douleur d’un désir qui, en raison de la force de son sentiment et de la grandeur de la promesse qu’il laissait entrevoir, s’est avéré décevant et futile.» — Plérôme.

«On honore et on bafoue le symbole et la représentation, en prétendant honorer l’idée qu’il exprime et l’aspect édifiant sous lequel elle se présente, mais en réalité cette action cache le mobile de servir uniquement ses propres intérêts et le désir de satisfaire uniquement ses propres pulsions.» — Plérôme.

«L’on peut fort bien se représenter que le capitaine d’un navire, qui est, aux yeux du droit maritime international, le seul maître, après Dieu, sur son vaisseau, s’acquittera différemment de sa responsabilité et de sa fonction, conformément à la nature de ses convictions morales et religieuses et de la théologie profonde qui fonde sa foi et qui inspire tous ceux qui en sont les fidèles et les adhérents.» — Plérôme.

«Les amants qui croient à la spontanéité, à l’intelligence et à la lucidité de l’amour et qui fondent leur découverte et leur association sur ces trois principes acceptent implicitement qu’autant l’un que l’autre les possèdent et cherchent, dans la progression et la perfection de leur amour, à les réaliser avec toute la plénitude de leur virtualité respective, lorsqu’elle agit à l’unisson dans la plus complète des conjugaisons.» — Plérôme.

«La beauté est un jugement de l’imagination, la vérité, de l’intelligence, et la bonté, du cœur: ainsi le vice, quant à ces états transcendantaux, consiste à représenter faussement ce qui est, à en présenter une conception erronée et à agir face à elle d’une manière qui est ni juste, ni bonne, ni adéquate à son essence, ni salutaire à son existence, ni respectueuse de son être.» — Plérôme.

«Il faudrait, semble-t-il, que les choses changent, en général, pourvu que les situations particulières, autant dans leur réalisation que dans leur promesse, restent pareilles: or seule la progression, qui repose sur une notion de la perfection du bien, peut répondre à une telle exigence, pourvu que la réalisation des situations ne se fonde pas sur le vice, qui est une forme de la négation du bien, dans le sens le plus général du terme, et que la promesse en soit une qui en est une manifestation effective (et non pas uniquement illusoire et factice).» — Plérôme.

«Satan est le premier falsificateur et le suprême faussaire.» — Plérôme.

«Lorsque, en ayant l’opportunité et la possibilité, l’on se refuse à envisager la vérité pleine et entière, éternelle et universelle, pour se contenter en lieu d’une perspective incomplète et d’une théorie partielle, limitée quant à la portée et fortement historicisée, c’est que la conscience admet son incapacité à déborder les cadres qu’elle s’est définie ou qui lui ont été imposés, afin de parvenir à la liberté totale et sans entrave de l’esprit.» — Plérôme.

«L’hypocrisie, au plan social, consiste en l’art de se faire valoir, tout en prétendant faire valoir autrui.» — Plérôme.

«“Plans are worthless, planning is everything” (Eisenhower): que dire alors des plans qui sont  manifestement valables, quant aux desseins qu’ils visent à réaliser et aux fins qu’ils proposent à leurs exécuteurs, et qui ont fait l’objet d’une planification attentive, sérieuse, profonde et appliquée, en répondant avec succès aux grandes questions métaphysique et philosophiques en même temps qu’elles satisfont pertinemment aux contingences existentielles et historiques.» — Plérôme.

«Avant de décréter qu’une œuvre littéraire et philosophique est fausse, il faut au moins en avoir pris connaissance, l’avoir lue, analysée, comparée à d’autres, à un idéal épistémologique, à des principes établis et à une conception de la perfection qui réside en la vérité achevée, le tout avec impartialité, l’envergure de l’esprit, le souci de la vérité et le dévouement intellectuel qui commande une telle entreprise: seulement alors, la conclusion présentée peut-elle comporter un certain fondement qui lui-même est passible de recevoir une critique, en tant qu’elle émane d’une conscience faillible et imparfaite, inscrite à l’intérieur d’un schéma historique — l’épistémè foucaldienne — qui associe à la perfection qui se sait les obstacles qui en défient la réalisation effective et complète.» — Plérôme.

«Un Dieu qui est entièrement Dieu, voilà ce qui est concevable, puisque son mystère demeure tout aussi insondable et impénétrable; un Esprit qui est purement esprit, voilà ce qui est également concevable, en tant qu’Il émane et qu’il résulte de la plénitude de l’essence de la Divinité; mais que Dieu soit en même temps pleinement homme, sans que cela n’enlève en rien, ni à l’humanité, ni à la Divinité  de son être, voilà ce qui constitue pour l’intelligence de l’esprit une pierre d’achoppement apparemment incontournable et insurmontable (à la source d’un grand nombre des hérésies qui ont foisonné durant les premiers siècles de l’Église): et pourtant, voilà quel est le mystère que la doctrine chrétienne propose à la foi et à la conscience de ses fidèles.» — Plérôme.


«Il y a ceux qui, au nom de la prétendue supériorité intellectuelle qui serait la leur, ne reconnaissent pas la valeur morale de certains de leurs semblables et, réciproquement, il y a ceux qui, en invoquant une supériorité morale indiscutable, refuseront de reconnaître la valeur intellectuelle de certains de leurs prochains.» — Plérôme.

«L’oppression est à la répression comme l’extérieur est à l’intérieur: une manière d’opposition de la volonté politique qui, étant, pour l’une, issue d’une puissance étrangère, affecte à des degrés divers l’ensemble de la société, l’État qui la gouverne inclus; et, pour l’autre, étant issue d’une puissance politique domestique, c’est-à-dire intérieure à la société, laquelle se constitue en autorité formelle ou en influence informelle, agit tantôt par le biais de l’État sur la société et tantôt diffusément sur la société en général, y compris l’État et ses différents ministères et agences.» — Plérôme.

«Si absurde que semblât une idée, si extravagante et excessive fût-elle, autant dans son principe que dans sa manifestation et dans sa fin, il y en aura toujours pour s’efforcer d’en expliciter les possibilités s’ils escomptent découvrir en cette conclusion quelque avantage, pour autant que le risque couru soit tolérable.» — Plérôme.

«Quatre archétypes politiques ressortent clairement du drame politique et religieux que relatent les Évangiles: Hérode, le roi (le chef politique, le dirigeant); Caïphe, le grand-prêtre (le chef religieux, l’instituteur, l’initiateur); Pilate, le gouverneur (l’occupant, le délégué, le ministre, l’exécutant); Judas, l’idéologue (l’informateur, l’espion, l’agent double)» — Plérôme.

«Si le particulier n’a pas un modèle, vers qui lever les yeux en admiration, alors il devient son propre modèle et sa propre fin, en tant que celle-ci est l’extériorisation de son désir et des formes de l’imagination, susceptibles d’illustrer quelle pourrait être une amélioration et une bonification de la situation présente, autant en tant qu’elle représente un manque, quant à ce qui devrait être, qu’en tant qu’elle permet de concevoir des formes plus utiles, plus productives, plus agréables et plus performantes que celles qui existent déjà. Et plus le modèle sera plus élevé — c’est-à-dire plus il sera parfait —, plus l’individu trouvera un sens, autant à le découvrir et à se le représenter qu’à en faire l’émulation, de sorte non seulement à se laisser inspirer par l’idée qu’il s’en fait, mais aussi à devenir pour ses semblables l’exemplaire d’un accomplissement qui à son tour les édifiera et deviendra l’illustration vivante de la possibilité qui est matériellement réalisable, dans le sens d’un achèvement de plus en plus complet. Et c’est dans la multiplication de ces modèles, de la créativité qui en alimente les efforts et de la tension qu’ils expriment à incarner la perfection d’un modèle suprême, puisqu’il est indépassable et ineffable, qu’une culture acquiert à la fois son identité et son excellence, lesquelles inciteront les autres cultures et les autres sociétés, avec lesquelles ils entrent en rapport, à se réaliser, à croître et à se développer à leur tour.» — Plérôme.

«Le mal consiste en l’aliénation et dans la dénaturation, pouvant aller jusqu’à la destruction, d’un être ou d’une chose bons: sous sa forme positive, il consiste à poser des gestes et à mener des actions qui réaliseront ce terme; et sous sa forme négative, il consiste à s’empêcher, ou à empêcher autrui, à protéger le bien, qu’il caractérise le soi ou le soi d’autrui, à le développer et à lui permettre de s’exprimer, de le diffuser et de le vivre, dans la plénitude de sa qualité et de son état.» — Plérôme.

«Freud a bien vu que l’enjeu de la vie est le résultat d’une lutte continuelle entre les puissances d’Éros et de Thanatos, celle-là, tout en se manifestant et en cherchant la plénitude de sa réalisation, étant en état de perpétuelle défense contre les ruses de celle-ci. Ce qu’il n’a peut-être pas vu cependant, c’est que cette dualité est celle du Bien et du Mal et qu’elle reprend le dualisme que l’on retrouve dans le Zoroastrisme des Perses et des Mazdéens, auquel saint Augustin se heurte dans sa tentative de distinguer et d’affranchir la théologie chrétienne naissante du Manichéisme qui en est issu et qui, par rapport à celui-là, représentait déjà une orientation et une idéologie hérétiques.» — Plérôme.

«On ne nie Dieu que pour ne pas avoir, par intérêt, par crainte ou par lâcheté, à se heurter à l’horrible réalité du mal et de Satan qui en est la cause et la fin.» — Plérôme.

«Le cercle vicieux de la phénoménalité actuelle dont il faut s’extraire, si la conscience désire en saisir les principes et les fins et en pénétrer les arcanes: les choses sont bonnes parce qu’elles sont ce qu’elles sont; les choses sont ce qu’elles sont parce qu’elles sont bonnes, comme si le fait était monolithique et se justifiait lui-même en s’accomplissant, comme étant à la fois ce qui devait inévitablement et inéluctablement se produire et l’effet d’un destin dont on ne pouvait ni remettre en question la désirabilité, ni s’interroger sur les motifs et les fins morales de son actualité, ni même agir en quelque façon pour en modifier, en altérer ou en transformer le cours et en exorciser les aspects et les côtés malheureux.» — Plérôme.

«Le jeu de la perfection: tel n’est jamais assez parfait pour savoir faire l’émulation de la perfection divine, une conception que l’on a de la perfection, celle d’une personne idéalisée, celle d’une personne aimée, alors qu’en réalité, il s’agit simplement de repousser un parti qui ne sait se rendre désirable, en refusant d’accréditer la spontanéité d’un sentiment qui existe ou simplement en ne pouvant admettre l’absence d’un sentiment qui n’existe pas, tout en reconnaissant qu’il puisse y avoir une raison diffuse et mal formé, pour laquelle devrait se produire l’association de deux âmes et de deux consciences qui, dans cet exercice, se cherchent et aspirent à se retrouver, mais s’en montrent incapables.» — Plérôme.

«Le paradoxe de l’intelligence: l’on ne parvient à comprendre réellement que dans la mesure où l’on comprend actuellement.» — Plérôme.

«En reconnaissance d’une entéléchie dont la perfection est perpétuellement en voie d’achèvement, la philosophie comme la théologie énoncent des états idéaux, l’un au plan moral et l’autre au plan de l’esprit, dont la réalité qui s’en distingue définit quels en sont les termes à réaliser, en même temps qu’elle présente la matière sur laquelle elles doivent porter et agir, conjointement et de manière concertée, de manière à en actualiser les virtualités, conformément à la perfection qui est visée à travers elles.» — Plérôme.

«On peut comparer parfois l’homme politique à une figure de proue qui édifie par son apparence et inspire par le symbolisme qu’il véhicule aux yeux de la multitude des spectateurs, qui voit l’eau se fendre devant le navire, qui marque la direction vers laquelle la nef se dirige, qui anticipe la destination vers laquelle se rend le vaisseau, mais qui réalise en tout temps la volonté du navigateur qui établit le cours à suivre et du capitaine qui en confirme la validité et en légitime le choix, sous l’impulsion de la force motrice qui en rend possible l’actualisation et la réalisation.» — Plérôme.

«L’expression «Tout est politique» signifie, non pas que seule existe la dimension politique des choses, au détriment et en négation de toutes les autres disciplines intellectuelles et politiques, mais qu’il existe un aspect politique à toute chose, ce qui explique que l’on puisse adjoindre l’épithète «politique» à toutes les formes — intellectuelle et pratique — de l’activité humaine (v.g. la philosophie, la psychologie, la théologie, la biologie, etc.).» — Plérôme.

«Heureux sont-ils qui, en politique, peuvent compter n’avoir que des adversaires, sans pour autant estimer n’avoir aucun ennemi: peut-être s’agit-il — ce qui n’est pas une mince tâche — de savoir distinguer adéquatement entre ces deux catégories relationnelles afin de cultiver les uns, sans susciter les autres.» — Plérôme.

«Il est dans la nature du politique que tout État se réserve d’exercer le droit de vie ou de mort sur ses citoyens afin de préserve l’ordre sur lequel il se fonde et la sécurité générale dont jouit l’ensemble des membres de son organisation: la tragédie, et même l’hypocrisie, c’est lorsqu’il s’en prend aux personnes vertueuses, dans l’exercice de ses jugements, afin d’assurer à la société la stabilité et la pérennité qu’il est de son devoir de conserver et de favoriser, tout en prétendant s’attaquer au vice qui les compromettent. » — Plérôme.

«Le danger qui réside dans une définition de la «normalité» comme étant ce que la généralité fait consiste à rétrécir de plus en plus le champ de la vision et à n’inclure dans cette conception que ceux qui se conforment à un critère de plus en plus étroit, à l’exclusion de ceux qui, tout en satisfaisant celui qui émane d’une conception plus large, sans être ni moins excellente, ni moins exigeante, pourrait ne pas correspondre à celui de la norme qui est proposée. Voilà pourquoi il importe de voir en la normalité une conception qui, sans être universelle, tend vers cette forme de la généralité, pour autant qu’elle satisfît à la nature de la chose dont elle représente la norme et qu’elle puisse en même temps correspondre à l’idée de la perfection que l’on en possède, comme appartenant aux virtualités non encore accomplies de cette nature, qu’une surnature permet de réaliser en lui apportant le concours d’une grâce qui en exacerbe les possibilités éventuellement inestimables et inconcevables, mais néanmoins bien réelles.» — Plérôme.

«La distinction majeure entre la subsumance et la sursumance, c’est que celle-là repose sur l’intuition qui, appréhendant et définissant son concept a priori et transcendant de l’entendement qui puisse fonder la réalité, autant dans ses origines que dans sa finalité, en règle l’ensemble des manifestations et des réalisations, alors que celle-ci, considérant la réalité comme étant un a priori existentiel et épistémologique pour la conscience, en vient à traduire et à interpréter les principes et les lois qui en régissent la manifestation et la réalisation et éventuellement les causes et l’agence qui puissent s’en trouver à l’origine et en spécifier le déroulement ainsi que le fonctionnement, le tout en vue d’une perfection — ou d’une imperfection — qui en signifiât l’aboutissement.» — Plérôme.

«S’il est concevable que l’on puisse être puni par là où l’on a péché, il est également admissible que la vertu soit éprouvée en s’en prenant à la valeur qu’elle tient en plus haut estime.» — Plérôme.

«L’autorité est la latitude laissée à un individu, à un groupe d’individus ou à une institution — telle qu’elle est représentée par un individu nommé ou délégué à cet effet — d’imposer à autrui ses propres conceptions et ses propres doctrines sur la réalité, telles qu’elles sont aptes à trouver une résonance à l’intérieur de la société et de la culture où elles sont aptes à devenir opérantes.» — Plérôme.

«L’ange gardien — qui est tantôt protecteur, tantôt initiateur et inspirant, et tantôt instituteur et éducateur — régit en principe le cours des deux périls qui guettent l’âme innocente: celui de l’abondance de la cruauté pour celle qui, ayant acquis la sagesse et la maturité, est éveillée aux mystères de la vie et aux vicissitudes de l’existence; et celui du désert de l’ignorance pour celle qui, peu habituée aux avanies et aux pièges que renferme l’existence, apprend à ses dépens à naviguer les écueils de l’épreuve et des compromissions de son intégrité physique et morale.» — Plérôme.

«La médiocrité dit à l’excellence: «nettement insuffisant», alors qu’elle pourrait dire, si elle était consciente de ses limites et de son incomplétude: «la nature de votre réalisation dépasse en ce moment la capacité, actuellement réalisée, à la fois de mon entendement, de ma conception et de ma prévision ».» — Plérôme.

«Aucun pouvoir n’est «pur», en ce sens qu’il s’exercera gratuitement, uniquement en tant qu’il illustre une disposition spontanée: on doit plutôt le concevoir comme répondant à une raison 9initiale qui verrait en son illustration le moyen par lequel le sujet réaliserait une fin, laquelle peut être intérieure à lui, mais qui, chez un sujet rationnel, concerne le plus souvent une fin qui est extérieure à lui, même si celle-ci peut se rapporter uniquement aux désirs qui lui sont propres, indépendamment des considérations qui peuvent inclure les subjectivités ou les réalités de ses semblables.» — Plérôme.

«Le narcissisme exprime le désir, normal et légitime, formulé par la conscience subjective de l’être, que ce qui est moins parfait qu’elle accède à son niveau de perfection et s’évertue à en faire l’exacerbation authentique de son essence et de sa qualité: là où il devient un défaut, c’est lorsque, sous l’emprise de l’orgueil, il vient à le concevoir comme étant plus parfait qu’il ne l’est en réalité, ou encore, en faisant acte d’humilité, à ne pas le concevoir comme étant aussi inachevé qu’il ne l’est effectivement, pour en venir, de manière absurde et incompréhensible, à se l’imposer en modèle d’une perfection à imiter, là où plutôt il devrait se découvrir un modèle dont il pourrait, conformément à son essence individuelle, assimiler et intérioriser, pour les refléter extérieurement et de manière adéquate, les qualités et les vertus.» — Plérôme.

«S’il existe trois théories distinctes sur l’Absolu: celle d’un Dieu créateur et transcendant (les monothéismes); celle d’un Dieu immanent à l’univers existant (l’Hindouisme); et celle d’une finalité ultime vers laquelle tendent l’ensemble des êtres de l’univers, engagés dans une entéléchie de perfection infinie (le positivisme laïc); le principe de l’unité nécessaire de l’Absolu, propre à une conception adéquate de l’essence qui est au cœur de sa manifestation commande que ces vues, en autant qu’elles soient vraies et véridiques, puissent à la fois se réconcilier, être complémentaires et devenir unifiées sous une théorie unitaire et exhaustive de cette essence unique et suprême.» — Plérôme.

«Si la recherche de l’égalité, lorsqu’elle ne se confond pas avec une pression à favoriser l’identité et à préconiser l’uniformité, exacerbe les différences, elle devient alors la cause d’une diversification des caractéristiques sociales et, au plan de la pensée, d’un pluralisme idéologique dont le test suprême réside dans le principe de la non-contradiction, qui, s’il n’est pas agissant, conduira à la déliquescence sociale, en raison de l’opposition radicale des tendances et des conceptions contraires qui autrement s’installeraient et que l’on souhaiterait rendre équivalentes.» — Plérôme.

«La théologie a-t-elle seulement fait l’inventaire des pompes et des œuvres de Satan ainsi que des ruses et des subterfuges employées afin de les rendre manifestes et de les réaliser ?» — Plérôme.

«Quelle douce ambiguïté que celle qui est contenue dans l’expression: l’«envie du pénis», qui peut tantôt signifier le désir de ce que l’on n’a pas, le désir de ce dont on ne goûte pas les bienfaits et la convoitise dans l’imaginaire pour le sujet qui dispose, à la fois de la chose et de la possibilité d’en user selon son bon plaisir — et aussi de décider qui fera l’objet de ses libéralités —, accompagné du ressentiment qui en suscite, en raison du manque et de la peine que cela cause, la privation.» — Plérôme.

«Le temps qui s’écoule offre l’illusion de la perfection qui s’achève alors qu’en réalité, il n’est que le masque jeté sur celle qui l’homme a détruite et dont il ne peut retrouver l’accomplissement alors même qu’il l’a sacrifiée au désir de faussement s’offrir lui-même en modèle et en exemple d’une perfection qui s’est réalisée.» — Plérôme.

«La gloire est à la vertu sociale comme l’honneur est à la vertu personnelle: si l’un fonde l’engagement et le dévouement qui la procurent, l’autre rejaillit sur la conscience et l’intention, la résolution et la détermination de la personne qui la réalise et tous les deux attributs se complètent comme les deux vertus ne sauraient exister l’une sans l’autre, voire que l’on veuille les séparer et les distinguer: car la vertu sociale, en l’absence de la vertu personnelle qui en serait la source, est une hypocrisie sociale, comme la vertu personnelle, sans la vertu sociale qui la reflète, est une aliénation morale.» — Plérôme.

«La conscience qui en demeure au plan de l’intelligence des contingences et de l’état de la situation actuelle, soit en ignorant les fins prospectives censées gouverner son activité, est une conscience immédiate et conditionnée par la conjoncture sociale alors que la conscience qui raisonne les fins dernières, sans connaître le contexte sensible et concret par lequel elle doit s’exercer et sans disposer des moyens par lesquels les atteindre, est impuissante et fantaisiste, comme elle est informe et nébuleuse pour l’observateur extérieur.» — Plérôme.

«Le fascisme, de type autoritaire ou charismatique, se fonde sur l’exercice sans noblesse du pouvoir, en raison d’occulter une noblesse qui est privée de son autorité, soit qu’elle lui ait été enlevée par des troubles politiques intérieurs, soit qu’elle lui fut ravie par des forces étrangères et prépondérantes.» — Plérôme.

«À l’intérieur d’un régime politique corrompu, qui instrumentalise et réifie ses citoyens, chacun de ceux-ci devient passible d’être exploité, mais l’exploitation à merci est surtout réservée ceux dont l’utilité est démontrée pour lui par les «éclaireurs» dépêchés à cet effet par l’état auprès de la citoyenneté, en même temps que l’incorruptibilité de ceux-là les rend réfractaires à toute forme de complicité entendue avec la propagation et la perpétuation maléfiques qui en font l’opération et la manifestation.» — Plérôme.

«Comme toute expérience, l’amour est une forme d’éducation à la liberté et une invitation faite à la personne d’effectuer un dépassement de soi vers une forme de la personne plus accomplie et plus perfectionnée; mais ce qui le distingue des autres expériences, c’est qu’il implique une mutualité et une complicité grâce auxquelles les amis et les amants peuvent surmonter les adversités, en mettant en commun l’ingéniosité et la créativité de leur pensée comme le courage et la pureté de leur sentiment, tout en trouvant la plénitude de leur épanouissement individuel dans la découverte de la complémentarité des distinction et des différences personnelles.» — Plérôme.

«Le paradoxe et le dilemme de l’État, c’est qu’il doit préparer actuellement l’avenir et en affronter les circonstances parfois, sinon souvent, imprévisibles et incontrôlables, en recourant à des formes constitutionnelles, juridiques, exécutives et administratives qui datent d’une période plus ou moins reculée de son histoire, ou qui doivent s’agencer, par les mesures ponctuelles adoptées, avec celles-là.» — Plérôme.

«"Celui qui cherche ce qu’il ne devait pas chercher finit toujours par trouver ce qu’il ne cherchait pas" (Proverbe africain).» — Plérôme.

«Il semblerait parfois que l’on devrait avoir développé le talent de tout laisser entendre, sans même avoir ouvert la bouche pour le signifier, afin de formuler son propos et de l’apporter à l’esprit de l’interlocuteur.» — Plérôme.

«L’anarchie, c’est la dichotomie du droit, fondé dorénavant sur la démonstration de la force, et de la légitimité des principes de justice qui seraient censés la fonder, afin de lui substituer la forme des volontés particulières, que justifie prioritairement l’intérêt individuel, conçu indépendamment du bien-être de la collectivité à l’intérieur de laquelle il se poursuit.» — Plérôme.

«La tartufferie sociale fait que, tout en offrant un visage vertueux afin de complaire aux âmes pures et pieuses, ses praticiens se montrent prêts à pratiquer toutes les fourberies et toutes les bassesses afin de faire progresser leurs ambitions et avancer leur intérêts; érigée en principe politique, elle devient une hypocrisie et une effronterie qui minent et subvertissent les valeurs morales transcendantes, de la bonté, de la vérité et de la beauté, sur lesquelles se fondent l’institution et la constitution d’une société saine et harmonieuse.» — Plérôme.

«L’anarchie devient la conséquence d’un état social où chacun s’institue en ultime critère de sa propre autorité, sans égard pour l’autorité naturelle qui pourrait procéder de ses semblables, en tant qu’elle puisse signifier une autorité égale ou supérieure à la sienne propres, dès lors qu’elle puisse légitimement se prétendre être telle, lorsqu’elle se compare objectivement et impartialement à un critère de l’autorité qui est transcendant et véridique et à une norme, à un exemple ou à un modèle qui puisse le révéler.» — Plérôme.

«Le Darwinisme social est ultérieurement une doctrine qui sert à justifier la nature d’un État qui fonde son existence, sa préservation et sa propagation sur le principe de la force prépondérante plutôt que sur celui du droit que fonde la justice bien comprise et bien pratiquée.» — Plérôme.

«Un mensonge qui tombe à propos, lorsqu’il conforte la conscience coupable, qu’il promet de s’avérer utile de l’entendre, par le bénéfice que l’on se propose d’en retirer, qu’il confirme et qu’il consolide des préjugés déjà établis, ou simplement qu’il répond à un désir secret, de songer que son semblable, ou peut-être même son supérieur, puisse avoir trébuché, et même s’être perdu, là où l’on prétend que l’on se serait montré irréprochable et invulnérable, en des circonstances analogues, vaut souvent mille vérités que l’on n’est pas prêt d’entendre, souvent pour des raisons opposées et contraires.» — Plérôme.


«La sécularisation de la religion, ce n’est pas, comme on le prétend, la division nette et étanche du religieux et du politique, mais l’importation des formes religieuses, qui par essence servent des fins immatérielles et transcendantes, et leur transformation en vue de les mettre au service de l’unité et de la diversité de la société ainsi que des fins immanentes et temporelles de l’État.» — Plérôme.

«Le propre de l’ignorance est d’ignorer le fait de sa propre ignorance et jusqu’à l’effet que comporte pour l’intelligence d’ignorer ce qu’elle ignore ... et de s’en complaire comme étant l’état le plus naturel et le plus satisfaisant dans lequel la conscience puisse se retrouver.» — Plérôme.

«L’histoire, à l’insu d’un grand nombre, oppose le drame cosmique qui se joue d’une manière invisible mais constante au drame humain de l’existence qui, lui, comporte des effets immédiats et sensibles, sans qu’il ne soit possible d’en reconnaître, en l’absence de l’inspiration qui les révèle à l’esprit, les causes métaphysiques et transcendants qui sont à l’œuvre pour en établir la possibilité et pour en conditionner les moyens comme en susciter les actions.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui font primer le droit d’ôter sur le droit d’auteur.» — Plérôme.

«Toute entité vivante requiert un organisme biologique qui en exprime et en manifeste la réalité physique ainsi qu’un milieu social et naturel qui en supporte et en favorise l’existence: l’économie est la science qui étude la nature de cette relation de l’âme et de l’esprit, tantôt avec son corps et tantôt avec son milieu, qui en sont les infrastructures internes et externes, et l’écologie, celle qui s’intéresse à la qualité des relations qui se produisent entre les divers éléments qui les constituent, de manière à entretenir et à favoriser la vie.» — Plérôme.

«Comme toute expérience réelle, l’amour est uen forme d’éducation à la liberté et une invitation, faite à la personne, de réaliser un dépassement de soi: mais ce qui le distingue des autres expériences, c’est qu’il implique une mutualité et une complicité grâce auxquelles les amis et les amoureux peuvent mettre en commun l’ingéniosité et la créativité de leur pensée comme le courage et la pureté de leur sentiment et réussir à surmonter les adversités qui se mettent sur leur chemin, tout en trouvant la plénitude de leur épanouissement individuel dans la découverte de la complémentarité des distinctions et des différences personnelles.» — Plérôme.

«Le paradoxe et le dilemme de l’État, c’est qu’il doit préparer actuellement l’avenir et affronter les circonstances parfois et même souvent imprévisibles et incontrôlables qui peuvent en altérer diversement et définitivement le cours, en recourant à des formes constitutionnelles, juridiques, exécutives et administratives qui datent d’une période plus ou moins reculée de son histoire, adoptées afin de composer avec des conjonctures, des situations et des circonstances qui comportaient des aspects entièrement différents.» — Plérôme.

«“Celui qui cherche ce qu’il ne devait pas chercher finit toujours par trouver ce qu’il ne cherchait pas” (proverbe Africain).» — Plérôme.

«Il semblerait parfois que l’on devrait avoir développé le talent de tout laisser entendre, sans même avoir besoin d’ouvrir la bouche afin de formuler son propos et l’apporter à l’esprit de son interlocuteur.» — Plérôme.

«Une théorie sociale est implicite à tout choix et à toute action qui gouverne, activement ou passivement, le choix du conjoint et du partenaire sexuel, grâce auquel le couple ainsi formé pourra fonder une famille et procurer une progéniture à la société ainsi que de futurs contributeurs à la culture qui en caractérise la qualité de l’existence physique et l’excellence du patrimoine spirituel.» — Plérôme.

«Selon une optique qui s’inspire de la dialectique Augustinienne, et dans le cadre d’une conception cosmologique créatrice, l’on pourrait proposer que la vertu constituerait le monde immatériel de l’esprit suprasensible et créateur, le vice appartiendrait au monde matériel des choses inertes, sensibles et crées, et le défaut du vice, le monde du vivant, lieu de la rencontre de ces deux contraires: une hypothèse que l’on ne peut proposer qu’avec une immense prudence et qui ne serait vérifiable qu’après un examen sérieux, étant susceptible d’être entachée par un gnosticisme douteux, qui verrait en l’existence terrestre une sorte de déchéance ontologique et morale, alors qu’elle serait simplement l’effet d’un dessein transcendant, mystérieux et Providentiel.» — Plérôme.

«Le paradoxe de la liberté authentique réside en ce qu’elle a l’aptitude de voir en la négation de son essence, non pas la plénitude de son illustration, ce qui serait une conception contradictoire, sinon absurde, mais une forme grossière, esquissée, liminaire et primitive de son expression, puisqu’elle suppose, afin de se produire, une manière de liberté qui la réalise.» — Plérôme.

«À force d’exister et de paraître comme chacun et tout le monde, l’on peut finir par ne plus se ressembler du tout.» — Plérôme.

«Une autre expression éventuelle de la dialectique augustinienne: la vertu qui serait, au plan politique, le gouvernement qui est fondé sur l’ordre divin et qui est en harmonie avec la volonté divine; le vice, qui serait le désordre qui est apporté par leur ignorance passive et par leur négation active; et le défaut du vice, l’ordre qui est fondé sur l’ordre qui est apporté exclusivement sur la raison et sur la volonté humaines.» — Plérôme.

«Lorsqu’une femme se rend coupable d’un crime, c’est le plus souvent par une association des forces morales et par omission d’agir qu’elle devient délinquante, par intérêt, par ambition ou par manque de courage, en raison de la faiblesse qui est caractéristique de son sexe et qui exige d’elle qu’elle se soumette à la volonté d’une personne plus forte, sauf à se désister de la situation qui exigerait d’elle qu’elle commette un tel forfait: voilà ce qui expliquerait — en même temps que l’aura surnaturelle et mystérieuse qui entoure sa nature d’épouse fidèle et de mère aimante — l’immunité du soupçon et l’impunité de la poursuite dont elle jouit historiquement, tout en produisant, en l’inspirant et en ne l’empêchant nullement, l’effet le plus malicieux.» — Plérôme.

«La franchise du propos (outspokenness) apporte avec elle une double responsabilité, la découverte de la vérité et l’acquisition de la sagesse qui donnent à cette faculté toute sa profondeur et tout son sens, comme elle fait peser sur les épaules de qui l’exerce un double poids moral, l’emploi de toute sa résolution à les exprimer avec pondération et justesse et à assurer leur convenance aux situations actuelles, d’une manière qui s’avère être au bénéfice le plus grand de l’ensemble social, ainsi que des individualités qui le constituent.» — Plérôme.

«La promesse qui se tient résume, en rétrospective, toutes les vicissitudes qui ont constitué l’histoire de sa réalisation, mais lorsqu’elle se formule, elle se fonde uniquement sur la proposition sincère d’une intention et d’une finalité entrevue, avec une ferme confiance en l’éventualité de sa réussite, mais sans certitude réelle que la puissance requise afin d’apporter sa résolution et de mener à bonne fin l’espoir de celle-ci ne rencontrera pas l’opposition d’une puissance et d’une force encore plus grande, déterminante et prépondérante.» — Plérôme.

«C’est une énigme de l’existence que l’habitus, qui veuille que l’on opposât instinctivement, au nom du principe de la préservation du statu quo, de l’état usuel ou coutumier, la force prépondérante à une volonté et à un désir de changement, fondés sur un principe de sagesse, en vue d’atteindre à une perfection plus élevée, pour finalement voir en l’absurdité de cette violence, une fois qu’elle se soit épanchée, plutôt qu’en la valeur de sagacité intrinsèque au principe de changement, la raison d’un consentement à son installation dont le recours à une raison et à une intelligence suffisamment éclairées aurait pu convenir de la désirabilité, avant de produire tous les inconvénients et tous les dommages d’un entêtement regrettable, que seul le nombre des victimes qui en a résulté a pu, par la suite, avoir porté à regretter, à déplorer et à vouloir renier.» — Plérôme.

«Rien ne ressemble plus à de la fiction que la vérité la plus pure et la plus simple, lorsque l’on en a découvert toutes les facettes, toutes les manifestations, toutes les ramifications, toutes les subtilités, toutes les répercussions, toutes les raisons et toutes les fin, mais aussi rien n’est plus difficile que d’exprimer en termes claires et compréhensibles la complexité des scénarios historiques, à la fois tragiques et heureux, qui en sont le produit et la révélation.» — Plérôme.

«Le jeu spontané des enfants nous apprend beaucoup de choses, à qui sait observer son déroulement, mais du point de vue de l’enjeu — la victoire ou la défaite, le gain ou la perte, l’honneur ou le déshonneur, la gloire ou l’infamie — trois choses apparaîtront clairement: primo, si de nombreux enfants, tout en visant l’issue la plus favorable et espérant la trouver, accepteront la défaite ou la perte, dans l’éventualité de la supériorité manifeste illustrée par l’adversaire, certains ne peuvent concevoir sortir vainqueurs ou gagnants du concours inhérent à un jeu d’adresse et se montreront alors être de bien pauvres perdants; secundo, si de nombreux enfants accepteront de suivre fidèlement les règles du jeu, tout en cherchant à démontrer l’excellence de leur talent, même si l’issue s’annonçait défavorable pour ceux-ci, certains auront recours au mensonge ou à la tricherie afin d’affirmer faussement leur supériorité; et tertio, si de nombreux enfants conçoivent les règles du jeu comme ayant une fin en soi — celle de faire ressortir le plus haut degré de l’excellence des différents joueurs, y compris celui de la pureté de leur moralité et de la bonté de leur disposition —, certains ne concevront les règles que comme une entrave à leurs prétentions à se voir reconnaître une supériorité incontestable, du fait même de leur présence et de leur existence, et n’hésiteront pas à changer les règles en leur faveur, ou encore à les défier à leur avantage, lorsque cela leur convient, en utilisant la ruse et, au besoin, la force, pour rectifier les anciennes conventions ou en appliquer de nouvelles.» — Plérôme.

«Tout philosophe, ayant acquis une perception claire, distincte, adéquate et juste de la réalité, fait face au même dilemme moral que les prophètes et les sages de l’antiquité: soit qu’ils exposent ouvertement leurs théories, en courant le risque que celles-ci soient mal reçues, en raison de la vérité même de leurs propos, qui risquent d’ébranler les consciences de ceux qu’ils impliquent; soit qu’ils les taisent, souvent en plaidant l’ignorance ou l’inintelligence, au risque de passer pour couard à leurs propres yeux et aux yeux de ceux qui connaissent leurs véritables aptitudes et convictions; car si le défi qui se pose au philosophe est celui de comprendre et de désocculter, malgré la complexité et la diversité de la réalité qui s’offre à son entendement, la mission première du prophète est d’enseigner et ainsi de parvenir à éclairer les intelligences, à former les consciences et à diriger les esprits, non pas dans le sens de ses désirs et de ses volontés, mais dans la direction qui est implicite à une perception adéquate et complète de la réalité, y compris de l’entéléchie qui en habite l’essence — l’évolution et la progression de la culture et de la société, conformément aux valeurs transcendantes du bien, du vrai et du beau — .» — Plérôme.

«Il semble parfois que la seule valeur réelle accordée aux idées que l’on exprime et aux croyances que l’on développe sont surtout esthétiques et qu’elles ne doivent surtout pas constituer un corps de doctrines véridiques ou d’usages bienfaisants, sauf à confirmer ceux qui sont déjà établis, par crainte d’apporter un changement qui, en raison d’ébranler l’état actuel, pourrait susciter une masse importante de consciences insatisfaites, voire même que par là, la justice fût bien servie.» — Plérôme.

«Si, relativement au pouvoir que l’on exerce et que l’on détient, l’idéal est de le conserver, étant en sa possession, et de l’acquérir, n’en disposant point, le conservatisme consisterait alors à découvrir les moyens de cette préservation et le libéralisme, de cette acquisition.» — Plérôme.

«Si la philosophie ne sait plus aucunement dire la vérité, si elle ne sait plus la discerner, ni en déterminer soit les critères, soit les conditions de sa possibilité, soit les termes de sa conception, de son actualisation et de sa réalisation, que lui reste-t-elle afin de recevoir une crédibilité sociale et de fonder sa raison d’être comme sa finalité ?» — Plérôme.

«Le féminisme étatique consiste en la substitution de la puissance de l’État à celle de l’homme afin d’assurer la sécurité de la femme et d’atténuer le sentiment de l’insécurité en lequel elle est susceptible de baigner et qui est le résultat de la spécificité physique et organique du genre féminin: et lorsque cette logique existentielle et sociale est poussée jusqu’à la limite de son aboutissement, elle ne peut que mener à une préoccupation de l’État avec la dimension ontologique de l’espèce féminine, en faisant passer au second plan, soit la particularité ontologique masculine, soit les considérations phylogéniques qui gouvernent les rapports entre les deux genres constitutifs de l’espèce humaine en général, lorsqu’ils tendent à un équilibre harmonieux et bénéfique, en subsumant arbitrairement celles-ci sous les préceptes et les dictées, issus exclusivement de la raison sociologique et ontologique de la femme.» — Plérôme.

«Le détenteur du pouvoir s’arroge par essence le droit, non seulement de définir la norme, non seulement de se constituer le modèle de son application, mais de s’ériger en modèle de toute perfection et cette prétention est d’autant plus générale et complète que sa puissance est totale et que son autorité est absolue: ainsi, seules les idées transcendantes, lorsqu’elles sont bien entendues dans leur profondeur et dans la compréhension de leur conception, sont aptes à déterminer, dans l’intelligence et dans le jugement, quel en est l’usage légitime et par conséquent acceptable, autant quant aux raison de son illustration qu’aux fins visées par celle-ci.» — Plérôme.

«La contrepartie, au plan du droit, de l’adage qui veuille que “le lecteur a toujours raison” est que “le plaignant est toujours justifié”.» — Plérôme.

«De la même façon que la mémoire est une faculté qui oublie, de la même manière la patience est une vertu que l’on acquiert uniquement à force de constance, de persévérance et de résolution.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui, au lieu de blâmer ceux qui sont reprochables, les louent et les flattent plutôt, et qui, au lieu de louer et de vanter ceux dont les actions et les réalisations les rendent dignes d’éloges, les invectivent plutôt.» — Plérôme.

«Le tort du nationalisme à outrance, lorsqu’il fonde sa légitimité sur un sentiment de supériorité exclusive, c’est accorder à ce qui n’est qu’un accident de la nature et une contingence de l’existence une valeur nécessaire et essentielle.» — Plérôme.

«Ainsi sont-ils ceux qui sont prêts à sacrifier l’amour sur l’autel de la soif du pouvoir, de l’envie du prestige social, de l’hédonisme, de la convoitise et de la conscupiscence.» — Plérôme.

«Au royaume du Grand Tartuffe, c’est à qui semblera être le plus vertueux, le plus accompli, le plus noble, le plus pieux, le plus juste, le plus probe, le plus vertueux et le plus estimable, mais seulement le temps qu’il faudra afin d’atteindre à une sécurité politique et une stabilité sociale qui sembleront certaines et qui rendront périmées et inutiles le scrupule de porter les masques de la bienséance et de la convivialité.» — Plérôme.

«Au plan existentiel, la première émanation est sensible et laisse apparaître la beauté; la seconde est intellectuelle et laisse exprimer la vérité; et la troisième est morale et laisse se manifester la bonté; au plan des essence, l’ordre se réalise dans une direction opposée et produit, en premier lieu, la bonté au plan moral; en deuxième lieu, la vérité au plan intellectuel; et en troisième lieu, la beauté au plan sensible; leur absence, autant dans une sens que dans l’autre, recevant respectivement la caractérisation de la malignité, de la fausseté et de la laideur.» — Plérôme.

«Rien n’est plus difficile à démontrer que la mauvaise foi et pourtant, rien ne se laisse découvrir plus aisément.» — Plérôme.

«Lorsque le crime a droit de Cité, lorsque l’action criminelle reçoit une justification et une légitimation explicites, du fait de la dignité qui serait accordée à ceux qui choisissent cette voie morale, au nom de quelle principe alors peut-on s’en défendre, sinon à celui de la légitime défense que personne ne risque de reconnaître — sauf ceux qui, pour des raisons semblables, pourraient l’évoquer — et surtout pas ceux qui souhaiteraient pouvoir commettre leurs exactions impunément.» — Plérôme.

«En raison de l’impunité qui est associée à l’exercice du pouvoir, qui ne saurait être empêché s’il est un véritable pouvoir, on peut dire que celui-ci est un révélateur adéquat de la moralité de celui qui le détient, autant quant à l’excellence de la vertu dont il témoigne dans ses conduites et dans ses actions que quant à la bonté des effets qui en procéderont, lesquels ne peuvent être aperçus réellement que par les consciences impartiales, privilégiées par un rôle ou une fonction (par exemple celle d’un historien, d’un philosophe, d’un sociologue, d’un conseiller ou d’une personne qui réunit toutes les qualités requises par l’un ou par l’autre) qui permette un jugement sain et sagace sur les œuvres entreprises et sur les idées, ainsi que les motifs, qui les inspirent.» — Plérôme.

«L’intérêt exclusif commande au mieux de ne pas reconnaître, et au pire, de la diminuer et jusqu’à la nier, la valeur réelle des individus qui, du seul fait de leur existence, pourraient compromettre, sans intention de leur part en ce sens, la qualité ou la nature de la situation que vit un individu ou des circonstances qui pourraient produire un effet sur celle-ci.» — Plérôme.

jeudi 28 décembre 2017

Euthúmèma XXII (réflexions)

[Depuis le 28 décembre 2017, avec mises à jour périodiques. — Since December 28th 2017, with periodical updates.]

«Le piège de l’écriture, c’est que, le propos énoncé s’adressant à une situation qui le suscite ou qui le motive, et donc trouvant en celle-ci l’entièreté de sa justification immédiate, voire que les termes les plus généraux et les plus abstraits le caractérisent, pour en illustrer les leçons qui s’en peuvent dégager, l’on puisse non seulement perdre de vue le sens originel qu’il ait pu communiquer, mais encore lui conférer un sens nouveau et inattendu, informé par les complications qui se dégagent d’une actualité sur laquelle on le superpose et pour lesquelles il cherche à lui apporter un éclairage suffisant et adéquat.» — Plérôme.

«Le problème capital de la philosophie est celui du rejet, du déni ou du refus de la sagesse: non pas de celle que l’on tient subjectivement pour telle, sans qu’elle ne possède effectivement un caractère universel ou éternel; non pas de celle que l’on prétend objectivement être telle, en raison de son utilité sociale ou de sa valeur pragmatique au plan politique; mais de celle qui, puisant à une science philosophique millénaire, dont les praticiens sont des penseurs éminents et des sages éprouvés, offre à la conscience de ceux qui la recherchent des principes et des vérités qui sont incontestables autant qu’ils sont certains, vrais et accomplis.» — Plérôme.

«Il ne suffit pas de révéler une cohérence dans les idées que l’on formule ou dans les actions que l’on exemplifie, il faut également illustrer une concordance entre elles et la situation qui les conditionne et les sollicite. Mais que faire lorsque celle-ci n’est pas immédiatement évidente ?» — Plérôme.

«L’égalité n’est pas le véritable enjeu économique, social et politique, mais la justice.» — Plérôme.

«Dans un monde anarchique, en lequel toutes les impulsions subjectives se valent sans égard pour l’enseignement que l’on puisse tirer des siècles, pour la validité des traditions, pour la grandeur des esprits ni pour la volonté de la Divinité, l’ambition démesurée vient trop souvent se substituer à l’absence de légitimité.» — Plérôme.

«Les empires de l’Antiquité, qu’une pensée religieuse inspirait, désiraient étendre le principe et le concept de la civilisation dont ils étaient la représentation par leur pensée et leur culture, ainsi que par leur hiérarchie et leur organisation sociale et politique. Ainsi, l’existence des civilisations barbares était pour ceux-là le moyen seulement de réaliser cette mission civilisatrice — que la conception sociale chrétienne a permis de dessiner et de réaliser dans le principe, malgré que la pratique historique en ait démenti beaucoup des valeurs et des aspects —. § Par ailleurs, les empires issus des aires géographiques barbares de l’humanité, n’ayant pas comparaison aucune civilisation accomplie à diffuser, mais seulement une promesse de civilisation, reposant sur une vertu naturelle et une nature sociale préservée de la corruption des civilisations avancées, en vinrent à utiliser la barbarie afin de propager leur volonté de vivre et leur volonté de puissance, en empruntant certes aux civilisations vaincues leurs formes, mais toujours dans l’idée de répandre leur manière particulière d’exister qui n’était pas encore éprouvée par les contraintes d’une nécessité d’organiser et d’institutionnaliser les formes spontanées de leur existence.» — Plérôme.

«Si l’on désigne du nom de philosophe celui qui apprécie et qui approfondit la sagesse afin de vivre selon les préceptes qu’il dégage et qu’il identifie de la puissance de cet état, de sa présence et de sa manifestation, ne devrait-on pas nommer philocrate celui qui entretient la même passion pour l’idéalisation et l’exercice du pouvoir politique ? Et le sophiste n’en serait-il pas l’incarnation, lorsque cette affinité et cette propension s’exercent sur le terrain intellectuel de la philosophie ?» — Plérôme.

«La réminiscence est la clef de toute représentation de la vérité: réminiscence de tout ce qui fut et de tout ce qui devait être, sans l’être devenu; de tout ce qui est effectivement et de tout ce qui doit être, sans l’être encore devenu; de out ce qui sera, car cela doit être, autrement l’avenir présentera aux générations futures une charge d’inaccomplissement qu’elle n’aurait pas à assumer autrement, tout en endossant celle qu’il convient d’accomplir, en raison des exigences de la condition humaine et d’une nature perpétuellement en changement. L’effort sur soi et l’œuvre accomplie sont les deux moyens qui s’offrent à l’humanité afin de combler l’écart entre l’être et le devoir être et de terminer les réalisations qui doivent obligatoirement être complétées.» — Plérôme.

«L’objection à tout sens, susceptible d’être accordé à l’existence, comme le refus de tout sens, qui puisse se voir impartir au cours de la réalité — que l’on ne doit pas confondre avec l’aveu d’une impuissance à découvrir un sens profond et universel attribuable à l’expérience, en témoignage du caractère ineffable et inexprimable du poignant mystère de la vie — constituent toutes deux des positions qui se fondent sur l’état existant de la vie. Mais alors que l’un conduit à une forme d’alogocratie (quant aux idées, aux propositions et aux principes) ou d’atopocratie (quant aux personnes ou aux choses) et au théâtre de l’absurde, avec le résultat, pour ceux qui en subissent les conséquences et les effets, d’éprouver une volonté de puissance ou une volonté de vie caractérisées; l’autre mène simplement, mais tout aussi dramatiquement, à une alogophilie ou à une atopophilie qui consistent en une recherche, par affinité pour elles, de pensées ou de situations qui sont expressément porteuses d’insignifiance et d’absurdité et qui sont aptes à semer la confusion dans l’esprit de ceux qui en essuient le non-sens. § Mais ultérieurement, autant l’une que l’autre conduisent à une vacuité existentielle qui interpelle à la découverte d’un sens, dont la plénitude deviendra le terme d’une quête absolue, mais qui risque également de se contenter, en l’absence de la vigilance nécessaire afin de prévenir cette éventualité, de significations partielles ou incomplètes, ou pire encore, d’interprétations mensongères et erronées, afin de combler le vide épistémique ou existentiel qui puisse résulter de l’absence ou de la négation d’un sens possible.» — Plérôme.

«On peut donner la vie à quelqu’un, comme on peut lui apporter la liberté, lorsqu’il s’en est vu priver, mais en aucun temps peut-on garantir l’acquisition et la conservation de sa moralité ni l’expression de celle-ci car la bonté essentielle dont elle témoigne alors est entièrement le produit de sa liberté intérieure et assumée.» — Plérôme.

«Dans l’idéal — et peut-être même réellement — la vérité et la vraisemblance sont unes, de sorte que le vraisemblable est, au plan des apparence, l’aspect véridique de ce qui est. Mais lorsqu’il existe une discontinuité entre la vérité de l’être et la vraisemblance de son apparence, de sorte que ce qui en est révélé ne correspond qu’imparfaitement à l’état qui en est révélé, comme lorsqu’il y a contrefaçon ou encore mutilation, mieux vaut alors l’être faussement représenté, sans qu’il ne déroge à la pureté de son être, que l’apparence vraisemblable qui, même en semblant entièrement véridique, ne correspond que faussement à l’être qu’elle prétendrait révéler (comme lorsqu'il masque une corruption de son essence).» — Plérôme.

«Mieux vaut l’être qui, dans sa perfection, c’est-à-dire dans sa plénitude avérée, ne semble pas ce qu’il est effectivement, ni n’en revêt la vraisemblance, que l’artifice de l’être qui, tout en étant hautement vraisemblable, ne constitution que l’approximation et l’imitation de ce qu’il prétendrait être.» — Plérôme.

«L’affirmation précède toujours la négation: dans le cadre d’une recherche de la vérité, ce que peut légitimement rejeter la négation, c’est uniquement ce qui, dans l’affirmation peut être faux et non l’affirmation en bloc, sauf si en bloc elle est fausse. Comme ce que, à l’intérieur de la négation, l’affirmation peut en refuser, c’est ce qui, par sa critique, est inadéquat ou injuste. De sorte qu’une affirmation absolue — c’est-à-dire une proposition qui affirme et qui réalise une vérité entière et complète — ne saurait être légitimement réfutée ou niée, sauf de manière sophistique ou trafiquée. Comme une négation absolue — c’est-à-dire une proposition qui rejette en bloc une affirmation en démontrant indubitablement la fausseté intégrale de celle-ci — deviendrait en principe la forme négative de l’affirmation qui, dès lors, étant exprimée positivement, devient la forme véritable et incontestable de l’affirmation.» — Plérôme.


«Le paradoxe de la sincérité, lorsqu’elle est éprouvée par les circonstances qui peuvent la mettre en doute, c’est que plus celui qui plaide l’authenticité de sa disposition, moins le tiers est prêt à croire en sa vérité.» — Plérôme.

«L'intérêt est aveugle au besoin légitime comme à la valeur réelle d’autrui.» — Plérôme.

«En secourant et en préservant autrui d’un danger qui le guette, l’on se sauve soi-même, mais ce n’est pas en vue de se sauver que le secours apporté à autrui en vue de sa préservation prend tout son sens et tout son mérite. Car ceux-ci s’acquièrent uniquement lorsque l’aide apporté à autrui s’accomplit gratuitement. Ainsi, c’est avec la foi en une justice transcendante, qui pèse le cœur et les reins, que se réalise l’adéquation entre l’acte que l’on réalise et le mérite que l’on en retire, et non en raison d’un rapport direct entre l’intention qui réalise l’acte et la récompense que l’on souhaiterait en obtenir pour en souligner l’importance. » — Plérôme.

«Il y a l’être personnel intériorisé, existant en soi et pour soi, tel que nous sommes susceptible d’en accomplir l’intuition approfondie, après une introspection et une réflexion; et il y a l’être personnel extériorisé, tel qu’il apparaît à autrui et devient susceptible d’une connaissance, en tant qu’il est la projection d’une intériorité, vivante et intelligente, et la représentation, dans la conscience d’autrui, d’une réalité subjective significative, dont il possède les clefs intellectuelles d’une heuristique éventuellement fidèle à sa nature et adéquate à son essence.» — Plérôme.

«Il y a ceux qui, ayant été exposés à la souffrance et peut-être même éprouvés par elle dans leur vie, s’interrogent sur le sens que prend cet état, pour autrui comme pour eux-mêmes; et il y en a d’autres qui, ayant été épargné de l’expérience qui leur aurait permis de connaître ses formes et d’en vivre les rigueurs, se demanderont toujours ce qu’elle est et comment elle peut advenir.» — Plérôme.

«Le pouvoir et l’influence sont tout un, en ce qu’ils sont une émanation de la puissance de la vie: le premier, en tant qu’il exprime, en totalité ou en partie, avec ou sans entrave à leur déploiement, les virtualités; la seconde, en tant qu’elle témoigne, soit de son exemplarité, soit de l’efficience avec laquelle il s’impose à la conduite d’autrui et qu’il la détermine plus ou moins complètement; l’un et l’autre exprimant quelle est la légitimité de celui qui les exerce.» — Plérôme.

«Mieux vaut parfois — et peut-être même souvent —, pour certains, le mythe qui conforte les préjugés et nourrit l’estime de soi que la vérité lorsque, malgré sa justesse, sa profondeur et sa désirabilité, ébranle les préjugés et les idées reçues et éprouve les conceptions et les sentiments tenus en trop grande estime par la conscience individuelle.» — Plérôme.

«ANTIMÉTABOLES: La loi de l’amour — l’amour de la loi; l’anarchie de l’amour — l’amour de l’anarchie.» — Plérôme.

«La facticité du pouvoir se reconnaît à son fondement théorique en ce qu’il accorde une valeur primordiale à une essence, une qualité ou un attribut qui seraient autrement insignifiants, et fonde sur la défense et la promotion de leur importance exagérée tout un système politique de croyances et tout un corps de doctrines qui se révéleront éventuellement délétères à la société qu’ainsi ils constituent idéologiquement.» — Plérôme.

«Cela vaudrait peut-être la peine d’être noté que, sous son aspect critique — et peut-être sous toutes ses formes descriptives, dogmatiques ou doctrinaires —, le discours philosophique porte sur un état naturel implicite fondamental dont il capte l’essence, en apprécie la nature dans son rapport à l’être qui l’éprouve ou à la raison qui l’appréhende et en fait l’objet d’une science, pour éventuellement s’opposer à lui, soit en le transformant, s’il est susceptible d’introduire en lui une amélioration ou une modification qui soit utilitaire et/ou esthétique, soit en palliant à ses effets délétères, dans la mesure du possible, si la puissance de cet état excède le pouvoir dont l’homme dispose à agir sur elle d’une manière qui est déterminante et bienfaisante.» — Plérôme.

«L’on pourrait proposer qu’il existe deux genres de l’homme: l’homo expugnans, qui réalise son bien-être par la force appliquée envers son semblable, ses proches, son milieu et ses biens; et l’homo laborans, dont le succès de cette entreprise est la conséquence d’un effort créatif ou conservateur qu’il opère sur la matière, accompli au bénéfice de son semblable, de ses proches, de son milieu et de ses biens. § D’ailleurs, il serait peut-être utile de noter que cette distinction implicite dans le couple opposé des dieux Hindous primordiaux: Siva et Vishnou.» — Plérôme.

«Dans l’idéal — c’est-à-dire en droit —, la politique est une activité spécifique qui réalise la puissance des actions et les fait porter sur la nature de son milieu et sur la vie de ses semblables, de manière à les continuer, les préserver, les augmenter et les perpétuer, conformément à une conception plus ou moins complète et plus ou moins vaste que l’on développe pour appréhender l’essence de leur réalité et de leur perfection, conformément à l’entéléchie que l’on en aperçoit.» — Plérôme.

«Lorsque l’on affirme que tout est politique, phénoménal, esthétique, relatif, idéel ou sexuel, etc., cela n’est pas dire qu’il n’y a que du politique, du phénoménal, du relatif, de l’esthétique, de l’idéel ou du sexuel, mais que ces états infusent généralement la réalité, chacun sous son aspect particulier, et que c’est celle-ci qui renvoie à l’universalité et à l’éternité de l’ensemble que signifie cette totalité.» — Plérôme.

«Le rêve du despote politique, c’est de posséder le monopole du pouvoir (si inique que fût son utilisation) comme d’avoir celui du discours (si faux que fussent son propos et sa finalité).» — Plérôme.

«L’immanentisme est celle doctrine philosophique qui considère la réalité uniquement du point de vue des attributs et des qualités sensible ainsi que des relations de cause et d’effet, sans s’interroger sur les raisons ultimes et les finalités implicites, fondant la présence de ces états réels et expliquant le déroulement de leur dynamique empirique, et surtout sans présupposer l’éventualité, soit d’une origine ou d’une action extérieure, qui puisse les expliquer, soit d’un agent surnaturel, qui puisse les justifier et leur donner la plénitude d’un sens.» — Plérôme.

«Un pouvoir qui s’exerce, sans égard ni pour la dignité des sujets, ni pour la justice qui doit régner sur tous, en s’appliquant sur les principes les plus élevés du droit et les doctrines qui en théorisent leur achèvement éventuel, est un pouvoir qui s’exerce uniquement dans l’intérêt de ses détenteurs et, ne visant aucunement l’accomplissement d’un idéal qui soit valable pour universellement et éternellement, qui est par conséquent impur et corrompu.» — Plérôme.

«Tous sont associés à l’exercice du pouvoir, à la mesure de leurs capacités et des responsabilités qu’il leur revient d’assumer, conformément à celle-ci, qui aiment la justice et en connaissent, même intuitivement et de manière infuse, les principes du droit qu’ils s’efforcent sincèrement et en toute bonne volonté d’accomplir.» — Plérôme.

«Comment peut-on se réconcilier avec ce paradoxe existentiel que, en espérant tout de la liberté entière des hommes, et le concevant comme étant le plus grand bien qui puisse en résulter, ce désir mène plutôt aux situations politiques les plus violentes, iniques et catastrophiques ?» — Plérôme.

«L’entéléchie, à savoir l’évolution des circonstances, des situations et des événements, inscrite à même la nature des choses, en vue de réaliser une finalité qui est inhérente à leur constitution, tel qu’une agence surnaturelle puisse les entendre et les inscrire à l’intérieur d’un ordre transcendant, que révélera le cours optimal historique de leur achèvement, telle semble être la notion constitutive de la substance de la réalité et du tissu existentiel que vise à déconstruire la rationalité humaine, au nom de la souveraineté incontestable qui serait dévolue à l’homme et que confirmerait l’ascendant qu’il a acquis sur toutes les autres créatures vivantes peuplant le monde. § Or une telle position ne peut reposer que sur une ignorance et/ou une inconscience qui refuse au règne de la nature, et de la culture qui en est issue, toute constitution a priori, en raison d’une logique qui soit intime à son ontologie, sans qu’elle n’en puisse procéder d’une manière nécessaire, puisqu’en révélant à la fois un caractère supérieur (la portant à réaliser une perfection à laquelle elle ne saurait autrement prétendre) et une essence métaphysiquement distincte (susceptible d’engendrer l’altérité essentielle et substantielle à l’intérieur du même, ce qui ne peut être le fait que d’une puissance qui est autre).» — Plérôme.

«Le sens de la notion du pouvoir a évolué depuis celui où elle représentait la concertation libre des puissances, exercées chacune selon un rôle déterminé par le talent et la capacité, en vue de réaliser un but commun et bienfaisant, jusqu’à maintenant, où elle se définit comme étant l’exercice unilatéral de volontés distinctes en vue de réaliser un objectif particulier, conformément à la conception individualiste et solipsiste du rapport à autrui, que peut aussi avaliser, cautionner et s’approprier l’État dans sa structure et son organisation.» — Plérôme.

«Les autorités prennent soin d’empêcher que la société ne succombe aux effets insidieux de la corruption, en établissant les organismes et les institutions qui s’attaqueront à elle et en préviendront les conséquences fâcheuses: mais comment parvient-on à réaliser cette fin, de lutter contre la corruption, lorsque celle-ci s’est généralisée à l’ensemble de la société, et en particulier en ces sphères qui sont censées l’en préserver ?» — Plérôme.

«Une tentative de réconciliation des ontologies aristotélicienne (acte et puissance), aquinienne (essence et existence) et kantienne (noumène et phénomène) — l’être peut se considérer sous deux aspects: l’essence, qui est ce qui en constitue la qualité distinctive, c’est-à-dire le noumène, et qui se reconnaît dans l’acte de la pensée; et la puissance, ce qui en actualise les possibilités, c’est-à-dire le phénomène, au moyen de l’acte qui la réalise dans la chose sensible.» — Plérôme.

«Tout pouvoir renvoie à un état dont il est la manifestation autorisée, en ce qu’il correspond à l’entéléchie de l’être qui en témoigne, à défaut de quoi il en usurpe l’autorité et en représente de manière inadéquate le principe, l’essence et la finalité.» — Plérôme.

«Lorsque s’est jouée la comédie de l’amour, qui n’en était que l’illusion habile et l’approximation savante, quoi de plus normal qu’elle ne se transforme en tragédie, qui n’est en fond que la contamination, en même temps qu’elle n’est l’usurpation et le travestissement du bonheur.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui évoqueront un problème d’image alors qu’en réalité, il s’agirait de conceptualiser une crise ontologique et morale, que caractérise une aliénation de l’essence et une négation du principe et de la valeur.» — Plérôme.

«Transcender l’universel; réaliser l’impossible, mais en se rappelant qu’à l’impossible, nul n’est tenu.» — Plérôme.

«Alors qu’est concevable, même à l’intérieur d’une utopie, l’existence d’un homme parfait, existant à l’intérieur d’une société parfaite, voire qu’elle soit hautement improbable dans l’actualité de la chose, il est autant illusoire une humanité parfaite que corromprait une société imparfaite que le serait une société parfaite, constituée par une humanité imparfaite.» — Plérôme.

«Par les principes et les lois qu’elle énonce et qu’elle vérifie, la science révèle ce qui est certain; par les opinions et par les interprétations qu’elle autorise à formuler, l’expérience doit se contenter de fonder ce qui est simplement probable.» — Plérôme.

«L’État représente, constitue et incorpore, dans ses institutions, ses organisations et ses agents, ce qui est la réalité formelle de la société, en tant qu’elle est héritée de son histoire, qu’elle incarne les valeurs qui inspirent sa vie collective et qu’elle réalise la perfection qui sont propres à celle-ci, de manière à l’inscrire perpétuellement dans l’histoire, concurremment avec les autres États, dont l’essence se définit et se conçoit de manière analogue en vue d’actualiser dans sa particularité l’esprit et la vie de l’humanité, dans ce qu’ils comportent d’universel et d’intemporel. § Le pouvoir est la liberté accordée différemment à chaque membre de la société de poursuivre les fins de l’État, conformément à l’esprit et à la vie de la société, et proportionnellement à la connaissance qu’ils acquièrent de l’essence de l’État, de l’affinité professée avec sa nature et ses fins et de leur capacité d’en représenter les principes et d’accomplir adéquatement sa finalité, par l’entremise des actions qu’ils sauront initier. § La corruption représente l’imperfection qui caractérise cette entéléchie collective, consciente, raisonnée, morale et active, lorsqu’elle s’ancre dans l’inconscience, l’ignorance et l’intérêt et qu’elle est susceptible d’être suscitée et poursuivie intentionnellement, en reconnaissance de l’utilité que comporte l’exacerbation de ces facteurs négatifs.» — Plérôme.

«Qu’y-a-t-il de pire: enfreindre la loi que l’on sait être vraie, c’est-à-dire la loi de l’amour, pour ensuite regretter la faiblesse qui a porté à la refuser et à agir d’une manière contraire à son principe; ou nier cette loi, pour ensuite lui substituer une loi alternative, c’est-à-dire la loi de la raison, qui, en créant un nouveau corps de doctrines, met au rencart ceux qui sont issus de la loi précédente qui, malgré son excellence et sa supériorité, est ainsi rendue périmée ? Or qu’est la raison sans la conscience qui fournit l’intelligence des principes les plus élevés et des fins les plus estimables, parce qu’elles s’accordent le mieux avec ceux-là, au service desquels appliquer la faculté de la raison ?» — Plérôme.

«Le pouvoir est nulle autre chose que la puissance sociale de la liberté dont la qualité et l’extension de l’effet reposent sur la nature de la moralité qui la décrit, sur l’excellence du droit qui la fonde et sur la profondeur de la conception théologique qui l’inspire.» — Plérôme.

«Le grégarisme intellectuel et sémantique commande de se laisser gouverner, non pas par les significations réelles des images, des représentations, des symboles et des évocations que rencontre la conscience dans le champ de son expérience, mais par leur signification supposée, telle qu’une convention établie par l’autorité ou par un consensus l’établit sur l’ensemble des consciences sociales et qui en fait constitue le droit informel et coutumier qui les régit.» — Plérôme.

«Le pouvoir est nulle autre choses que l’association de la puissance de la vie à la possibilité de l’exercer infailliblement: conçu sous son aspect social, il implique la reconnaissance sociale et politique de l’excellence de l’agent moral à l’exercer de manière à influer de manière déterminante sur le cours du déploiement historique de la collectivité qui récolte le bienfait de son exercice, ce qui suppose en lui l’intuition des notions de la justice et du droit pour spécifier l’essence de sa qualité et la nature de son exercice.» — Plérôme.

«Au concept du désir, tourné vers l’avenir de ce qui comblera un manque important et significatif, correspond celui de la nostalgie, tourné vers le passé antérieur à la cause et à l’objet de ce manque: le mal du siècle est d’avoir établi une dichotomie entre ces deux entéléchies de l’esprit et d’avoir privilégié la première au dépense de la seconde et de l’avoir escamotée complètement.» — Plérôme.

«Le radicalisme du statu quo, que l’on érige en valeur inattaquable et inexpugnable, se laisse reconnaître à ce que toute forme de changement social, politique ou économique devient suspecte, quelle qu’en soit la nature et quelle qu’en soit la désirabilité d’un point de vue objectif: en somme, il est la conséquence de l’«absolutisation» du sentiment subjectif, présente chez les détenteurs du pouvoir politique, se fondant sur un immobilisme ontologique, et qui voit dans la conservation de leur état et dans le confortement du sentiment de sécurité qui l’accompagne les valeurs «morales» principales, sinon les seules, qui valent d’être défendues.» — Plérôme.

«Un paradoxe lié à la sensation du temps: les journées sont longues, mais les semaines sont courtes, et les mois ainsi que les années, beaucoup plus encore.» — Plérôme.

«Le mal intellectuel, qui est nul autre qu’une forme que prend la pensée magique): identifier, analyser, comprendre et conceptualiser le problème que pose un phénomène social, c’est s’imaginer l’avoir résolu.» — Plérôme.

«Toute critique suppose un sujet conscient, c’est-à-dire un agent moral, effectuant cette action au nom d’une vérité qu’il est apte à percevoir dans l’intelligence en vue de susciter une perfection dont il possède une vision claire et un pressentiment de sa possibilité d’une actualisation.» — Plérôme.

«Lorsque l’on prétend, comme le fait Rousseau, que non seulement la société est corrompue, mais encore qu’elle corrompt activement ce qui, parmi ses membres, qui ont échappé à la souillure qui la caractérise, la question ultérieure qui se pose alors consiste à savoir quelle est l’origine et la provenance de cette corruption, sauf à affirmer — ce que ne pourrait accepter Rousseau — qu’il appartient à la nature de l’homme d’être ainsi disposé au mal et au vice. Car celui-ci, en proclamant que l’homme est naturellement bon, refuse la théorie d’une humanité fondamentalement disposée à la malveillance.» — Plérôme.

«En admettant que la corruption puisse exister à l’intérieur de la société, qui en compromette l’intégrité et l’avenir, en raison de se propager activement à l’intérieur de la population, il reviendrait alors à l’État, en tant qu’il représente, conformément à son idéal, l’excellence de la vertu de la société, de veiller à endiguer sa progression et d’enrayer ces éléments intérieurs à sa constitution qui la répandent et la propagent. Et c’est en définitive ce qu’il fait, en définissant les modes d’existence qui sont répréhensibles et en les supprimant, soit par l’éducation qui cultive les cœurs et les esprits, soit par l’appareil juridique qui instaure les conditions de l’inclusion et de l’exclusion de tous les membres de la société. Mais que faire alors lorsque l’État lui-même s’est laissé corrompre et, sachant quelle est la précarité de sa situation, mais étant néanmoins un élément actif du règne de la corruption, masque son action en agissant à titre particulier et d’acteur social, tout en conservant son statut d’agent politique et de représentant de l’autorité suprême à l’intérieur de l’État ?» — Plérôme.

«La liberté n’est pas une fin en soi, sauf en ceux qui, à tort ou à raison, en sont, ou s’en sentent privés, mais elle est la condition initiale et fondamentale de toute responsabilité sociale et morale, assumée spontanément et sans contrainte en vue d’une fin qui est voulue puisqu’elle est conçue et sentie comme étant bonne.» — Plérôme.

«Si l’on pouvait concevoir la science de la philosophie ou de la psychologie du point de vue de la femme, plutôt que de celui de l’homme en général — quant aux fins visées et aux moyens employés à les réaliser —, les sciences seraient-elles les mêmes ou différeraient-elles sous certains aspects, tout en conservant les mêmes principes épistémologiques et méthodologiques ?.» — Plérôme.

«Si tout est permis qui ne soit pas formellement interdit, comme l’affirme un principe du droit coutumier anglo-saxon, alors il s’agirait de ne rien interdire, ou ce qui revient au même, de ne pas constater et dénoncer les infractions au droit, pour assurer que règne une liberté totale et absolue: mais peut-on nommer la véritable liberté, dans le plein sens du mot, l’état moral et social qui alors prévaudra ?» — Plérôme.


«L’état d’une chose, qui suppose son existence, est ce qui est de celle-ci, autant dans son essence que dans sa substance, autant dans sa virtualité que dans sa possibilité, que dans sa réalisation et son actualité. § Dès que l’on en vient à concevoir la chose comme étant l’accomplissement indépassable de son essence comme de sa substance, dès que l’on considère en plus qu’étant achevée, elle ne peut éprouver de perfection plus grande, soit dans le sens d’une évolution et d’une transformation intrinsèque, soit dans le sens d’une plus grande capacité d’inclusion, alors cet état atteint l’immobilité qui en justifie le statu quo perpétuel, comme étant la perfection dont l’entéléchie est toute entière tournée à la maintenir et à la préserver et qu’aucune entéléchie ne dynamise ni ne porte à un accomplissement encore plus grand. § Or, un tel état ne saurait caractériser la vie d’un être vivant puisqu’il devient alors l’antithèse de la nature qui elle est en voie de perpétuelle évolution, sauf à accepter que, devenant le terrain d’un phénomène qui le dépassera, il sera le champ sur lequel se déploiera une vitalité nouvelle et donc une nature qui est inattendue, voire qu’elle soit inimaginable dans l’aspect présenté et inconcevable dans la puissance révélée.» — Plérôme.

«La plupart des jeux qui engagent les individus sont inoffensifs et ils ont pour fin parfois de distraire l’esprit et parfois de développer en eux des aptitudes stratégiques qui permettront de surmonter, en les résolvant, les problèmes et les épreuves qui leur seront présentés, avec pour seul enjeu la prise de conscience d’une inaptitude à exceller au plus haut point et, s’il existe en lui un désir d’augmenter sa compétence, la reprise et la répétition des actions jusqu’à ce que l’habilité se découvre qui transforme l’issue de l’action et que le succès en vienne à se substituer à l’échec. § Mais certains jeux se montrent particulièrement risqués en ce qu’ils se déroulent sur un fond d’inauthenticité , que les enjeux sont capitaux et essentiels et que l’habileté des joueurs à les reconnaître et à pallier aux stratégies qui entraînent les joueurs à jouer même malgré leur meilleur conseil et peut-être même obligatoirement, peut faire la différence entre la vie, la mort et la perte de l’intégrité personnelle, physique et/ou morale, des joueurs. § La nouvelle «The Most Dangerous Game», par R. Cornell, exemplifie ce genre de jeu fatal, mais celui-ci n’est en réalité que la figuration d’un style de vie où certains trouvent une satisfaction à piéger des esprits inoffensifs et peut-être même les cœurs innocents, afin d’éprouver un plaisir malin à les réduire à leur merci. Ainsi le jeu, dont on peut faire un emploi pédagogique, comporte une contrepartie beaucoup plus sérieuse et conséquente à l’intérieur d’une existence plus large, où règne une liberté sans bornes, où les mobiles et les intentions se laissent déterminer en termes de bien ou de mal, où les tactiques et les stratagèmes employés mettent en cause la possibilité que règnent l’amour entre les cœurs et la vérité entre les esprits, et où les coûts se laissent apprécier en des termes draconiens, qui mettent en jeu la vie, la santé, le bonheur, la sécurité et jusqu’au salut éternel des participants, parfois même à l’insu de ceux-ci, lorsqu’ils deviennent des acteurs inconscients de telles combines ou qu’ils découvrent, souvent trop tard, qu’ils le sont devenus.» — Plérôme.

«Le pouvoir consiste en latitude dont dispose un État, ainsi que ses représentants et ses agents, afin de réaliser ses fins et de protéger ses intérêts, conformément à une existence collective dont la vitalité, le maintien, la perpétuation et la diffusion en sont la raison d’être et le fondement.» — Plérôme.

«Il n’existe qu’une seule manière d’échapper à l’antimétabole de l’amour puisque, en proposant une exacerbation à la fois de l’amour et de l’anarchie, l’on ne fait que poser à l’infini l’alternative de la priorité de l’amour sur l’anarchie — l’anarchie de l’amour — ou de l’anarchie sur l’amour — l’amour de l’anarchie —. § Cette unique manière, qui est celle de refuser à la fois l’amour et l’anarchie, conduit à l’adoption de leur antithèse — l’indifférence et l’ordre —, en devenant alors une façon de nier le sentiment dans sa positivité la plus pure (sans tomber dans le sentiment contraire qui est en même temps destructeur) et de repousser l’issue inéluctable de ce refus, qui est le désordre qu’aucun mobile n’incite à chasser, sauf peut-être l’amour de l’ordre auquel s’oppose l’antimétabole de l’ordre de l’amour. § Mais l’ordre de l’amour est précisément l’anarchie de l’amour puisqu’il est dans la nature de l’amour de s’exprimer dans la spontanéité de la pureté de l’essence et que la spontanéité agissante — voire qu’elle soit bienfaisante — ne saurait répondre à un ordre moral pré-établi qui en soit la dénégation. Voilà pourquoi, afin de s’extraire de l’antimétabole initiale, il importe à l’indifférence de se substituer à l’amour, au plan du sentiment, et à recourir à la faculté de la raison, au plan de l’esprit, comme étant propre à remplacer la faculté du cœur, à susciter l’ordre par conséquent et à refouler le désordre, une fin double qui est propre à actualiser l’amour de l’ordre, mais uniquement en privant l’amour de la qualité essentielle de la spontanéité dans la réalisation du plus grand bien. § Ainsi trouve-t-on alors, pour la remplacer, une troisième antimétabole qui comporte l’avantage d’être bidirectionnelle et équivalente, à savoir l’ordre de l’indifférence s’opposant à l’indifférence de l’ordre. Mais alors, non seulement le sentiment et le cœur sont-ils niés, mais en même temps l’essence de la vitalité même qui ne peut reposer seulement sur l’entéléchie impersonnelle de la puissance de la raison mais doit aussi inclure l’entéléchie personnelle de la puissance de la vie, ancrés sur les valeurs transcendantes de la justice, de la vertu et de la liberté.» — Plérôme.

«La philosophie politique du féminisme se réduit à un seul principe essentiel: réduire toutes les idéologie, théoriques et pratiques, à la seule nature et à la seule essence du genre féminin et orienter son action, autant intellectuelle qu’empirique, en vertu des principes qui s’en dégagent, en espérant que l’aliénation qui en résulte pour l’homme (dont l’essence est niée par cette approche) ne sera ni trop évidente, ni trop rapidement perçue pour que les changements résultants dans les formes et dans les structures de la société passent dans la coutume et deviennent irréversibles.» — Plérôme.

«La grande réussite du féminisme, à l’échelle historique, c’est d’avoir réussi à substituer à la question métaphysique et épistémologique essentielle: qu’est-ce que la vérité (ainsi que les autres idées transcendantes) ? La question anthropologique: qu’est-ce que la femme ? Et si cet accomplissement paraît être une innovation, il représente plutôt un retour à une période préhistorique et pré-théologique de l’humanité qui voyait en la femme l’unique raison de l’humanité, celle-ci étant mère génitrice et mère nourricière de toute l’humanité, avant que ne fut découvert le rôle essentiel que joue l’homme dans la conception.» — Plérôme.

«L’hystérisme se caractérise par un enfermement mental à l’intérieur d’une conception close de la réalité, par crainte qu’en la délaissant — même pour une perspective plus élevée et plus élevée de la vérité essentielle des choses —, il survienne pour l’individu un bouleversement de son univers intellectuel qui s’accompagne par une perte irréversible de l’autonomie et de la sécurité qui l’a accompagné jusqu’alors.» — Plérôme.

«Le paradoxe de la liberté: trop de liberté n’en comporte aucune, en raison de l’empêchement qui résulte de la liberté de tous sur celle de chacun, parce que celle-là inclut toutes les manifestations contraires de la liberté, y comprises celles qui la nie, et qui donc abolissent pour certains, et peut-être un grand nombre, l’expression de celle-ci, avec pour effet de l’annuler pour l’ensemble, par l’opposition des volontés qui en résultera au plan politique.» — Plérôme.

«Le pouvoir consiste en la force avec laquelle la puissance d’un État peut s’exprimer et, à l’intérieur d’un état civilisé, le droit qu’inspire l’idéal de la justice, plutôt que la possibilité empirique et positif de son exercice, en est l’unique justification légitime.» — Plérôme.

«La force qui s’impose, sans égard à la vertu des particuliers, ni au droit de l’ensemble qui l’un et l’autre se fondent sur l’idée parfaite de la justice qui commande à leur substance et à la forme de leur expression, est une fraude et une violence que commettent les puissances du mal à l’égard de la vie collective et des esprits qui la composent en vue de faire la promotion de ses propres virtualités décadentes et perverses.» — Plérôme.

«À l’effort de connaître les principes de l’essentiel et de vivre selon les lois qui en découlent, l’on préfère s’accommoder avec la tyrannie de l’inessentiel, à suivre les illusions qu’il propose et à se plier aux contraintes mises en place afin d’en cacher l’inadéquation et protéger la précarité et l’éphémérité de son caractère superficiel et artificiel.» — Plérôme.

«Chaque personne est comme une semence qui, au moment de sa naissance, peuple un jardin et qui, en croissant et en se développant, en vient, avec ses semblables, à l’embellir et à l’améliorer tout au long de son existence, en lui apportant toute la perfection qu’elle est capable de réaliser, conformément à la virtualité de son être, à la puissance dont elle dispose et aux moyens dont elle dispose à cet effet. Et lorsqu’elle le quitte, son âme étant immortelle, elle est destinée à y revenir, comme dans tous les jardins qu’elle a peuplés, à différents moment de l’existence de son âme, pour le trouver dans l’état de la plus grande perfection qu’il a pu réaliser, en son absence, grâce à l’effort intermittent qui a pu s’accomplir, en continuation de l’impulsion initiale qui a été apportée, ainsi que suite à la concertation d’âmes amies et de successeurs sympathiques aux fins poursuivies, en dépit des efforts contraires que des protagonistes et des adversaires ont pu avoir effectués dans un autre sens, afin de l’amener à un niveau de perfection plus élevé encore. Car la perfection a comme essence d’être à la fois une entéléchie et un aboutissement, tout comme une semence comporte l’entéléchie de croître et d’arriver à maturité pour alors produire d’autres semences qui sont autant d’entéléchies qui, dans leur aboutissement — à l’état de la plante achevée — fournira de nouvelles semences, et cela ad infinitum.» — Plérôme.

«La complétude sans la plénitude, c’est l’illusion de l’achèvement; la plénitude sans la complétude, c’est le brouillon idéel de l’irréalisation effective.» — Plérôme.

«La Rédemption est l’ultime pari que fait Dieu sur l’intelligence et le courage de l’homme, quant à l’issue que connaîtra le sort de l’humanité qui lui a été confié ab origine, grâce à la disposition responsable de la liberté dont il est doué par nature.» — Plérôme.

«La notion de barbarie évoque d’abord et avant tout un degré élevé de dissonance entre les catégories morales propres à un ensemble social et culturel de sorte que celui qui est ainsi nommé barbare illustre aux yeux de ceux qui lui en attribuent le nom une moralité qui non seulement heurte la leur, mais qui est étrangère à elle, quant au contenu des valeurs et à la qualité des croyances dont ils témoignent dans leurs mœurs et leurs traditions, leurs usages et leurs coutumes, tels qu’ils se révèlent dans leurs conduites et leurs actions.» — Plérôme.

«Toute éducation est une assimilation à la culture et une acculturation à la société auxquelles elle se réfère et qui en commandent l’action et elle en reflète autant les qualités et les forces que les manques, les lacunes et les imperfections. » — Plérôme.

«Le premier scandale fut un acte subversif de la volonté divine — l’incitation à la désobéissance menant à commettre un acte qui était contraire à un interdit formel, en utilisant une raison fausse afin de mieux encore rendre la séduction attrayante et d’étayer le motif qui porterait à vouloir céder à cette tentation — et, comme pour tout acte scandaleux, il était destiné à avoir un effet perpétuellement durable et hautement conséquent.» — Plérôme.

«L’opposition qu’a suscitée la philosophie, entre le logos et le muthos, éventuellement afin de mieux légitimer son propos, masque une vérité profonde, celle de l’enchevêtrement étroit et de la complémentarité intime entre ces deux réalités qui ne peuvent se comprendre l’une sans l’autre. De sorte que le logos que l’on interroge, et qui révèle son sens et sa signification à l’esprit, ne saurait s’appréhender complètement en l’absence d’une élucidation du muthos caché qui le fonde; comme le muthos qui évoque le mystère de sa production et de sa direction, ainsi que de la morale que l’on est susceptible d’en extraire, ne saurait adéquatement se révéler en l’absence du logos qui le structure et lui apporte, dans la conscience, un contenu et une interprétation, lesquels resteront cachés jusqu’à ce que le travail de l’esprit en découvre les secrets, grâce à l’heuristique, et en communique les essences, grâce à l’herméneutique.» — Plérôme.

«Puisqu’aucune raison morale ni justification légale n’apparaissent qui étayent le bien-fondé d’une maladie et que celle-ci répond à un déterminisme sur lequel il apparaît possible d’agir, dès que sa cause ou sa série de causes se révèlent à l’intelligence, mais sur lesquelles les efforts de la contrer seraient hautement aléatoires, sinon insuffisants, lorsque leurs origines sont mystérieuses et ses mécanismes problématiques, toute maladie apparaît suspecte, selon l’ordre de la justice, de sorte que chaque malade devrait être considéré comme une victime, du point de vue du droit, et recevoir tous les soins, toutes les sympathies comme toutes les considérations, conformément à cet état, tant et aussi longtemps que l’élucidation des causes n’est pas accomplie qui pourrait adéquatement contredire cette conclusion, le cas échéant, et de transformer l’attitude de la justice et de la société à l’endroit du patient.» — Plérôme.

«Le paradoxe de la liberté, c’est que cet état informel permet de prendre conscience des conditionnements qui, à l’insu de la conscience, en oriente les attitudes usuelles — les habitudes — acquises précédemment, de s’interroger sur leur utilité et, lorsqu’ils sont superflus et insensés, s’appliquer à s’en délivrer, s’ils sont indésirables, et en acquérir de nouveaux, lorsque les circonstances l’exigent. — Au plan social, cette entéléchie s’exerce au plan des us et des coutumes ainsi que des lois et des principes par lesquels soit on les officialise, soit on les transforme, soit on les remplace —. Mais peut-être plus significativement, la liberté permet, à un plan plus profond de la personne, de surpasser le plan de l’habitus superficiel et aléatoire et d’enrichir celui de la qualitas durable et authentique, de manière à assurer le développement d’une intériorité stable, constante et de plus en plus parfaite par la bonté, la vérité et la beauté qu’elle reflète dans ses rapports avec l’environnement naturel et social.» — Plérôme.

«Pour ceux qui sont les partisans de ces valeurs, autant l’égalité que la liberté sont des biens sociaux. Mais l’un des états qu’elles représentent ne se conçoit pas sans l’autre et cette association nécessaire conduit au paradoxe qui veuille que l’exacerbation de l’un implique en même temps une diminution de l’autre, de sorte que plus la liberté est complète, plus l’égalité en souffre et que, plus l’égalité est accentuée, moins il règne de liberté.» — Plérôme.

«L’art de la piraterie ne consiste pas tant à s’approprier le bien d’autrui, soit par la violence, soit par la ruse ou soit par la fraude, et de l’empêcher d’en jouir, ainsi que des bénéfices qui lui sont associés, mais à savoir détourner les destins et à savoir s’approprier des destinées par les illusions que créent les auteurs, par les mensonges qu’ils inventent et par tout autre moyen auquel il est possible de songer qui puisse transformer, altérer et détourner le cours des événements à leur avantage, dans la poursuite et l’exacerbation de leurs intérêts, à l’exclusion de ceux d’autrui.» — Plérôme.

«Le problème historique que l’on rencontre, avec l’utilisation de moyens déloyaux et malhonnêtes, afin de favoriser un avancement au plan social et économique, c’est que l’on abandonne rarement ce stratagème lorsque les intéressés ont atteint leur fin et qu’ils viennent à caractériser, souvent sous des formes transformées, un habitus existentiel et un modus vivendi typique chez les individus et les groupes qui ont recours à de tels procédés.» — Plérôme.

«Puisque la vertu n’a pas de prix, on ne saurait prétendre la monnayer: et pourtant ...» — Plérôme.

«Si désagréable fût-elle à subir, la mauvaiseté du caractère, qui est certes un vice, ne saurait concerner la justice rétributive formelle, sauf si elle devient la raison d’un tort ou d’un malheur que connaît la victime de lui être exposé. Par ailleurs, il reviendra au champ de l’expérience de le réformer, dans l’éventualité où il serait estimé désirable d’améliorer une telle disposition et de perfectionner l’individu qui l’affirme.» — Plérôme.

«Malgré que la généralisation puisse sembler excessive, il serait probable et raisonnable de proposer que l’ensemble de la conjoncture politique internationale contemporaine, émanant de la civilisation occidentale, s’explique par la Révolution française, autant celle qui commença par la prise de la Bastille et se termina par l’accession de Napoléon à l’Empire, que celle qui rayonna l’influence de son idéologie sur une grande partie des nations européennes, durant les XIXième et les XXième siècles, et cela jusqu’à nos jours.» — Plérôme.

«Le pouvoir politique qui fonde sa légitimité sur la volonté de puissance exclusivement fera et dira tout et son contraire afin de se maintenir: tel est l’enseignement fondamental que l’on doit retenir des écrits de Machiavel.» — Plérôme.

«Si absurdes, si éprouvants et si excessives qu’elles puissent sembler avoir été, y a-t-il un sens et une signification que l’on puisse découvrir et attribuer aux expériences que l’on vit, individuellement et/ou collectivement ? Telle est l’interrogation fondamentale de tout effort de conscience et de toute prise de conscience effective, accomplis à l’intérieur d’une démarche pédagogique.» — Plérôme.

«L’esprit collectif et transcendant de la culture d’une société est le réservoir en lequel baigne, se nourrit et croît le poisson de l’esprit particulier et de l’âme individuelle.» — Plérôme.

«Tous sont associés à l’exercice du pouvoir, à la mesure de leurs capacités et des responsabilités qu’il leur revient d’assumer, conformément à celle-ci, qui aiment la justice et en connaissent, même intuitivement et de manière infuse, les principes du droit qu’ils s’efforcent sincèrement et en toute bonne volonté d’accomplir.» — Plérôme.

«Pour certains chasseurs invétérés, le phénix est une proie comme toute autre.» — Plérôme.

«Tôt ou tard, chacun est confronté à la moralité de sa conduite et de ses actions ainsi qu’à la responsabilité réelle qu’il lui revient d’assumer, de les avoir adoptées et de les avoir menées, ou de s’en être abstenu, en vertu de la raison et de la conscience qu’il aura librement exprimées à travers elles.» — Plérôme.

«Le crime est le péché accompli à l’intérieur de l’État, comme le péché est le crime commis à l’intérieur de l’Église: ainsi, lorsqu’il existe une séparation radicale de l’Église et de l’État, comme le commande le libéralisme contemporain, ces deux notions prendront un sens diamétralement opposé, de sorte qu’il vaudra mieux pour celui-ci d’être un pécheur plutôt qu’un criminel, comme pour celle-là, il sera préférable d’être un criminel et non un pécheur.» — Plérôme.

«Il est facile, lorsque l’on ne se pose aucune question, ou lorsque l’on se contente de poser des questions superficielles et contingentes, de reprocher à l’esprit curieux et inquisiteur l’action d’interroger qu’il mène et de critiquer les réponses, voire même celles qui sont incomplètes, qu’il peut avoir apportées à ses recherches» — Plérôme.


«L’on conçoit certes comme étant légitime pour soi l’accession aux plus hautes fins et aux récompenses les plus élevées, conformément à un mérite auquel répond une justice naturelle et transcendante, mais c’est lorsque cette dignité est reconnue à autrui, dont chacun se constitue solidaire, par son attitude et par son action, autant sur la route qui conduit à sa reconnaissance, que dans la reconnaissance elle-même de sa justesse, que l’aperception et l’accréditation de l’action d’une justice suprême en vient à poser problème.» — Plérôme.

«Tout est illusion, en ce sens que rien n’est dans son actualité ce qu’il est appelé à devenir et que, pour cette raison, le monde que l’on perçoit comme étant perpétuel et inaltérable, en passant par des changements imperceptibles, se produisant sur des éons, est en réalité un être variable et éphémère, lorsque cette conscience se situe à l’échelle de l’éternité, ceci étant d’autant plus vrai pour ses éléments constituants dont la précarité est infiniment polus grande et sa durée beaucoup moins étendue.» — Plérôme.

«Par définition, le pouvoir représente l’aspect extérieur de la liberté et son étendue est le reflet du degré de liberté dont dispose le particulier: il devient un concept moral dès lors qu’il se constitue l’expression des valeurs transcendantes de la bonté, de la vérité et de la beauté, vers lesquelles une conscience sainement constituée tend inlassablement, à défaut de les réaliser complètement et parfaitement. Ainsi, pris dans son sens politique, mais moral, il devient l’expression, lorsque sa conception est absolue, d’une impunité totale pour les conduites adoptées et pour les actions entreprises, souvent pour des motifs uniquement pragmatiques, ce qui signifie alors qu’il se soustrait à toute imputabilité et à toute limitation. Par contre, dans son sens exclusivement moral, il se conçoit comme étant en tout temps balisé, non pas par les circonstances et par les événements qui en éprouvent la possibilité, mais par le plus grand bien, la plus grande vérité et la plus grande beauté qu’il a la faculté de réaliser et, pour cette raison, il devient l’exacerbation de la liberté, conformément à la faculté et aux aptitudes qui l’accomplissent, puisque leur distribution, leur qualité et leur degré varient pour chaque individu qui les possèdent. Cette distinction constitue également le critère qui oppose la barbarie et la civilisation ainsi que les degrés de barbarie et de civilisation qui caractérise les conduites et les actions.» — Plérôme.

«La dialectique des âges se fonde sur une conviction nourrie et entretenue par les générations montantes, qu’elle saura tout faire mieux que les générations précédentes pour découvrir, au fur et à mesure de son intégration progressive à l’esprit historique et culturel, qu’une insertion plus ou moins heureuse à l’intérieur de la hiérarchie confirme, qu’elle est devenue elle-même la force de résistance aux idées nouvelles et au mobile de changement qui inspirent et définissent les cadres issus des prochaines générations qui leur succéderont dans le temps et que l’on aura préparés et formés en leur fournissant une éducation appropriée, y compris à cette dynamique historique entourant la succession des générations.» — Plérôme.

«Selon une perspective d’opposition et de négations radicales, c’est un paradoxe qui veuille que la suprême rationalité appelle à la plus pure et à la plus inconcevable des irrationalités.» — Plérôme.

«L’absurdité se produit lorsque l’idée de la chose sensée n’est plus associée aux choses insensées qui sont en occurrence, et donc elle en devient dissociée, et son degré est déterminé par le degré de l’inexistence du rapport de celles-ci à celles-là.» — Plérôme.

«Lorsque l’amour est présent, aussi sincère et profond qu’il est vrai et puissant, point ne sert d’évoquer et de poser la question de la fidélité entre les amants.» — Plérôme.

«Certaines théories ou conceptions apparaissent être tellement fantastiques que, tout en s’énonçant clairement et se comprenant simplement, elles dépassent toute forme que peut prendre l’imagination de les représenter et toute rationalisant que peut en formuler l’esprit pour l’expliquer: pour cette raison doit-on convenir qu’elles sont vraies.» — Plérôme.

«Le pouvoir se définit par la possibilité que possède la vertu, ou ce qui passe pour en être, de s’exprimer effectivement selon la plénitude de sa réalisation, en l’absence des contraintes qui peuvent, naturellement ou artificiellement, en limiter la puissance et l’étendue de son exercice.» — Plérôme.

«En faisant reposer sur les épaules de l’État la responsabilité de subvenir aux besoins économiques de la femme, le féminisme condamne le mari à n’être plus qu’un objet de consommation sexuelle, requis par les instincts génésiques qui en commandent la nécessité et en exigent la présence, plutôt qu’il ne constitue le véritable appui et la source réelle de la sécurité et de la richesse du couple et de la famille.» — Plérôme.

«Que signifie la victoire sur le mal et sur la mort ? C’est qu’ils ne sont plus inéluctables dorénavant et que le bien, comme la vie, sont redevenues des éventualités positives, dès lors que l’on admet comme étant suprême et invinciblement efficace l’acte qui a produit cette libération, pourvu que l’on adhère sincèrement à l’esprit qui en inspire la production et la réalisation au point de le confirmer dans sa validité, en consentant à le reproduire en sa personne, si jamais l’incrédulité de la mauvaise foi s’acharnait à en contrarier et à en éliminer la preuve de sa valeur sublime et de son effet exemplaire, en le niant et en le tournant en ridicule.» — Plérôme.

«Le féminisme, c’est la Pythie qui fait reposer son autorité oraculaire sur son propre entendement divinateur et non sur la puissance prophétique d’apollon.» — Plérôme.

«La paix sociale semble trop souvent être un état où, en commun, chacun serait et se sentirait autorisé à vivre un courage pratique minimal, en transférant sur des agents politiques le devoir de représenter et de symboliser adéquatement l’héroïsme que chacun serait censé être apte d’illustrer.» — Plérôme.

«La vérité, compréhensive, universelle et éternelle est, comme l’Église et comme Dieu lui-même, une, sainte, catholique, apostolique  et, peut-on ajouter, prophétique.» — Plérôme.

«La conception vulgaire et commune du Ciel espère en un endroit où l’on est dénué de toute responsabilité alors qu’en réalité, c’est dans la plénitude de la responsabilité et de son accomplissement que, avec la grâce de Dieu, cet état et cette société se manifestent et se réalisent.» — Plérôme.

«Le pouvoir, c’est la puissance qui repose son efficace sur l’usage raisonné — plutôt qu’instinctif — de la force que seule la valeur formative de l’idée transcendante — de la bonté, de la vérité et de la beauté — rend raisonnable et droit, puisqu’il est parvenu à un point de la réalisation de la sagesse qui est appréciable et estimable par les esprits sincèrement et authentiquement disposés à la reconnaître. » — Plérôme.

«La démocratie, c’est le règne de l’absolutisme judiciaire de tous, chacun dans sa sphère existentielle et professionnelle, lorsqu’ils ont chacun à l’illustrer adéquatement et de manière évidente et incontestable.» — Plérôme.

«L’on tue la vie pour ne pas avoir à déplaire aux esprits et aux cœurs desséchés et arides que sa fraîcheur et sa pureté offusquent.» — Plérôme.

«L’amitié est la plus haute forme de l’intelligence sociale; la gratitude, celle de l’intelligence politique.» — Plérôme.

«Lorsque la preuve du miracle est trop encombrante et surtout lorsqu’elle risque de faire mentir des croyances fixes et  établies et des idées reçues et fabriquées, on a tout intérêt à la faire disparaître.» — Plérôme.

«Il n’y a ni vérité à droite, ni vérité à gauche, mais uniquement la vérité qui se distingue, dans toutes ses formes, quant aux degrés de sa compréhension, de son universalité et de son éternité, ainsi que la négation que l’on puisse tenter d’en faire, avec tous les subterfuges et tous les stratagèmes susceptibles d’être employés à cette fin.» — Plérôme.

«Les trois sources culturelles et politiques de la déliquescence sociale sont l’opposition du bien et du mal, la lutte des classes et la guerre des sexes, alors que ces dernières ne sont que des aspects de la première.» — Plérôme.

«Par la nature même de leur constitution, de leur finalité et de leur déroulement, les duels à finir, lorsqu’ils sont menés à leur fin ultime, excluent la possibilité d’une revanche ou d’une reprise, du moins dans l’existence courante.» — Plérôme.

«On invente un narratif, un mythe, dont la falsification qui en démontre la fausseté, en raison de l’expérience qui ne saurait la confirmer, puisqu’elle est au départ fantaisiste, devient l’argument en faveur de la production du changement bénéfique que l’on estimait être nécessaire, dès que l’on accordait un crédit à la fiction présentée (il est proposé que tel homme, d’une apparence vertueuse et irréprochable, est en réalité défectueux: or l’expérience et la connaissance exacte nous apprennent qu’il est vertueux; donc, afin d’accréditer la réalité de la perception inexacte et plutôt qu’admettre l’erreur initiale, qui a conduit à conclure au vice, là où existe la vertu — ainsi que la nécessité d’expliquer les raisons des ces paralogismes —, l’on suppose et l’on avance que le sujet a changé, qu’il est devenu ce qu’il n’était pas, ou ce qu’il n’était plus, plutôt qu’il serait resté ce qu’il a toujours été, constamment et sans défaillir).» — Plérôme.

«Avant l’expérience, la nature; avant la conscience, l’expérience; avant la conscience, le nomos; avant le nomos, le logos; avant le logos, l’Absolu dont l’un et l’autre procèdent, dans l’entéléchie par laquelle ils se réalisent, et dont la vérité, la bonté et la beauté rendent possibles, à l’intérieur de la réalité, toutes les relations physiques et existentielles, ainsi que métaphysiques et spirituelles.» — Plérôme.

«Ce ne sont pas tant les philosophies individuelles qui posent problème, en tant qu’elles sont cohérentes dans leur complexité et rendent une explicitation admirable des principes qui les fondent et qui en guident le développement, que l’ensemble et la variété des théories philosophiques qui, lorsqu’elles sont comparées les unes aux autres, révèlent mutuellement leurs contradictions et leurs lacunes et nous éloignent, semble-t-il du principe fondamental à toute philosophie, à savoir le principe de l’unité, de l’universalité et de l’intemporalité de la vérité et dont la quête est à la fois la raison d’être et la fin de l’activité de la pensée qui la révèle.» — Plérôme.

«Dans une société, où règne exclusivement le principe de l’intérêt individuel, le droit social, qui commande la mutualité de l’entraide, du soutien et de l’appui, dans la promotion et la défense d’une cause commune — par exemple celle qui veillerait à l’instauration et à la préservation de la justice et de la charité collectives — est à toute fin pratique inexistant et se trouve relégué à la conviction morale personnelle et au devoir individuel, son imposition étant estimée contraire au principe de liberté, que l’on met cependant au service de l’égoïsme individualiste et intégral.» — Plérôme.

«Le droit qu’on les gouvernés, à un gouvernement qui les gouverne avec leur consentement suppose un principe encore plus fondamental qui est celui de la compatibilité des fins recherchées, autant dans l’acte de gouverner que dans l’obéissance des gouvernés: or, cette compatibilité des fins ne peut reposer sur des buts qui, tout en avantageant les uns, signifieraient le détriment des autres. § Ainsi, le bien recherché par l’acte gouverneur doit être compris et identifiable par le gouverné comme étant pour lui également un bien, de sorte que le jugement politique qui gouverne, comme le jugement citoyen qui obtempère, s’exercent autour d’une conception du bien qui serve leur avantage dans la mutualité, véritablement, sans recours à la facticité, ni à la représentation fausse, et réellement sans que la désillusion ne puisse découvrir un méfait pour l’un et l’autre parti, là où devrait se produire un bienfait. § Et plus le bien visé et réalisé sera parfait et compréhensif, plus nobles, élevés, et louables seront à la fois le jugement politique et le jugement citoyen qui trouveront ainsi leur réalisation la plus complète possible avec le bonheur intérieur qui en résultera pour tous les concernés de participer à un ordre politique qui vise le bien de l’ensemble en même temps que le bien de chacun, tout en cherchant l’adhésion des consciences à une telle poursuite, comme en témoignera leur assentiment et les actions libres qui en découlent.» — Plérôme.

«Y a-t-il plus hypocrite que l’hypocrite, à la manière d’un Tartuffe, feint la sincérité ? Mais peut-on concevoir, de manière réaliste, une hypocrisie qui ne feigne pas la sincérité, dans l’accomplissement de l’action qu’elle inspire de son efficace ?» — Plérôme.

«C’est l’intensité du désir de la femme qui inspire la volonté de surmonter l’adversité, dont la plus importante est représentée par le Mal, lorsqu’il entre en conflit avec le Bien et qu’il s’affronte à son accomplissement, mais c’est la force du courage de l’homme qui la bat en brèche et la fait reculer, pour la défaire entièrement et décisivement, lorsqu’il encourage le chevalier à le faire, un courage qui trouve sa contrepartie en la résolution inébranlable de la femme à lui apporter soutien moral et appui affectif.» — Plérôme.

«Élie passe 40 jours et 40 nuits au désert, afin de se préparer à rencontrer Dieu sur le mont Horeb; Jésus passe un temps identique au désert, mais afin de mieux se préparer à être éprouvé par Satan.» — Plérôme.