mercredi 27 janvier 2021

Euthúmèma XXVI (réflexions)

  [Depuis le 27 janvier 2021, avec mises à jour périodiques. — Since January 27th 2021, with periodical updates.] «Il est curieux que Freud ait fait de la mort du père, occasionnée par une rivalité entretenue à son endroit par l’un de ses fils, que l’on présume être le plus fort, comme étant le ressort de la vie du clan et de son inscription à l’intérieur de l’histoire alors qu’en réalité, bien avant que l’inégalité des rapports entre le père et ses fils rende celui-là vulnérable à leurs prétentions, existe celle entre les enfants, mâles ou femelles, de la fratrie, pouvant conduire jusqu’au fratricide, lorsque la haine et l’ambition désordonnée en viennent à prévaloir.» — Plérôme.

«Les deux moments critiques de l’étude de la philosophie — qui en elle-même ne saurait constituer un programme simple —: d’abord comprendre les penseurs historiques et les théories qu’ils formulent afin de concevoir exhaustivement la «réalité», y compris dans les influences intellectuelles historiques que chacun de ceux-ci peut entretenir les uns avec les autres; ensuite, relier celle-ci à la «vérité» permanente et constante, telle qu’elle se manifeste à tous les âges dans l’expérience individuelle et collective de l’humanité et qu’elle peut se laisser apercevoir dans les «inspirations lumineuses» qui traversent les pensées de toutes les intelligences et les idées de tous les doctes penseurs, lesquelles trouvent leur source dans une pensée immuable, universelle et éternelle.» — Plérôme.

«Les demi-vérités sont souvent pires que les mensonges, quant à leurs conséquences empiriques et leurs effets diffamants, puisqu’elles se fondent souvent sur des faits qui sont partiellement et non exhaustivement et complètement expliqués et que, par conséquent, ils reposent sur l’imagination fantaisiste, soit du narrateur, soit de l’auditeur, afin d’en accomplir la reconstitution, d’où la tendance à mener l’interlocuteur à formuler des conclusions fallacieuses et à entreprendre des actions conséquentes inopportunes.» — Plérôme.

«Tels sont ceux pour qui le caprice, le besoin, l’habitude ou l’instinct tiennent lieu de raison, en substituant au sens de l’intelligence de la nature, de l’origine ou de la finalité de l’action accomplie librement, la nécessité impérative et contraignante de ces inclinations.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui, alors qu’ils traitent leurs semblables en paresseux, s’avèrent eux-mêmes trop oisifs pour connaître en quoi leur jugement à leur égard est téméraire et injuste.» — Plérôme.

«L’esclave n’est jamais suffisamment zélé ou appliqué afin de servir le loisir d’un maître excessif et tyrannique.» — Plérôme.

«La fatalité est le sort que l’on éprouve, quelque soit l’effort apporté pour se le mériter et se le rapprocher, s’il est favorable — en lequel cas on le nomme la chance (ou la bonne fortune), et la grâce, lorsqu’elle implique l’intervention bienveillante d’une conscience ou d’une volonté distincte de la sienne propre —, ou pour ne pas en démériter et se l’éloigner, s’il est défavorable  — en lequel cas on le nomme la malchance ou encore la malice, dans le cas contraire d’une action délibérée et malveillante —.» — Plérôme.

«La vertu est un état qui, dans sa spécification et son orientation adéquate à une situation, conditionne la nature morale de la volonté qui est productrice de l’acte et, dans la liberté de la conscience, elle entre en communion avec l’Être Suprême qui en est la source, le principe, l’origine et la réalisation ultime.» — Plérôme.

«La seule manière logique d’aborder le problème du mal «sans visage», c’est-à-dire du mal qui se commet de manière occulte et anonyme, c’est d’enquêter et de découvrir quels en sont la source, la cause et l’agent véritable, de sorte à pouvoir apporter le remède qui est adéquat au défaut qu’ils occasionnent et qu’ils propagent.» — Plérôme.

«L’écart qui s’établit entre l’être et le devoir-être requiert, pour qu’il se produise, une action — initiée individuellement ou accomplie collectivement — qui est dépréciatrice de l’être existant et/ou une inaction qui est auxiliaire du mouvement par lequel l’être en vient à déchoir; et, pour qu’il disparaisse, une action rédemptrice de l’être existant sous son état diminué et/ou une action associée, d’une envergure suffisante, qui produit un effet donnant sens et renforcement à ce rétablissement.» — Plérôme.

«Le mensonge, comme la ruse, ne sont qu’une tactique comme une autre, dans l’exercice, le maintien et la conservation du pouvoir et, s’ils dénotent une forme d’inventivité dans la poursuite de ces fins, ils ne sauraient illustre, soit la sublimité de l’idéal moral qui le fonde, soit la forme supérieure de la créativité morale requise afin d’en témoigner.» — Plérôme.

«Un pays qui possède une police secrète dont on sait qu’un tel appareil de contrôle social, légal et moral existe, ne peut plus prétendre, en toute logique, que cette police est secrète; et, en supposant qu’une telle police puisse prétendre exister, elle suppose, afin de l’encadrer, un appareil judiciaire tout aussi secret, autrement cette police se donnerait à elle-même sa propre loi qui, ne possédant aucun critère extérieur à ses raisons pour la valider, serait à la fois suprême et arbitraire, par rapport aux autres institutions sociales, tout en demeurant largement ignorée de la population qui en serait les sujets et les «bénéficiaires» de ses actions, d’où procède la notion et, lorsque formulée, l’idée d’un État séparé, parallèle et subsumant que régissent des valeurs et des principes et des valeurs dont la qualité morale sont les seuls garants de sa valeur réelle: la distinction que fait Augustin entre la Cité de Dieu et la cité terrestre, comme celle, plus traditionnelle et primordiale, entre les fils de la Lumière et les fils de ce monde, illustrent cette dichotomie axiologique, politique et métaphysique qui se fonde sur la notion d’une lutte entre les forces du bien et celles du mal.» — Plérôme.

«Lorsque le meilleur qui est exprimé en soi interpelle à rencontrer la reconnaissance et la gratitude de ses semblables, à tous les plans où il est convenu de les exprimer, plutôpt qu’une simple appropriation, par la ruse ou par la force, du fruit de l’effort qui le révèle, seulement alors est-il possible de voir en la mutualité de cette relation l’expression d’une égalité véritable, fondée sur l’amitié, la dignité, l’amour, la chaleur, la spontanéité et le respect, et non pas seulement sur un formalisme convenu et superficiel que prescrit un canon de la civilité qui est propre à l’idée de la culture et de la civilisation.» — Plérôme.

«Toute action, comme tout effet, sont ultérieurement imputables à une puissance dont la nature et la qualité de la moralité — en termes des idées-valeurs transcendantes du bien, du beau et du vrai — se trouvent réflétées dans le genre, l’intensité, la raison et la fin qui les caractérisent.» — Plérôme.

«L’on parle du préjugé comme étant quelque chose d’exceptionnel et a priori répréhensible alors qu’en réalité, il est un fait de l’existence fondé sur l’expérience et constitue un savoir que l’on tient — à tort ou à raison — pour être vrai , une croyance qui sert de fondement à la perception et à l’action qui sont constitutives des expériences subséquentes ainsi que des connaissances qui en procèdent; par ailleurs, celles-ci sont toujours aptes à être examinées, à l’aune des trois idées-valeurs transcendantes du bon, du vrai et du beau de sorte à recevoir, sous le regard de la critique qui les conserve comme étant sûres ou qui les question comme étant douteuses, soit un assentiment total, comme étant éminemment valables, soit un assentiment équivoque, comme pouvant être plus complètement conformes à ces idées-valeurs, en étant éprouvées au creuset d’expériences futures, soit un rejet catégorique, comme étant indignes de fonder des jugements der la conscience, et des actions qui en procèdent, au plan moral (axiologique), épistémologique (apodictique) et/ou esthétique (épidictique).» — Plérôme.

«Ce qui distingue fondamentalement la sauvagerie et la barbarie, c’est que celle-là n’a pas encore découvert la valeur rédemptrice que comporte l’amour pour l’humanité alors que celle-ci cherche le salut d’icelle dans le divorce qu’elle impose à la conscience, dans son rapport avec l’existence, entre la sublimité et la profondeur de l’amour, vécu de manière complète et authentique, et les autres idées-valeurs de l’existence, connues intellectuellement et rationnellement, entourant la préservation, la diffusion, la conservation et la perpétuation de la vie, indépendamment d’une moralité adéquate qui en admet l’importance et le caractère essentiel et qui a défini la voie infaillible de la garantir et de la protéger.» — Plérôme.

«Un narratif peut se concevoir en plusieurs sens, parmi lesquels il y a le propos qui se forme afin d’exprimer la compréhension que l’on acquiert d’une chose, lequel renvoie au mystère des choses et à l’improbabilité d’en saisir complètement l’essence, mais aussi celui qui se forme afin de se donner, et aussi à autrui, l’illusion que l’on comprend les choses afin de pouvoir justifier — pour soi et pour autrui — l’attitude que l’on adopte à leur égard, lequel renvoie à la dimension sociale de la réalité.» — Plérôme.

«Pourrait-on concevoir la philosophie comme étant la science des sciences ? Et la théologie comme étant la science des principes divins, puisqu’ils sont premiers et qu’ils servent à dériver tous les autres principes fondamentaux de l’intelligence, de la raison, de la conduite et de l’action ?» — Plérôme.

«À ceux qui se plaisent à leur état, sans égard pour la justice d’une excellence qui est au-delà de celle qui fait l’objet de leur satisfaction immédiate, le devoir-être peut leur sembler être une idée gratuite et superflue; à ceux que leur état rend insatisfait, en raison de l’insuffisance de la bonté d’une justice objective qui n’est pas adéquate, il est une notion pressante et nécessaire.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui élèvent l’inessentiel en essentiel afin de mieux exclure ceux qui ne partagent pas leur sens axiologique et le champ de leurs priorités morales et, ce qui est peut-être pire encore, de leur imposer une peine injuste qui éventuellement conforte leur sensibilité et leur pudeur particulières, mais qui rend un tort profond à certains individus et à certaines classes de la société.» — Plérôme.

«Le comble de l’égoïsme: tout ce qui appartient à autrui appartient à soi également, mais tout ce qui appartient à soi n’appartient qu’à soi uniquement.» — Plérôme.

«La puissance de Dieu façonne l’homme ainsi que la femme à son image, qui est également celle d’un Être créateur et libre: ainsi, autant l’homme que la femme ayant intériorisé la volonté divine, et choisi en conscience de vivre en conformité avec elle, tous deux se façonnent intérieurement selon l’image qu’ils possèdent de l’imago divine originelle, chacun selon leur nature humaine commune et leur qualité générique distinctive, de sorte que, une harmonie et une continuité existant entre l’imago primitive divine et la représentation qu’ils en réalisent, l’homme, devenu père, et la femme, devenue mère, deviennent en leur progéniture la condition d’une génération humaine qui soit la plus accomplie et la plus achevée possible, dans la liberté plénière et mutuelle de tous les participants — Dieu (Deus) et l’homme (homo); l’homme (vir), la femme (mulier) et les enfants (pueri) — à ce projet grandiose.» — Plérôme.

«Le pouvoir, étant l’illustration d’une puissance, n’est en soi ni répréhensible, ni contestable, mais il est susceptible de le devenir, en raison de l’usage imparfait, incomplet ou vicié, que l’agent qui l’illustre peut en faire, qu’il procède qu’une imperfection qui est commune à l’époque en laquelle il s’exerce ou qu’il illustre l’inaccomplissement individuel, familial, social ou culturel de la conscience morale qui le détient.» — Plérôme.

«Si l’on ne peut voir en le mensonge un mal-en-soi — et il existe des situations où le mensonge peut être justifiable et excusable, ou à tout le moins le recours à cet expédient être humainement compréhensible, ce qui porterait à regretter que de telles situations malheureuses puissent exister et à vouloir en empêcher l’apparition  —, peut-être pourrait-on en évaluer la désirabilité selon l’effet qui résulte de sa production et la qualité du bien objectif qui peut résulter de son énonciation.» — Plérôme.

«En règle générale, les croyances sont reçues et elles se transmettent sous l’effet de la confiance et de l’habitude, mais lorsque la croyance est acquise et qu’elle est le résultat d’une conviction spontanée qui est associée à une expérience unique, remarquable et fortuite, elle est souvent alors le produit d’une conclusions qui s’impose invinciblement à la conscience comme étant non seulement certaine et indubitable, mais aussi le résultat d’un cheminement intellectuel et moral que naturellement toute personne serait susceptible d’effectuer dans les mêmes circonstances.» — Plérôme.

«Le droit est beaucoup plus qu’une théorie de l’ordre social, susceptible de cautionner et de sanctionner toutes les formes que peut prendre l’amoralité, jusque dans l’expression outrancière de l’immoralité vers laquelle elle peut dévoluer, en raison du bien que représente la vie et la puissance déliquescente de ces états négatifs sur les conditions et les vertus qui en représentent l’actualisation et la plénitude.» — Plérôme.

«L’influence ultime de la femme trouve son siège dans l’intimité des son sentiment et de sa pensée, telle que cette intériorité se révèle dans ses conduites (son propos, son apparence, ses actions, ses préférences, son style d’être, son parler et ses choix de vie).» — Plérôme.

«L’égalité, considérée à la lentille de l’égoïsme et de l’amour désordonné de soi, devient alors le leitmotif de l’exhaussement de soi, sous prétexte implicite que non seulement elle y autorise, mais qu’elle l’ordonne et le sanctionne.» — Plérôme.

«C’est lorsque les temps sont difficiles et éprouvants que l’on découvre les amis que l’on croyait avoir et ceux que l’on ne savait pas que l’on avait.» — Plérôme.

«La bourgeoisie matérialiste s’est donné un état «parfait» au moyen de la violence révolutionnaire et, se complaisant en cette perfection qu’elle a imaginée comme étant ultime et sans possibilité d’amélioration possible, dans le concept qu’elle a produit, lui-même étant déterminé par la nature inerte de la matière qui le conditionne, et satisfaite de l’aisance, du confort et du plaisir esthétique qu’elle en retire, elle s’autorise à une suffisance qui la rend imperméable aux injustices qu’elle perpétue et aux souffrances indues qu’elle cause, sans vouloir comprendre qu’il existe bien une perfection supérieure à celle qu’elle a voulu réaliser et elle se situe ailleurs que dans le matérialisme, le sensualisme, l’hédonisme et le rationalisme qu’elle préconise.» — Plérôme.

«L’amour organique qui lie deux âmes qui s’aiment est à ce point intégral que sa rupture, qu’elle soit issue délibérément du libre arbitre, qu’elle trouve son origine dans les mobiles obscurs du subconscient ou qu’elle soit commandée par la force irrésistible des circonstances, résulte en un vide essentiel qui cherche à être comblé par le désir dans l’âme et dans l’esprit, à chaque instant de leur vie affective: tel est le principe psychologique à la base de l’érotomanie.» — Plérôme.

«Le trait dialectique qui caractérise les cultures existentielles mondiales depuis des temps immémoriaux, et pouvant fonder la métaphysique occidentale, alors qu’il constitue, avec le mal qui s’oppose au bien et la mort qui nie la vie, une des dualités fondamentales de la vie de l’esprit, c’est l’anti-érotisme qui s’oppose à l’érotisme et dont Empédocle fait l’expression, dans sa physique, avec son opposition de la haine et de l’amour.» — Plérôme.

«La trinité révolutionnaire, dans l’histoire de la France: Danton, le rhéteur; Marat, l’idéologue; et Robespierre, le stratège.» — Plérôme.

«Voler, tricher, mentir: les trois piliers d’une moralité fondée sur l’intérêt exclusif de soi.» — Plérôme.

«Le droit à l’incroyance repose sur un fond de croyance et, inversement, le droit à la croyance suppose la prédominance de l’incroyance et, en cela, cette opposition reprend celle qui existe entre l’ignorance, qui énonce l’opinion fantaisiste et donne lieu à la superstition, et la science, qui produit le savoir fondé et ouvre sur la connaissance: ainsi, la question devient, pour l’une comme pour l’autre antithèse, s’il vaut mieux privilégier l’incroyance ou l’ignorance sur la croyance ou la connaissance; pareillement, il s’agira de comprendre quelles sont les causes de l’incroyance et de l’ignorance comme d’appréhender quelles sont les sources de la croyance et de la connaissance, comme également de la vérité qui devient le garant de leur valeur.» — Plérôme.

«L’enfant est le constant rappel que, lorsque l’on aime quelqu’un, ce n’est pas uniquement pour ce qu’il a été, ou pour ce qu’il est toujours maintenant, mais aussi pour ce qu’il devient.» — Plérôme.

«Dans la société que l’on médicalise, que l’on forme sur le modèle du vivant qui n’est plus qu’un malade en état de survie, chacun de ses membres est un patient en attente de recevoir un jour des soins et chacun des fonctionnaires est l’ersatz et la préfiguration du médecin.» — Plérôme.

«Devant les adversité inévitables et incontournables de l’existence, seul le courage qui est démontré à les surmonter constitue la solution adéquate à savoir les surmonter.» — Plérôme.

«“ ...alors Satan entra en lui [Judas]” (Jean 13, 27) — Doit-on comprendre par là que toutes les promesses que fit Satan à Jésus, pour lui persuader de l’adorer, seraient dévolues à Judas, dans l’esprit du Prince de ce Monde, afin de le récompenser de sa trahison ?» — Plérôme.

«Peut-on assez louanger et se montrer reconnaissant de la générosité sincère et désintéressée qui est témoignée à l’égard de son ou de ses semblables ?» — Plérôme.

«Le féminisme, c’est l’homme qui devient le faire-valoir de la femme.» — Plérôme.

«Ahriman est le premier à avoir découvert et poursuivi la commission du tort, i.e. la faute comme dérogeant à une intelligence, individuelle et personnelle, de la notion de la perfection dont elle appréhende subjectivement l’essence, pour en dénoncer par conséquent la dérogation même peccamineuse: voilà un sens possible du proverbe anglais — “The devil is in the details”.» — Plérôme.

«Dans l’acception courante, l’hypocrisie consiste en l’art de feindre la sincérité et l’authenticité afin de poursuivre un but ou une fin que l’on ne saurait ouvertement avouer, soit qu’ils seraient moralement répréhensibles, soit qu’ils contrediraient des fins ou des buts différents, soit qu’ils soient exclusivement préoccupés par la promotion et par l’avancement d’intérêts particuliers, sans égard pour ceux d’autrui, et elle caractérise toujours un intérêt belliqueux plus ou moins larvé et plus ou moins justifiable, selon que le but ou la fin poursuivis sont honorables ou condamnables: à un plan moral, la question qui se pose est celle de savoir si l’hypocrisie est en soi défendable ou s’il vaut mieux être en tout temps, pour une conscience pure et sans reproche,  sincère et authentique, peu importe ce que serait la conséquence d’une attitude contraire.» — Plérôme.

«Vouloir nier Dieu, ce n’est pas seulement refuser de reconnaître Son existence, c’est aussi vouloir effacer la preuve de celle-ci, dont la nature, et en particulier l’être vivant et en particulier l’être humain, sont le témoignage le plus éloquent: or, une telle entreprise relève de l’absurdité puisque le négateur de Dieu, étant aussi un homme, ne saurait désirer sa propre origine et sa propre fin, et donc profiter pleinement de la nature et de la civilisation qui se construit sur elle, en pleine reconnaissance de ce principe, d’où la position que prend celui-ci en faisant comme si (as if, als ob) elle n’a ni cause, ni agent suprême qui en soient les principes originels.» — Plérôme.

«Un crime, pour être “parfait”, n’en reste pas moins un crime: et s’il est jugé “parfait”, c’est qu’il n’a pu être empêché et que ses agents sont susceptibles d’échapper à la détection, à l’identification et à la rétribution qu’en raison de leurs actions, ils se sont mérités, soit parce que les indices de leur forfait ont échappé à la vigilance des témoins (ce qui révèle le génie maléfique de l’agent), en raison de la subtilité de l’effet de leur conduite et de leur présence, soit que ces témoins, entrevoyant le méfait, se sont montrés impréparés ou peu disposés à le prévenir ou à le relever (ce qui témoigne de l’impuissance ou de la complicité tacite des témoins, quand il ne s’agit pas tout simplement de lâcheté).» — Plérôme.

«Comment des règlements et des politiques qui, ne poursuivant a priori aucun dessein pervers, peuvent résulter en des effets délétères, si ce n’est qu’en raison de la rigidité des institutions qui les appliquent, de l’imperfection des perceptions, des prévisions et des jugements des consciences qui les forment et de l’impréparation à considérer et à corriger les déviations qu’ils engendrent, lorsqu’ils se manifestent à la conscience de la société et des autorités qui la conduisent ?» — Plérôme.

«Lorsque la conscience collective est préoccupée uniquement par le maintien du statu quo, par la préservation de l’état actuel en lequel se trouve la société qui le génère, les discours s’interpréteront uniquement en termes d’une validation ou d’une infirmation de ses principes, quelles que soient autrement la valeur, la pertinence ou la qualité du propos qui est exprimé, de sorte qu’il en résulte que soit il est censuré comme portant préjudice aux générations futures, soit il est préservé comme étant apte à les inspirer, mais jamais ils ne seront cautionnés comme étant aptes à promouvoir le principe de l’évolution qui est au cœur de toute vie, biologique ou sociale, sauf dans le sens restreint où il est préalablement prescrit et sur lequel se fonde l’actualité de l’état social.» — Plérôme.

«Telle nature, qui est dite mauvaise, commet le mal en raison de la gratification immédiate qu’elle en reçoit, souvent sans égard aux conséquences, et révèle une inconscience et un manque de prévision et de jugement; telle autre nature, qui est dite méchante, commet le mal en tirant sa gratification premièrement des conséquences malveillantes qui s’ensuivent et souvent d’autant plus que celles-ci sont importantes et pénibles à supporter pour ses victimes et ses patients, en révélant ainsi une cruauté et une malignité patentes.» — Plérôme.

«L’intelligence est la faculté qui interprète la réalité des expériences, qu’elles trouvent leur origine dans le milieu interne et ressenti ou dans l’environnement sensible et empirique, en vue de servir l’actualité et l’avenir de l’état de la personne, à la fois dans son implantation dans le monde et dans l’amélioration des conditions qui augmenteront son bien-être et son bonheur: c’est, par conséquent, au plan politique, à l’intelligence de ses compatriotes que l’on doit s’adresser afin d’éclairer les attitudes individuelles et de persuader l’effort collectif qui, eu égard à l’expérience commune et partagée, créera la culture qui optimisera les circonstances et les situations, et maintiendra les idées et les valeurs correspondantes, de manière à en apporter la perpétuation et la pérennité dans le temps ainsi que la communication et la diffusion dans l’espace.» — Plérôme.

«L’histoire saisit et relate les faits, autant dans leur singularité que dans leur interaction dynamique, aussi objectivement qu’ils puissent être constatés par un observateur impartial, mais c’est l’intelligence de l’esprit qui en interprète les significations, les raisons, les directions, les finalités, les principes et, ultérieurement, les intentions.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui nomment “don” ce qui est en réalité un vol, non seulement afin de masquer le délit, par cette transformation et cette déformation sémantiques, mais peut-être aussi pour ne pas avoir à exprimer de reconnaissance et de gratitude à l’endroit de celui (ou de celle) que l’on rend victime de ce dol.» — Plérôme.

«Les anciens s’autorisaient à philosopher suite à l’accomplissement d’une expérience de la vie dont ainsi ils en interprétaient les significations; les modernes, à réfléchir sur l’expérience de la vie telle qu’elle leur apparaît afin de mieux préparer celle qu’ils vivront éventuellement et subséquemment: mais peu importe la direction empruntée, l’une mène nécessairement à l’autre, puisque toute expérience vécue appelle à une réflexion qui en interprète les significations comme toute expérience que l’on se prépare à vivre suppose une préparation qui permette de l’accomplir avec prudence, l’attitude moderne appelant l’attitude philosophique ancienne et l’attitude ancienne produisant l’attitude philosophique moderne.» — Plérôme.

 «L’anonymat et l’impersonnalité sont la bénédiction de l’ingratitude, en raison à ni ne pouvoir (suite à la dépersonnalisation conséquente), ni ne devoir (vue l’anomie subséquente) en témoigner, pour celui qui est disposé à illustrer cette qualité.» — Plérôme.

«La seule société bien ordonnée qui est justifiable se fonde sur le doit qui fait la promotion effective de la justice, estimable à la lumière des idées-valeurs transcendantes du bien, du vrai et du beau.» — Plérôme.

«La conspiration la plus difficile à contrer, pour un État politiquement sain, consiste à encourager chez chacun des complices la commission, dans la clandestinité, d’une action subversive, importante et significative, pour ensuite se ranger parmi les conformistes, dans l’attente de constater les fruits de son effort comme aussi ceux qui résulteront du cumul des efforts semblables, en espérant que cette action concertée ne sera pas éventée, ni que leur contribution particulière à son déroulement ne sera pas découverte.» — Plérôme.

«Dans la politique, l’argument ad hominem devient souvent l’ultime recours devant une position intellectuelle irrecevable ou un changement inacceptable, sans qu’il n’apparaisse pratique, convenable, imaginable, concevable ou même possible, de formuler un contre-argument adéquat, équivalent ou meilleur.» — Plérôme.

«Il est facile d’attribuer à un auteur un propos qui ne fut jamais prononcé ou une opinion qui ne fut jamais partagée par lui, pour ensuite en démontrer la fausseté et, à vrai dire, une telle pratique requiert une imagination débordante et admirable, mais elle ne saurait convenir à un esprit épris de justesse et de droiture, enclin à donner à ses semblables, le plein crédit de leur pensée et de leurs actions.» — Plérôme.

«À tout seigneur, tout honneur ! : le contrat social implicite consiste en ce que chacun, en œuvrant à fonder la société sur le droit et sur la justice, pourra compter sur la reconnaissance désintéressée de ses semblables ainsi que celle de l’autorité légitimement constituée, d’y avoir ainsi concouru, de manière significative et proportionnelle à ses moyens, avec générosité, constance, persévérance et sincérité.» — Plérôme.

«L’anarchisme métaphysique consiste à accorder aux champs sémantiques qui tombent sous son influence des significations contraires à celles qu’il conviendrait de leur apporter (v.g. définir la haine par l’amour, la mort par la vie, le vice par la vertu, et l’inverse) pour ensuite ériger en  modèles les représentations qui illustreraient ce renversement.» — Plérôme.

«En période d’hystérisme collectif généralisé, que caractérise une préoccupation excessive, pour ne pas dire unique, avec la valeur matérielle, devenue le fétiche de la sécurité physique, au détriment de la croissance spirituelle et du dévbeloppement moral, seule une anamnésie générale, accompagnée d’une catharsis commune peuvent rétablir la progression saine de l’ensemble, mais leur production devient d’autant plus difficile, et le terme de la fin espérée et recherchée d’autant plus éloigné que l’inconscient collectif offre une résistance importante et viscérale à la vérité, autant celle qui résulte de l’inspiration lucide et éclairée comme de l’effort constant et persévérant du chercheur sérieux que celle qu’il parviendra à énoncer et exprimer avec les moyens qui lui fournissent la raison (analytique et synthétique, inductive et déductive), l’imagination historique et mythologique et la sensibilité aux mouvements et aux états de l’âme collective.» — Plérôme.

«C’est l’inconscience qui empêche le sujet conscient de connaître quelle est son essence véritable, autant dans sa nature profonde que dans l’étendue de son expression; c’est l’inauthenticité qui caractérise le sujet moral, lorsqu’il désire, ni d’en réaliser toutes les virtualités, ni d’en assumer toutes les responsabilités et elle peut même aller jusqu’à usurper l’identité d’un tiers afin d’en actualiser l’inaccomplissement.» — Plérôme.

«La faculté de l’introspection est certes une qualité très désirable, en ce qu’elle permet de découvrir en soi, par la réflexion, la méditation et la critique, les ressources qui, une fois libérées, mèneront à la transformation désirée des situations problématiques ou encore à celle des dispositions de la conscience individuelle qui les engendrent ou qui contribuent à leur conservation et à leur perpétuation, mais elle repose avant tout sur une disposition désintéressée qui se fonde sur un sentiment de l’équité et une idée de la justice que l’on reconnaît être universellement présents en toute conscience humaine et de l’intérêt, existant en chacune d’elles, à en favoriser généralement la promotion et la défense, comme étant essentielles à une vie saine et équilibrée, à l’intérieur d’une société harmonieuse et juste.» — Plérôme.

«Il est irréaliste d’évacuer complètement l’histoire, comme certaines souhaiteraient le faire, pour se situer uniquement dans le présent afin de faire l’expérience des situations et des circonstances qui se présentent à la conscience puisque, sauf à invoquer une agence mystérieuse et énigmatique pour les faire toutes surgir spontanément, tout événement suppose un avènement, et par conséquent un ordre de causes successives et d’agences qui le produisent, celles-ci étant également issues d’un contexte spatio-temporel qui est étranger au présent qui les accueille et qui en constitue le champ de l’expérience. § Mais le regard de la conscience qui le considère et qui en apprécie les principes et les fins, la valeur et l’importance, la raison d’être et la signification, accomplit spontanément cette action du point de vue du sujet qui le subit et non pas de celui de l’agent qui le cause et, en raison de l’écart spatio-temporel qui existe entre la cause historique et son effet ultérieur, les motifs qui président à la causation de l’événement échappent totalement aux consciences pour lesquelles il constitue un fait accompli, sauf si un effort est fait de s’extraire, par la pensée, la réflexion, l’analyse et la théorie, du moment immédiat de l’expérience qui se vit afin de se situer au moment effectif de l’expérience qui se constitue afin de comprendre quels en sont les ressorts et les conditions. § Seulement alors, le présentisme de l’analyse historique, centré sur l’actualité de l’expérience subie, peut-il se transformer en perception objective de l’histoire en opérant, au moyen de l’imagination, un transfert du champ de la conscience vers les époques et les lieux, les sociétés et les cultures, en lesquels l’expérience s’est constituée afin de comprendre le milieu en lequel s’est accomplie cette génération et d’interroger les conditions grâce auxquelles cette genèse a pu se réaliser.» — Plérôme.

«L’esprit d’une époque conçoit et définit tout ce qui survient — les situations, les circonstances, les événements et les entités — en fonction des idées qui sont prévalentes à ce temps, de manière à constituer une Weltanschauung qui la distingue de celles qui appartiennent aux civilisations qui existent en simultanéité, qui ont existé dans le passé et qui se révéleront dans l’avenir, une manière basique de la comprendre et de les expliquer et qui même peut servir à les caractériser et à les identifier, si un soin particulier n’est pas pris à en saisir l’originalité et la distinction propres à leur essence singulière.» — Plérôme.

«La ponctualité est la politesse des rois comme l’hypocrisie est celle des manants impies et des vauriens infidèles.» — Plérôme.

«Le futur réalisé est l’utopie du moment actuel.» — Plérôme.

«L’empirisme radical a réduit l’univers à n’être plus que l’évidence sensible des choses, répondant aux sensations externes et aux sens intérieurs (du mouvement et de l’élan vital), plutôt qu’il n’en est l’intuition de l’essence et la participation de l’âme, comme de l’esprit, à celui-ci.» — Plérôme.

«Quant au jugement, dont l’énonciation est l’expression, qu’il procède de l’intelligence de soi ou de celle d’autrui, le processus critique qui en estime et en évalue le contenu le situera sur deux axes: l’accord ou le désaccord, selon que l’esprit considère que l’affirmation (ou la négation) est vraie ou fausse; et l’assentiment ou le dissentiment, selon que l’âme trouve un plaisir ou un déplaisir à le découvrir; de sorte que tout jugement représente un complexe qui suscite, tantôt l’accord et l’assentiment (il me réjouit d’apprendre que X, où X est une proposition vraie); tantôt l’accord et le dissentiment (cela m’attriste de savoir que X, où X est une proposition vraie); tantôt le désaccord et l’assentiment (il me plaît de songer que ~X, où ~X est une proposition non-avérée, soit qu’elle fût invérifiable, qu’elle fût mensongère, qu’elle fût illusoire, qu’elle fût hypothétique, qu’elle fût simplement approximative ou encore qu’elle fût manifestement fausse); tantôt le désaccord et le dissentiment (il me désole d’imaginer que ~X, où ~X représente le type de proposition précédente), ainsi que les situations et les circonstances qui correspondent à cette typique.» — Plérôme.

«Le jeu politique consiste à exagérer, jusqu’au point de la caricature, le trait qui déplaît chez autrui et de le transformer en un tort impardonnable, alors que l’on amplifie chez soi, jusqu’au point de l’angélisme, les qualités et les aspects qui pourraient susciter le désagrément des adversaires: le risque couru alors, c’est de voir, contre tout souci de vérité et toute justice, en la caricature, une représentation adéquate de la réalité et, en l’idéalisation de soi, autre chose qu’une image artificielle et onirique. » — Plérôme.

«Il y a les jeux de la vie par lesquels le sujet moral, afin de faire valoir sa supériorité, et ainsi son aptitude à se mériter la palme de la vie, autant avec la continuité de l’existence qu’avec la qualité que peut prendre celle-ci pour lui; et puis, il y a le jeu qui consiste à croire et à vouloir faire croire qu’aucun tel jeu n’existe, une position qui n’est pas a priori fausse, dès que le sujet moral découvre sa valeur et sa dignité dans l’authenticité de son être et dans la confiance en la puissance de la vertu à justifier son mérite, autant devant l’humanité consciente que devant un Être suprême et tout-puissant dont la plénitude de la bonté est elle-même le gage de son existence (comme l’ont pressenti saint Bonaventure et, avant lui saint Anselme, avec l’argument ontologique) et de sa solidarité, dans la justice, avec les êtres vivants, pareillement constitués.» — Plérôme.

«Le paradoxe de la philosophie, c’est qu’elle doive trouver ailleurs que dans sa propre substance la matière qui constitue l’objet de sa dilection et de son action (c’est-à-dire la réflexion) puisque, étant un amour de la sagesse, elle ne prétend pas être la sagesse qu’elle désire et qu’elle aime et que, par conséquent, elle doive chercher ailleurs que dans son propos et dans l’expérience qu’il contribue à façonner les modes exemplaires de la qualité et de l’état qui l’inspire ainsi que de son illustration et de son expression.» — Plérôme.

«Si les absents on toujours tort, comme l’affirme le dicton, c’est que leur image et leur représentation prête le flanc à toutes les projections diffamantes et à toutes les accusations iniques, susceptible de disculper ceux qui ont un intérêt à les soumettre à un tel traitement, sans qu’ils n’aient la possibilité, ni de se justifier, ni de se défendre, ni même de prendre conscience ders propos préjudiciables auxquels ils sont assujettis et que l’on impute sans critique ni contestation à la bonté de leur caractère.» — Plérôme.

«Une médecine qui se concentre uniquement sur l’atténuation des symptômes et, éventuellement, sur leur disparition, sans s’intéresser à leur cause profonde, ni même à s’interroger sur la possibilité qu’elle existe et puisse se laisser découvrir, peut se comparer à un maître-menuisier qui, apercevant tous les clous tordus et crochus qui parsèment les planches et les poutres d’un chantier, demanderait à ses compagnons de tous les enlever, sans chercher à éduquer les apprentis qui les y ont affixés sur la technique de l’utilisation et du maniement du marteau.» — Plérôme.

«La tendance à la discrimination n’est pas un phénomène rare à l’intérieur de la société, puisqu’il s’articule autour de deux pôles: la distinction qui repose sur un sentiment de supériorité, fondé sur la dignité que confère l’adéquation entre le soi que la conscience réalise et la puissance du soi qui est apte à être réalisée et qui prétend en dicter à l’ensemble social; et le désir de solidarité qui est issu d’un besoin de sécurité, qu’aucune influence égocentrique et qu’aucun événement inattendu ne seraient aptes à compromettre et à ébranler; ainsi se révèle-t-elle activement dans la recherche des raisons qui permettraient d’anticiper qu’ils seraient passibles d’être compromis, laquelle pourrait aller, lorsque la méfiance est exacerbée, jusqu’à l’invasion de la vie privée et le déni des droits civiques les plus fondamentaux, dans la recherche des motifs occultes et des raisons cachés qui pourraient justifier cette initiative heuristique, motivée qu’elle est par les valeurs de la survie et du maintien de l’excellence de l’image sociale qui en fonde la préservation.» — Plérôme.

«L’on pourrait croire évident que plus une chose, un principe ou un propos, sont vrais, plus les mystères qu’ils dévoilent et les arcanes qu’ils révèlent seraient accueillis avec enthousiasme et bonne foi: or l’histoire nous permet d’apercevoir que souvent le contraire se produit, que les révélations les plus justes et les plus profondes, gouvernant la nature spirituelle et l’essence métaphysique de l’univers, lorsqu’elles touchent l’immédiateté de l’expérience humaine, par les conséquences morales issues de leur substance, sont rarement estimés acceptables par l’autorité constituée qu’elles ébranlent, en même temps que les fondements épistémologiques de leur existence, et deviennent souvent l’occasion de lancer des attaques ad hominem générales et importantes.» — Plérôme.

«La calomnie dont on réussit à convaincre les auditeurs de la vérité de ses allégations et de la sincérité désintéressée de ses prétentions, soit par une mise-en-scène habile, soit par un narratif convaincant assorti d’une comédie appropriée, devient alors le prétexte d’une rétribution dont la victime trouve en elle-même peu de ressources à s’en défendre, n’étant pas devenue consciente du mensonge qui la perd, des stratagèmes qui le répandent, de l’hypocrisie qui le rend encore plus crédible, ni et peut-être surtout de l’effort qui est dépensé à ne pas l’en informer, afin que son effet soit encore mieux senti, sans possibilité de riposte, lorsqu’il se produira.» — Plérôme.

«L’autorité constituée étant, d’un point de vue sociologique, une caractéristique nécessaire de tout ordre social organisé, dans l’accomplissement de la fin qui est inhérente à sa nature, et cet ordre ne pouvant exister indéfiniment au stade de la désorganisation, soit qu’il précède cette constitution, soit qu’il résulte de sa désintégration, elle peut être contestée, et le sera peut-être assurément, tant et aussi longtemps que ses membres n’auront pas identifié, parmi ses rangs, un individu qui puisse la définir et l’incarner de manière irrévocable, incontestable et insurmontable.» — Plérôme.

«La quête de l’authenticité constitue le désir pour la personne de retrouver, par la conscience, le centre de son être, c’est-à-dire l’essence de son état ab origino, avant toute expérience, dans la plus pure de ses virtualités, tel qu’il est au moment original précis de son existence: l’inauthenticité consiste à prendre pour être l’expression inadultérée de cette essence qu’aucune expérience n’a formée, ni transformée, dans le plein épanouissement de ses possibilités, mais aussi qu’aucune situation ni inconstance n’ont dénaturée, ni déformée et elle s’exprime sous ceux formes majeures: l’inconscience de qui la personne est réellement, en raison des traumatismes, des crises et des chocs existentiels qui ont produit une amnésie profonde de ce souvenir primordial et des souvenirs subséquents pour la constituer telle qu’elle est devenue; et la mauvaise foi qui, se superposant à cette inconscience, voit en cet état de réalisation imparfaite non pas un aboutissement, mais un fondement inébranlable, et nie ainsi à ce centre vital une fluidité et une plasticité qui sont le moyen de l’adaptation de la personne comme aussi celui de l’entéléchie de son individuation, de sa perfection et de sa réalisation, propres à la singularité originelle qui la caractérise.» — Plérôme.

«Afin d’assurer son hégémonie, Thanatos prend toujours sur le terrain d’Éros et seul l’éternité et la toute-puissance de celui-ci peuvent constituer mystérieusement sa prédominance sur celui-là, à défaut de consentir à lui ressembler.» — Plérôme.

«Est-il possible de prétendre à une perfection que seul l’Être suprême de la Divinité peut incarner ? Comment alors légitimement s’enorgueillir de posséder une qualité réalisable seulement par cet Être unique et ineffable ?» — Plérôme.

«La discrimination sociale systémique se fonde sur un processus d’inclusion ou d’exclusion selon des critères arbitraires et artificiels, souvent fondés sur des apparences, qui sont estimés refléter la capacité d’un individu à intérioriser et à incarner les valeurs fondamentales et les conduites usuelles qui caractérisent et qui définissent la culture d’une société historique, d’où l’espace de plusieurs générations avant d’assurer que le processus d’intégration — et d’assimilation — à un centre axiologique culturel se soit effectivement opéré et maintenu.» — Plérôme.

«Tel groupe influent ou telle classe prédominante, à l’intérieur d’une société historique, illustre son intolérance à l’égard des groupes et des classes que marginalise la discrimination sociale et économique correspondante, souvent pour des raisons ethnocentriques, qui oblige à d’autres groupes, associations et classes moins influentes et moins puissantes, existant à l’intérieur de la société, à faire éclater leur propre intégrité et leur propre intégralité culturelle, pour ensuite faire reporter sur ces ensembles les imputations de bigoterie et d’étroitesse d’esprit, lorsqu’ils se plaignent du grand effort d’adaptation et d’intégration qui est moralement exigé de leurs membres et qu’ils protestent de l’atteinte radicale qui est effectuée à leur homogénéité sociale.» — Plérôme.

«Une fois l’œuvre de l’auteur en main, une fois que l’on dispose de la connaissance que l’on y trouve, une fois que l’on peut jouir sans entrave ni empêchement de son utilisation, l’auteur risque d’en devenir un élément négligeable.» — Plérôme.

«Dans le rapport qui existe entre l’homme et la femme, l’opposition n’est pas entre la sexualité qui dénote l’intimité et la chasteté qui exprime simplement la civilité, qu’elle soit ou non en attente du passage au plan d’une inclusion à l’intérieur de la sphère privée, mais entre l’amitié qui illustre la convivialité dans la complémentarité des cœurs, des esprits et des genres et l’amour qui manifeste la consubstantialité des personnes dans la fusion de leur âme et de leur corps, en vue d’une procréation qui accroît l’espèce humaine et l’enrichit d’une nouvelle présence.» — Plérôme.

«Éros / Antéros; Arès / Antarès; Iris / Éris.» — Plérôme.

«L’expérience de Socrate a illustré qu’il est possible de se montrer pleinement philosophe et être estimé, par les autorités, agir contre la philosophie; comme aussi elle montre combien il est facile pour un pouvoir de participer à un crime abominable, et même de le commettre, tout en exigent de la victime qu’elle endosse la responsabilité complète du sort qui lui est réservé.» — Plérôme.

«S’il est vrai que “la propriété, c’est le vol”, comme l’affirme Proudhon, c’est uniquement lorsque la chose qui est devenue une propriété fut appropriée d’un propriétaire originel soit par la ruse, soit par la force, sans faire l’objet d’un consentement de sa part et que, par conséquent, elle fut soumise aux impératifs déterminants d’une convoitise qui lui a nié toute légitimité et tout titre ou droit de propriété, telle une succession impeccable, l’échange équitable, ou un travail grâce auquel un sujet a pu la développer, la faire fructifier et lui conférer une valeur ajoutée.» — Plérôme.

«Serait-il juste d’affirmer, en général, que si l’homme a cessé d’être père, et que si la femme a cessé d’être mère, tous deux ont désappris à aimer pleinement, conformément à l’entéléchie de leur genre respectif ?» — Plérôme.

«Toute œuvre d’art, voire qu’elle fût éternellement et universellement belle, est jugée telle par l’esprit historique et culturel de la société à l’intérieur de laquelle elle a été produite, ce qui explique la perte de nombreuses œuvres irremplaçables, souvent par des autodafés qui en ont effacé le souvenir même, au nom de principes qui s’étaient imposés eux-mêmes à la culture, sans qu’ils ne soient aptes à se situer au plan spirituel et transcendant qui les auraient épargné de la barbarie, ayant occasionné pour elles un sort aussi déplorable.» — Plérôme.

«La destruction gratuite d’une œuvre d’art véritable — qu’elle soit réelle, comme dans le vandalisme, ou virtuelle, comme dans l’avilissement opiniâtré de sa valeur inhérente — est souvent l’expression du conservatisme de la décadence, c’est-à-dire d’une décadence dont l’entropie se veut préservée à tout prix par ses agents, en raison de l’intérêt qu’ils trouvent à en perpétuer le mouvement.» — Plérôme.

«Le mythe est essentiel à l’homéostasie de la conscience puisque, en créant un récit — sur le monde et sur ses habitants —, l’esprit collectif génère une représentation idéelle de la réalité, une construction imaginaire qui, en inspirant judicieusement les consciences, lui permettra de se situer face à elle: lorsqu’elle est idéale, elle lui offre un modèle qui peut faire l’objet d’une émulation et ainsi d’une réalisation à travers lui; lorsqu’elle est négative, elle lui présente un exemple qu’elle ne saurait vouloir imiter et qui lui permet de se valoriser en l’état qu’il actualise à ce moment précis de l’histoire et, par le blâme implicite ou explicite qui lui est adressé, s’exhausser à ses propres yeux et se mettre de l’avant face à ses congénères.» — Plérôme.

«Le principe de l’équité commande que les lois soient appliquées pour tous, non pas selon l’interprétation littérale du texte qui les révèle, mais selon l’esprit qui inspire l’intention qui justifie leur proclamation et la fin juridique qu’elles sont censées servir, fondée sur le principe de justice qui inspire leur formation: l’iniquité procède de ce que, soit qu’elles soient formées principalement, et contre les principes d’une justice fondamentale, à l’avantage des particuliers (les individus, les groupes, les associations, les classes, etc.) qui les établissent, les interprètent et les composent, au détriment des intérêts de ceux qui soient étrangers à cette action législative, soit qu’elles soient appliquées inégalement et privilégient, systématiquement ou exceptionnellement, lorsque les circonstances le commandent, ceux-là plutôt que ces derniers.» — Plérôme.

«Il semblerait parfois que la moralité, pour un grand nombre, consiste à choisir entre le moindre mal à réaliser, plutôt que le plus grand bien à accomplir mais, à l’intérieur d’un monde dystopique, il devient peut-être le meilleur choix qui est laissé à la conscience de pouvoir actualiser effectivement, en raison de l’anomie qui y règne, de la médiocrité morale qui y prévaut, laquelle voit une imposition indue et illégitime en tout effort obligatoirement requis afin de réaliser un dépassement de soi, et de la pauvreté de l’idéal réel qui est offert aux populations dans le gouvernement que les autorités font de leur conscience.» — Plérôme.

«La société inauthentique se constitue sur une mentalité collective où chacun cherche à paraître ce qu’il n’est pas et à ne pas paraître tel qu’il est, et en cela se distingue de la société authentique où le principe qui prévaut consiste pour chacun à paraître tel qu’il est et à ne pas sembler tel qu’il n’est pas: la conséquence de cette inauthenticité sera de ne pas reconnaître ceux qui mériteraient de l’être et de reconnaître ceux qui ne mériteraient pas de l’être et constitue une entorse à un principe de la justice fondamentale, qui consiste à savoir reconnaître ceux qui le méritent et à ne pas reconnaître ceux qui ne le méritent pas.» — Plérôme.

«Tout progrès suppose, non seulement une disposition chez l’agent moral à réaliser l’entéléchie qui est implicite dans l’achèvement de cette progression, non seulement la compétence de l’action qui contribue à l’apporter, mais encore la conjoncture adéquate des circonstances qui sont favorables à cette fin, y comprise la présence des ressources physiques qui sont nécessaires à cette réalisation et la coopération, en nombre suffisant, des collègues qui sont exigés afin d’accomplir le mouvement entrepris.» — Plérôme.

«On a beaucoup parlé du complexe d’Œdipe, selon lequel l’enfant tue son père et épouse sa mère, alors que ces événements, inspirés du mythe Grec du même nom, le parricide, suivi du mariage de la mère, opèrent fatalement, sans exercice de la volonté ou de la liberté, et fortuitement, en toute ignorance des enjeux réels, autant pour le “héros” du mythe que pour les protagonistes. § Afin de le rendre intelligible et pertinent à la réalité incestueuse dont il sert à expliquer le fait et l’opération et de le rapporter à la mentalité contemporaine, il fallait faire intervenir la coïncidence d’un lien affectif double et complémentaire, la rivalité du fils avec le père et l’attirance sexuelle pour la mère, d’où la version Freudienne du mythe qui, par l’improvisation créative requise afin de lui apporter une unité et une cohérence intelligibles pour l’esprit cultivé contemporain, devient en lui-même un mythe, par les ajouts qui en façonnent le récit systématique. § Mais il existe un mythe antique plus fondamental encore afin d’illustrer l’attirance du fils pour la mère et la rivalité avec le père, même s’il n’engendre aucun meurtre, mais seulement la mutilation du père et c’est le mythe de Kronos: peut-être même serait-il possible de voir en ce sacrifice la raison fondamentale de la scission qui s’est produite entre les Fils de la lumière et les Fils du monde et qui trouva sa résolution avec la guerre entre les dieux de l’Olympe et les Titans, tous étant les fils d’Ouranos.» — Plérôme.

[2022-02-22] Aucune raison n’existe a priori d’opposer le bonheur et la sécurité, de voir en l’un et l’autre de ces états une condition de l’exclusion de l’autre: ce n’est que lorsque l’on fait dépendre l’un sur l’autre, que l’on voit dans la sécurité une condition sine qua non du bonheur et une nécessité pré-existante à sa présence et à sa réalisation que le jugement fait erreur puisque le bonheur, caractérisant l’accomplissement moral de la personne, dans ce qu’elle peut offrir de meilleur et signifiant par conséquent le niveau de sa réalisation et le degré de sa perfection, conformément à sa nature, ne saurait dépendre de son niveau de sécurité afin de se manifester et pourrait même exiger, pour cela, que cette aisance et ce confort fût sacrifié en vue du meilleur bien qui pourrait en résulter pour elle.

En général, la faiblesse physique relative qui est propre à la constitution physique de la femme la porte à rechercher en la personne de l’homme un protecteur et un gardien qui puisse préserver sa sécurité; et lorsqu’elle ne sait, ou qu’elle ne veut, se fier en cette individualité afin de garantir cet état de sécurité et de quiétude, elle s’en fiera alors aux institutions sociales qui personnifieront, par leur mandat et leurs opérations, cette fonction existentielle essentielle pour elle.

C’est par l’exacerbation des attributs esthétiques accidentels et superficiels, plutôt que par le développement et la perfection des qualités et des vertus essentielles que la facticité et la superficialité des natures se maintiennent, au détriment de leur quintessence authentique et profonde et de leur entéléchie véritable.

Honte à ceux pour qui la loi, ce n’est plus qu’un instrument afin de déroger à l’esprit de la justice et du droit qu’une tradition culturelle et humaine millénaire a défini et s’est efforcé de mettre en œuvre au cours de son histoire.

Il s’agit de ne jamais oublier que la critique, aussi objective qu’elle se voulût être, part toujours d’un point de vue subjectif: car, quel que soit le critère extérieur à soi contre lequel mesurer l’objet sur lequel porte la critique, celui-là renvoie toujours à l’expérience qui permet à la conscience de le concevoir et de le définir et l’acte de la transcendance par lequel l’esprit atteint à sa notion n’est jamais entièrement affranchi des limites de la conscience, grâce à laquelle elle  formule, au moyen de l’intelligence judiciaire, la possibilité, l’actualité et la pertinence dudit critère au phénomène de l’expérience dont elle évalue la qualité et la perfection.

Certaines polices, en obéissant au principe du droit et en défendant la valeur de la justice, sont au service de la population et la protègent alors que d’autres polices, par nature intéressées, vénales et iniques, oppriment les sujet et les corrompent, soit passivement, en fermant les yeux sur des agissements qui servent leurs intérêts, soit activement, en faisant la promotion ouverte de ceux-ci par leurs propres agissements.

Le savant pressent combien peu il sait en sachant ce qu’il sait, en ayant œuvré fort afin d’acquérir ce savoir; alors que l’ignorant, contemplant le peu qu’il sait, accumulé au prix d’un effort minime, s’imaginent pouvoir s’enorgueillir de savoir beaucoup et de grandes choses.

Quel sentiment de la toute-puissance cela doit-il permettre de vivre que celui de mettre son semblable à nu, avec l’expérience de la vulnérabilité que cela suppose, sans se sentir l’obligation de se mettre à nu soi-même.

Autre chose est-ce de penser adéquatement le passé; autre chose est-ce d’appréhender avec justesse le présent; autre chose est-ce d’anticiper avec bonheur sur l’avenir qui se présentera: pourtant, peut-on nier que chacune de ces réalisations de l’esprit repose sur l’exercice d’une même faculté judiciaire, voire d’une manière qui est distinctive à chacune d’elles.

L’on pardonne plus facilement les fautes morales réelles que les impairs, même involontaires et parfois exagérés, à la convenance et la bienséance.

Lorsque règne la vertu, le péché tue l’âme qui le commet, le cas échéant, mais lorsque le vice exerce son hégémonie, il tue si on ne le commet pas.

La triple signification de l’expression «soma sema» trouve son unité selon qu’elle peut se considérer en regard des idées-valeurs transcendantes de la bonté — le corps comme tombeau —, de la beauté — le corps comme signe —, et de la vérité — le corps comme prison —.

Si impressionnant que fût le génie intellectuel pour la conduite de la raison et la gestion sensée de l’organisation physique de l’ordre social, il doit le céder à l’intelligence du cœur pour ce qui est de l’appréciation de la valeur morale des concitoyens et de l’intuition des compatibilités sociales qui fondent la cohésion et l’harmonie de la culture en laquelle il se manifeste.

Un des effets pervers de la philosophie de la liberté, lorsqu’elle omet de s’accorder une finalité et de tendre vers une perfection qui s’accomplit de mieux en mieux, c’est de consacrer l’état en lequel l’individu se complaît, sans l’appréciation morale, ni de sa qualité, ni de sa valeur, et de revendiquer le droit de toujours se maintenir en celui-ci, sans égard ni pour le bien servi en le conservant, ni pour celui qui serait servi, soit en le transformant, soit en recherchant un état alternatif, plus compatible avec cette fin.

D’un point de vue philosophique, le grand défi posé à l’État canadien sera de réconcilier ses deux idéaux fondamentaux: «la paix, l’ordre et le bon gouvernement» (l’article 9 de la Loi constitutionnelle de 1867) et «la vie, la liberté et la sécurité de la personne» (l’article 7 de la Charte des droits et libertés de 1982) et, de plus, les subsumer à une conception de la justice profonde et intégrale, qu’un droit adéquat pourra fidèlement interpréter et honnêtement faire appliquer.

La beauté est la cause de l’élévation de la matière vers ce qui en serait la perfection de la forme en vue de l’édification de l’esprit, comme elle est le résultat de cette action.

Tels sont ceux qui déshonorent leur victime et qui ensuite, en évoquant la décence bafouée au nom d’un faux sentiment de l’honneur, lui reprocheront la déchéance qu’elle aura subie à leurs mains et la chute morale qu’elle a été entraînée à éprouver, suite à leurs actions.

D’un point de vue intellectuel, moral, spirituel et pratique, on ne peut demander plus à un sujet moral que d’être sage — sauf à devenir plus sage encore —, malgré que cette sagesse admirable puisse ne pas être appréciée, ni encouragée, ni influente sur la disposition et la manière de penser et d’agir des autres membres de la société, si déplorable que fût en rétrospective cette imperméabilité collective — et parfois même la déconsidération qui peut aller parfois, hélas !, jusqu’au mépris et à l’hostilité — à la maturité de la pensée, de l’intelligence et de la raison que cet état d’accomplissement spirituel suppose.

La valeur morale de toute action s’apprécie selon trois critères: la bonté de la fin qui est visée par elle; le bonheur de la conséquence qui est le résultat de sa conclusion; ainsi que la correspondance qui existe entre la qualité respective de ces deux effets.

Un système de la santé qui fonderait son action uniquement sur la valeur thérapeutique des interventions pratiquées par ses médecins et praticiens affiliés serait analogue à une équipe sportive constituée uniquement par des gardiens de but.

Comme pour l’inconscient individuel, qui doit passer par l’anamnèse afin de susciter les souvenirs enfouis dans les profondeurs de la mémoire pour, se les remémorant, connaître et interpréter leur influence sur les conditions de la vie actuelle et sur les habitudes qui en résultent, l’inconscient collectif doit pouvoir passer par le même processus, évocateur d’événements passés qui, quoique oubliés dans la généralité des consciences immédiates de ses membres constitutifs, mais préservés dans la mythologie et dans l’historiographie, continuent toujours d’exercer une influence sur les événements présents, par les traditions, les coutumes, les us et les lois, périmés mais néanmoins parlants, dans les schémas institutionnels, collectifs et familiaux, qui en sont issus.

Rien n’est plus cher que ce qui est gratuit puisque l’on ne saurait acheter ce qui se donne gracieusement comme le prix à verser afin d’en compenser adéquatement la valeur, ne saurait s’estimer ni même parvenir à s’équivaloir, sauf à refléter une générosité analogue à l’acte qui l’a procuré.

Le bonheur est un bien qui, comme tout bien, est susceptible d’envie et de convoitise; mais conne il est immatériel, on ne peut se l’accaparer, en dépossédant la personne qui en jouit, mais seulement espérer le détruire, soit en le privant des conditions qui sont présumées être associées à la constitution de son état, y compris la santé, la réputation, les amis et les richesses, sans qu’ils n’en soient ni la source, ni la cause réelle.

La distinction essentielle entre la médisance et la calomnie réside non pas tant dans le degré de vérité du tort qui est attribué à la victime de la diffamation qu’elle encourt, mais dans la conscience du tort qui est accompli à travers elles et dans l’intention de le causer en recourant à cet artifice, de sorte que l’invention d’un vice ou d’une action mauvaise supposés n’est plus la matière de la félonie mais en constitue surtout une matière aggravante puisqu’elle amplifie le tort qui en résulte alors que c’est la volonté et la conscience de produire cet état qui sont la véritable matière du délit.

Lorsque l’on affirme que la femme se conquiert, l’on suppose alors que sa réaction initiale, pour ne pas dire viscérale, profonde et durable à l’intérieur des cœurs, en est une de refus et de résistance.

Il existe une contradiction inhérente à la revendication de la liberté, non pas pour exercer sa responsabilité, mais afin de mieux encore faire dicter ce que cette responsabilité serait.

Le principe qui veuille qu’à l’intérieur d’une société égalitaire, les seules inégalités qui seraient tolérées, sinon autorisées, sont celles qui sont mises au service de la préservation de l’égalité comporte comme effet paradoxal de créer autant de classes inégalitaires qu’il existe d’espèces de libertés à préserver et que, à l’intérieur de celles-là, il règne une égalité une égalité qui exige qu’elle soit préservée par la création de nouvelles classes inégales, aussi nombreuses que les espèces d’inégalité que l’on cherche à préserver, et ainsi de suite, jusqu’à la constitution d’une hiérarchie de classes inégalitaires, réputées être nécessaires à la protection des droits à l’égalité, chacune avec les privilèges et les droits qui favoriseront sa fonction socio-politique: ce qui mène à une société qui, si elle est en principe et de droit égalitaire, requiert de fait une constitution physique qui soit inégalitaire et informelle, d’autant plus importante que les revendications à l’égalité se font pressantes et intenses, peut-être même en réaction à l’inégalité qui est instaurée afin de les rendre moins nombreuses et instantes.

lundi 9 décembre 2019

Euthúmèma XXV (réflexions)

[Depuis le 9 décembre 2019, avec mises à jour périodiques. — Since December 9th 2019, with periodical updates.]
«D’une conception générale du bien commun, qui est ce bien envisageable pour l’ensemble social, en faisant abstraction des biens particuliers, sans pour autant ignorer qu’un bien commun rejaillit sur les biens particuliers, le champ du politique est passé à une conception étendue du bien commun par lequel la somme des biens particuliers devient le critère et le jalon de la vision du bien commun, en ce que tous les biens particuliers étant servis — ou une large part de ceux-ci l’étant —, l’on estimera par là avoir rencontré la condition suffisante de la réalisation du bien commun: or, il faut remarquer que cette dernière conception est en réalité réductionniste à ce que l’on peut concevoir comme étant un bien commun actuellement réalisé, dans les biens particuliers qui le sont effectivement, et non pas progressiste, en tant que pouvant réaliser des biens particuliers qui ne sont pas encore découverts ou dont la nature comme la quantité et la distribution pourraient évoluer en vertu du changement des circonstances, des conjoncture ou des situations, qu’ils soient propres à la dynamique des biens particuliers, générés grâce à des rapports de concurrence ou d’émulation, résultant d’un effort de coopération fondé sur la complémentarité des intérêts ou réalisé en vue d’obtenir une fin commune, ou suite à une évolution radicale des conjonctures historiques — naturelles ou géo-politiques par exemple — dont le caractère spontané et imprévisible peut être exacerbé par l’impréparation des consciences politiques et sociales à faire l’anticipation de leur occurrence; alors qu’une conception générale du bien commun, existant indépendamment des biens particuliers (mais non pas en les ignorant), conçoit son objet comme étant au service de l’ensemble de manière à subsumer tous les biens particuliers — et chacun d’entre ceux-ci — à la bonté des appréciations et des mesures, lorsqu’elles porteront sur l’essence et l’entéléchie de la collectivité dont sont issus ces biens particuliers et qui, en dernière analyse, donnent tout leur sens à ceux-ci.» — Plérôme.

«L’homme séduit par la démonstration de sa force et de sa prédominance; la femme, par celle de sa beauté et de sa grâce.» — Plérôme.

«Puisque le péché originel existe avant toute loi humaine, il fait par conséquent entorse à la loi naturelle et divine.» — Plérôme.

«Autant l’affirmation que la négation, que la négation de la négation, culminant dans une nouvelle affirmation et initiant un nouveau cycle dialectique sont des manifestations du pour soi de la conscience de l’esprit, c’est-à-dire de la nature, de l’entéléchie et de la finalité de la puissance que la conscience reconnaît en l’esprit et qui caractérise l’essence de l’être vivant qui l’exprime et sa pérennité historique, inscrit qu’il est dans le monde de la nature, en d’autres mots, son destin — ce qu’il devient — et sa destinée — ce qu’il serait censé devenir —, de sorte que la manifestation objective de l’esprit, dont l’expression est la culture et la phylogénie, réalise un essor et un élan de la vitalité de l’être qui trouvent leur ancrage et leur fondement dans sa dimension existentielle, engagé sur la voie de la perfection ontogénique et de l’actualisation de la liberté, sans laquelle cette quête et cette fin sont illusoires, non pas d’une manière qui est indifférente à sa propre réalisation, mais en la recherchant ardemment et en la poursuivant activement, dans la pleine conscience que la grandeur culturelle de l’ensemble repose sur la grandeur morale de chacun des individus qui le composent et qui contribuent à son établissement et à sa perfection, en recherchant, dans la mutualité des efforts et des concertations, leur propre développement et leur propre épanouissement.» — Plérôme.

«La loi jungienne de la complémentarité des types énonce que, au plan social, l’introversion comme l’extraversion s’expriment, au plan de l’intimité, par leur complément, soit respectivement l’extraversion pour la première et l’introversion pour la seconde; au plan des genres, cette complémentarité qui associe l’animus et l’anima, autant en l’homme qu’en la femme, peut se voir comme accordant, au plan physique et social, un poids plus grand à l’animus, chez l’homme, et à l’anima, chez la femme, alors qu’au plan de l’intimité de la vie intérieure, spirituelle et affective, ce rapport devient, en contrepartie, celui de l’animus qui s’exprime de préférence chez la femme et de l’anima qui se réalise premièrement chez l’homme.» — Plérôme.

«Le concept du pouvoir réfère à l’actualisation de la personne qui est requise afin, pour un être, de se conserver dans son état et de réaliser son entéléchie, en s’inscrivant et en se maintenant, en croissant, en se perpétuant et en se diffusant à l’intérieur de la phusis: à l’état brut, on le dit sauvage; à l’état civilisé, on le dit moral; et à l’état de transition entre la civilisation et la sauvagerie, on le dit barbare, soit qu’il est en voie d’accéder à l’état de la civilisation, soit qu’il en voie de perdre cet état et de sombrer dans ce qui en est le vestige et l’ombre.» — Plérôme.

«Aucune société n’existe pour laquelle les individus qui sont constitutifs de son élite ne se considèrent pas comme étant la mesure de l’excellence culturelle que dans leur état ils expriment et à laquelle tous les autres membres de la société, à des degrés divers, selon la proximité sociale que leur état entretient avec l’élite, doivent tendre, sauf à risquer de sombrer, aux yeux de ce pallier raffiné, dans la barbarie, s’ils étaient laissés à leurs propres moyens: le problème se pose lorsque cette société, s’étant elle-même inscrite dans un mouvement de décadence et ayant par conséquent régressé vers un état d’incomplétude et de barbarie, souvent en raison de facteurs historiques et géographiques, mais non exclusivement pour ces motifs, alors que son élite aurait consenti à suivre le plan de la facilité morale ou se serait laissé éconduire par des idéologies qui sont contraires à sa constitution intérieure ou à sa destinée expresse, ne peut plus prétendre être devenue le phare de la civilisation accomplie, soit pour elle-même, ainsi que pour ses membres, soit pour les autres cultures, ainsi que leurs propres membres.» — Plérôme.

«Le pouvoir est l’attribut qui caractérise la manifestation objective de la puissance avec laquelle un être vivant exprime son droit naturel à l’existence, en vertu de l’habitus qui caractérise son individualité comme des motifs et des convictions qui finalisent ses conduites et ses actions, une expression qui exercée d’autant plus légitimement qu’elle se fonde sur les valeurs transcendantes de la bonté, de la vérité et de la beauté, héritées de la culture, comme intériorisées par la conscience et émanant de sa constitution particulière, et conçues pour l’essentiel comme étant, dans leur essence particulière, la révélation et l’extériorisation de l’une et de l’autre. » — Plérôme.

«La personne égoïste, n’ayant de considération que pour elle-même, et ignorant que son bien-être réel passe uniquement par celui qu’elle contribue à réaliser pour autrui, dans la plus stricte et intégrale des mutualités — et comment être devenu conscient de ce principe, si le milieu social et familial en lequel elle baigne depuis qu’elle peut s’en rappeler ne vivait pas selon le principe du plus pur égoïsme et si une disposition secrète ne l’avait pas préparée à recueillir cet enseignement dans l’aléas des expériences qu’elle a pu avoir vécues parallèlement à cette situation — , elle ne peut reconnaître qui sont ses amis véritables et qui sont ses ennemis réels, voyant en l’amitié ce qui semble nourrir son égoïsme et en l’inimitié, ce qui ne lui répond pas.» — Plérôme.

«Penser en homme, en femme; vivre, sentir, ressentir et agir selon ces natures, c’est être en même temps selon son individualité et sa singularité propres, en vue, au plan ontogénique, de sa propre réalisation ainsi que celle de son milieu, conçu de proche en proche sous les catégories sociales de l’amitié et de la fraternité, régnant parmi le membres de la famille, les connaissances, les collègues, les concitoyens et les compatriotes, lesquels sont autant de manifestations de l’esprit phylogénique de la société et de la culture, d’une manière appropriée au genre hérité à la naissance, en vertu des propensions naturelles qui sont inhérentes à celui-ci et des conceptions — des normes, des théories, des doctrines, des idées et des valeurs — que la culture énonce afin d’exprimer la compréhension qu’elle en possède et qu’elle propose à l’ensemble social comme idéal de la réalisation individuelle et collective.» — Plérôme.

«L’illusion parfaite est la promesse qui donne tout à espérer, sans que rien de significatif ne procède de l’actualisation qui était censée s’accomplir, conformément à ses termes, et dont l’attente de l’accomplissement en fit oublier jusqu’à son contenu et sa substance. » — Plérôme.

«Pour le féminisme, la plus haute loi procède essentiellement de la femme et retourne exclusivement à la femme: pour cette raison, son expression et sa manifestation deviennent, à l’échelle collective de l’idéologie actuelle, active et pratiquante, la révélation d’une exacerbation du narcissisme féminin.» — Plérôme.

«Le pouvoir peut se concevoir comme étant la nature et le degré de la puissance que peuvent et que sont autorisés à exprimer un individu ou un groupe d’individus auxquels peuvent s’opposer, soit pour le nier ou l’empêcher, soit pour le favoriser, l’augmenter, le développer et s’y associer d’autres groupes et d’autres individus.» — Plérôme.

«La positivité morale consiste à tout faire en son pouvoir afin d’être bienveillant et bienfaisant; la négativité morale; ne rien faire de ce que l’on pourrait, pour être malveillant et malfaisant; la positivité immorale: tout faire en son possible pour être malveillant et malfaisant; et la négativité immorale: ne rien faire de ce que l’on pourrait, qui exprimât la bienveillance et la bienfaisance.» — Plérôme.

«Sous sa forme active, le Satanisme représente la perversion malicieuse, intentionnelle, délibérée, planifiée et voulue, des valeurs transcendantes de la bonté, de la vérité et de la beauté; sous sa forme passive, il se complaît à assister en spectateur à ce travestissement axiologique et moral.» — Plérôme.

«Ne pourrait-on pas se demander comment il se fait que l’on n’investiguerait pas les tragédies humaines qui n’impliquent pas une incidence dramatique soudaine et imprévue — par exemple un accident, une catastrophe, un crime ou une négligence —, d’une manière aussi méthodique, compréhensive, intense et concertée que celles qui comportent ce caractère .» — Plérôme.

«La triade des concepts savoir-ignorance-connaissance appartiendrait-elle à la dialectique augustinienne, en tant que l’un de ses trois moments respectivement ?» — Plérôme.

«Tout l’art d’une criminalité qui se pratique sciemment et intentionnellement consiste à pouvoir s’exercer impunément, en recourant à la ruse et à la force, sans que son action ne fût découverte, ni entrevue, par ces justiciers qui, par disposition ou par devoir, pourraient vouloir s’opposer à ses méfaits.» — Plérôme.

«Le réel est-il un objet susceptible d’être transformé intentionnellement ? Son essence est-elle, par nature, inaccessible à la compréhension de l’intelligence (ce qui en constituerait le mystère), se réalise-t-elle selon des mécanismes qui sont imperméables à la raison (ce qui en expliquerait l’opacité) ou est-elle insensible à l’action des êtres qui en font partie, et en particulier l’être humain (ce qui en établirait l’immobilité) ?» — Plérôme.

«La naissance de l’archétype représente à la fois une nostalgie du type que l’instinct destructeur de l’homme a anéanti, dont l’existence physique constituait un phare pour l’humanité et dont l’absence a suscité, en l’âme collective, le désir d’ériger, en son honneur et en guise de regret, un monument mental à sa mémoire et la tentative d’en reproduire, dans les générations futures, des exemplaires réels — des instituteurs et des initiateurs —  dont il constituerait dorénavant le modèle pour ceux que ses qualités inspireraient et dont la représentation dans l’imaginaire collectif — sous la forme de mythes, de légendes, d’images et de représentations (des peintures, des sculptures, des descriptions et des narrations) — ne parvient totalement à en reproduire la qualité ineffable et sublime du mystère de son essence, avec l’espoir que ressurgira, dans l’avenir, un nouveau type qui participerait de sa perfection et peut-être même la dépasserait — si cela était du tout possible — .» — Plérôme.

«Tels sont ceux pour qui la richesse est le premier moyen de l’amour et ceux pour qui l’amour est la voie dorée vers la richesse.» — Plérôme.

«La médisance, qui consiste en la propagation d’informations que l’on sait être préjudiciables à on semblable, dans le but principal de lui nuire, se fait l’alliée de la calomnie, qui est la propagation d’informations que ne sont pas moins nuisibles et qui sont en même temps fausses, lorsque l’on sait que le propos répandu a fait l’objet d’un trafic et d’une invention et, pire encore, lorsque l’on a même sciemment et intentionnellement participé à sa constitution, à son élaboration et à sa diffusion.» — Plérôme.

«La nage dans l’océan de l’abstraction et de la théorie, qui donne l’unité et la cohérence à l’objet sur lequel porte cette activité, constitue certes une illustration du pouvoir notionnel de la conscience à réaliser la puissance de l’intelligence qui la caractérise, mais il n’est pas encore un rapport immédiat avec le monde — qui fut le point de départ de son activité intellectuelle, grâce au datum sensoriel que lui fournit l’expérience de la nature  —, mais un rapport médiatisé par la réflexion qui se confine au plan de son être spirituel et transcendant et qui s’accorde, ou qui se voit accorder, la situation privilégiée de pouvoir ainsi actualiser et réaliser le verbum créateur et transformateur.» — Plérôme.

«Une fois que le Mal s’est installé dans le monde, sous la forme de la réalité de l’expérience qui en illustre la négativité, il devient pour la bonté qu’il affronte la première limite, mais comme il est lui-même la privation intentionnelle du Bien que la conscience malicieuse aurait pu accomplir, comme il est le refus conscient de la bonté qu’elle aurait pu vouloir, il devient, pour la conscience bienveillante, une manière de négation gratuite sur sa possibilité d’exister intégralement et de se réaliser complètement, que seule une analyse en profondeur peut parvenir à appréhender et à comprendre effectivement, tellement il fait corps avec la réalité à l’intérieur de laquelle celle-ci est plongée et qu’il en infuse tous les aspects et toutes les dimensions.» — Plérôme.

«L’autoritarisme autocratique se révèle lorsque les décisions qui lient obligatoirement les consciences, et qui ont donc force de loi, se prennent capricieusement, sans aucune raison qui se défende objectivement, ou en prétextant de fausses raisons qui ont toutes les raisons d’être valables, mais sans qu’elles ne comportent de motifs réels ou de mobiles substantiels.» — Plérôme.

«Le beau, c’est le vrai en tant qu’il illustre et qu’il caractérise la représentation sensible de la perfection, la forme suprême du bien, tel qu’il serait apte à être imaginé, conçu et éventuellement réalisé.» — Plérôme.

«On ne peut, à proprement parler, discuter du phénomène de l’embourgeoisement, sans en même temps explorer le thème de la bourgeoisie, dont il est le moyen de la diffusion et de la propagation de la culture le suscite, auprès d’autres secteurs de la société, en définir la nature, en connaître les valeurs et déterminer en quoi elles représentent un idéal philosophique adéquat pour les consciences morales saines, équilibrées et éclairées. » — Plérôme.

«La conscience collective place un individu sur un piédestal, souvent dans l’espoir qu’il en choie, pour mieux encore éprouver la satisfaction de cette chute et, ce qui est pire encore, parfois même l’en déloger brutalement et ainsi s’enorgueillir de cette humiliation qui lui fut cruellement imposée et de la supériorité qu’elle a toutes les apparences de conférer aux auteurs de cette machination.» — Plérôme.

«La dichotomie du savoir et de l’action caractérise l’état social décadent, en ce que ceux qui savent n’agissent pas conformément à la plénitude de leur savoir, tout en s’attendant à ce que d’autres agissent selon lui — et selon ce qu’ils peuvent s’en représenter —, soit qu’ils se complaisent, par volonté de cultiver le sentiment de l’inertie, en la paresse de cette inaction, soit qu’ils y fussent incités par les récompenses ou obligés par la contrainte, sans savoir effectivement ce qui constitue la raison profonde ou la fin ultime de leur inactivité et de leur passivité.» — Plérôme.

«Cela représente une forme de la perversité que d’inciter son semblable, souvent par intérêt, à commettre une action répréhensible que par la suite on lui reprochera, en veillant bien sûr à taire et à celer les arcanes de la manœuvre compromettante et du dessein malveillant qui sont à l’origine de son inculpation.» — Plérôme.

«La foi qui atteste subjectivement d’une religion est une doctrine qui a reçu une validation sociale, en raison de la vérité dont elle est l’expression: cela étant, la question qui se pose à la conscience critique, devant le nombre des religions et l’élan qu’elles manifestent à faire des convertis et à se propager sur un territoire de plus en plus vaste, consiste à savoir quelle est la nature de la vérité qui est proposée (et parfois même imposée) aux consciences morales et en quoi les principes qu’elle affirme et qu’elle défend révèlent une profondeur et une compréhension qui lui permettent ainsi de prétendre avoir réalisé la perfection de cette vérité, d’en illustrer la plénitude et, en fin de compte, celle de toute vérité, puisque, si la vérité constitue une théorie de la réalité absolue, elle est par essence une, puisque nul absolu ne saurait exister dans son absoluité et en même temps partager cette qualité avec d’autres absolus.» — Plérôme.

«Sans l’idée et l’état de la sagesse (tour à tour désignée sous les vocables de mètis, de phronèsis et de sophia), la philosophie n’est en réalité qu’une doxologie, au plan intellectuel de sa conception et de sa systématisation, et une idéologie, au plan pratique de son énonciation et de sa diffusion.» — Plérôme.

«Grâce à l’imagination, la raison produit les manifestations infinies de la doxa; mais grâce à l’intelligence, la conscience peut espérer capter, appréhender et formuler, sous forme de théoria, la manifestation infinie de la vérité.» — Plérôme.

«Toute personne est appelée à vivre deux expressions de la vie et à les réconcilier, d’une manière harmonieuse, à l’intérieur de son existence: celle que la dynamique sociale et les conditions historiques la prédisposent à vivre, en vertu des contraintes qui son propres à ces dimensions, et celle que sa destinée, c’est-à-dire son devoir transcendant et la qualité de son mérite (ou de son démérite) préexistentiel, l’invite à vivre: sa liberté consiste alors à faire la part de ces deux facteurs et à réaliser la plus haute dimension possible de son âme, dont l’idée de la perfection représente l’accomplissement suprême, tantôt concurremment, dans la synergie de leurs rapports, et tantôt malgré certaines influences, émanant de l’une ou de l’autre, lorsque leur opposition exprime une dissonance incontournable ou irréconciliable.» — Plérôme.

«Une proposition qui, dans l’abstrait, peut sembler évidente, c’est-à-dire axiomatique (v.g. X = X), peut, au plan concret de l’induction du genre à partir de l’espèce, s’avérer difficile à reconnaître comme étant vraie (v.g. tel X = X).» — Plérôme.

«Le racisme systémique peut se concevoir comme étant l’arbitraire, tantôt subjectif et tantôt objectif, lorsqu’il est véhiculé dans les formes axiologiques, normatives et juridiques, de la société, et qu’il est associé au culte prédominant et à la valorisation exclusive de la provenance ethnique et culturelle.» — Plérôme.

«La société où règne une liberté économique déficiente se laisse reconnaître à ce que chacun est obligé de prendre ce qui lui est donné et donner ce qu’on lui a pris.» — Plérôme.

«Depuis la romaine Lucrèce, la société occidentale entière, qui se revendique culturellement de la tradition gréco-romaine, et toutes les sociétés qui ont subi son influence de manière significative, ont découvert l’immense pouvoir que prend, dans la conscience collective, l’état de la victime, laquelle acquiert alors un statut social privilégié, dès lors que l’ensemble reconnaît en celle qui s’en prévaut une authenticité incontestable, laquelle par conséquent  ne saurait être remise en cause: c’est un statut à ce point prestigieux et la marque d’honneur qui lui est associé, tellement enviable, qu’un individu en mal de valorisation personnelle et d’importance sociale pourrait être tenté de l’usurper, dès lors qu’il y trouverait un intérêt à s’en voir revêtir et, ainsi, à s’attirer la sympathie reconnaissante de ses semblables, au détriment de l’agresseur présumé; c’est pourquoi, tout en reconnaissant combien pénible et onéreux cela serait, pour une victime réelle, de subir les outrages d’une agression gratuite, et combien odieux et méprisable ce serait pour l’agent d’un tel forfait de l’avoir malicieusement accomplie, et ainsi en veillant à ne pas composer la situation déplorable d’une insensibilité honteuse, il incombe à la société de distinguer entre les victimes apparentes et les victimes de bon aloi, afin d’éviter de créer de nouvelles victimes, en imputant à un individu une responsabilité pénale ou criminelle qu’il ne lui appartient pas d’assumer, puisque la conjoncture qui l’aurait engendrée serait la conséquence d’un scénario savamment monté et habilement exécuté.» — Plérôme.

«Si toute littérature n’est pas de la philosophie, toute philosophie n’est pas, par contre, de la littérature, sans conclure, en affirmant ceci, ni à la suprématie de la philosophie, ni à l’excellence superlative de la littérature.» — Plérôme.

«L’égalitarisme, ce sont toutes les apparences de l’amitié qu’aucune amour véritable et complet ne fonde, ni n’inspire et qui, pour cette raison de manifester une insincérité, représentent une forme de feinte ou d’hypocrisie.» — Plérôme.

«L’ironie, à l’intérieur de la société égalitariste, c’est que tous sont égaux, alors que certains le sont, réellement et manifestement, de manière significative plus que d’autres.» — Plérôme.

«Le principe de l’égalité, associé à celui de la liberté, signifie souvent la possibilité qui est laissée à tous de pouvoir s’avantager au détriment d’autrui, ou à tout le moins de se démarquer par rapport à ses semblables, conformément à des virtualités et à des dispositions qui sont propres à sa nature individuelle et à une aptitude, également naturelle, à créer des associations qui servent ces fins, de sorte que ces deux principes, lorsqu’ils interagissent en fonction d’une mentalité et d’une moralité intéressées, deviennent négateurs de l’essence qui caractérise leur définition et leur essence, l’un en créant une inégalité des moyens et l’autre, en restreignant les choix que ces moyens autorisent à faire.» — Plérôme.

«Pour certains, le mensonge apparaît être la seule défense contre une vérité qui risque, à l’intérieur de la société organisée, d’ébranler les fondements mal assurés d’un édifice structurel — une institution politique ou une association sociale — dont la raison d’être professée, un idéal admirable, est mal servie par les véritables mobiles et les intentions réelles qui animent les agents politiques et les acteurs sociaux dont les conduites et les actions seraient censées être inspirées par ces valeurs louables et ces idéologies estimables, mais qui maintient plutôt l’état d’imperfection, de vice et de corruption qui sévit à l’intérieur de l’ensemble social et l’unité politique.» — Plérôme.

«Il apparaît clair que la manière de penser de la femme est particulière à son genre comme celle de l’homme l’est au sien: ainsi, dans cette différence des essences psychosexuelles qui conditionnent les rapports entre les genres, lorsqu’elle vise à une considération réelle de l’un pour l’autre, comme à une égalité des rapports entre l’un et l’autre, qu’un principe de justice et de justesse gouverne avec équité, et sans tomber dans le piège de l’identité des genres ni de la réduction sociologique de l’un à l’autre, autant l’homme que la femme doivent veiller à connaître et à comprendre ce en quoi, de manière significative et profonde, leurs natures respectives les distinguent et ce en quoi elles se ressemblent, de manière à encourager l’harmonie des relations et le perfectionnement de leurs êtres, selon l’entéléchie de leurs essences respectives.» — Plérôme.

«Même le témoignage désintéressé d’une volonté d’amitié devient, pour la personne dont le sentiment de l’amour est régi par le principe narcissique, une manière d’intrusion et de poursuite, lorsque cette amitié éventuelle ne trouve pas à susciter l’intérêt que commande son amour involutif de soi.» — Plérôme.

«Le féminisme, comme d’ailleurs son opposé, le masculisme, en ce qui concerne la femme, se trouvent coincés entre deux réalités génériques: celle de l’homme dont celle qui en défend radicalement les principes désire se passer, puisqu’il constitue, par sa nature, un frein à la liberté,  et celle de l’homme dont elle ne peut se passer, puisqu’il est le garant de sa sécurité et, ce qui est plus important, de l’état de la maternité qui est nécessaire à l’épanouissement de sa nature.» — Plérôme.

«Tous les moyens — c’est-à-dire tous les objets susceptibles d’une utilisation et d’une instrumentalisation  — sont a priori moralement neutres, en ce sens que c’est l’intention, la visée et la valeur de l’acte, comme celles de sa fin, servant de guide à leur emploi, qui leur confèrent un caractère moral réel.» — Plérôme.

«Ce qui constitue le problème moral le plus important est peut-être celui qui résulte de la réification du vivant, et en particulier de l’être humain, c’est-à-dire de la soumission incontestable de la personne à la volonté d’un autre, sans égard ni pour son bien, ni pour sa valeur intrinsèque, ni pour sa dignité morale propre, car elle constitue une négation radicale de qualités propres à l’essence de chaque être vivant et de chaque personne humaine.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui, par leur ignorance, leur indifférence, leur suffisance ou leur complaisance, se rendent les complices d’un mal qu’ils n’imaginent pas ou qu’ils n’anticipent pas, mais qui pourrait un jour les frapper et éventuellement les terrasser et auquel, en raison de leur attitude passive et négative, ils auront contribué à en augmenter à la fois l’intensité et la portée.» — Plérôme.

«La dialectique, à l’intérieur du genre de l’homo sapiens, de l’homo rationalis et de l’homo activus, entre l’homme théorique et l’homme pratique, est un problème capital et constitue un moteur de l’histoire économique, comme étant au cœur de la valorisation morale, sociale et financière qui est accordée aux acteurs sociaux et aux agents politiques, dans les activités qui caractérisent leurs initiatives professionnelles, les avantages qu’elles leur procurent et le genre de vie dont elles les autorisent à pouvoir bénéficier et à transmettre à leur progéniture.» — Plérôme.

«C’est un paradoxe de la politologie qui veuille que le libéralisme, en cherchant à encourager les forces bienfaisantes, à l’œuvre à l’intérieur de la Cité, en vue de réaliser son amélioration culturelle ainsi que ses progrès matériels, accordera l’opportunité aux puissance malveillantes de favoriser, au nom des intérêts particuliers, la subversion de la destinée collective et ainsi susciter un désir de resserrement des normes et des structures et de conservation sociale; et que le conservatisme, en tentant de réprimer les forces malveillantes qui pourraient porter préjudice aux valeurs fondamentales de la Cité et en corrompre les possibilités de sa conservation, de sa propagation et de sa diffusion, étoufferaient en même temps les volontés bienfaisantes qui sont à l’œuvre afin d’établir son avenir et à étendre ses influences bienfaisantes et entraîner ainsi un désir de libéralisation des normes et des structures et de changement social.» — Plérôme.

«La force d’un système de pensée, une doctrine ou une idéologie, réside dans l’espoir qu’il fait naître et dans les possibilités objectives qu’il renferme en lui-même de répondre aux problèmes qu’il s’agissait pour lui d’élucider et d’apporter les transformations requises afin d’améliorer la société et de rapprocher la culture du niveau de la perfection qui est inscrite à même l’entéléchie de sa nature intrinsèque; sa faiblesse réside dans les haines qu’il suscite et dans les antagonismes que créent ses théories, soit en raison des exclusions qui en procéderont, soit en vertu des oppositions et des objections qui seront éveillées, chez ceux dont les principes et les thèses ébranleront le sentiment de sécurité qui accompagnait l’état politique et social, antérieurement à leur formulation, sans qu’ils ne puissent désirer qu’ils soient effectivement adoptés comme étant la représentation de la direction que doit nécessairement prendre la dynamique sociale, ainsi que la mentalité collective qui en caractérise l’évolution: si le second engage le premier à réinterpréter ses positions, sans trahir l’essentiel de leur vérité, de manière à les rendre plus recevables par leurs critiques; celui-ci, quant à lui, se voit sommer à défendre la vérité qui la fonde et à découvrir, dans la constance de ses défenseurs, la puissance véritable de son essence.» — Plérôme.

«Peut-on s’imaginer une société dans laquelle l’esprit de fraude prend des proportions telles qu’il serait devenu le leitmotiv d’une organisation sociale, en laquelle chaque institution ferait miroiter, à la façon d’un mirage dans le désert, le trophée d’un bienfait qui serait la clef de la réussite sociale — une éducation solide, pour une école; la santé, pour un hôpital; la prospérité, pour une banque; un équipement fiable, pour une industrie; etc. — en le promettant à tous ceux qui démontreraient le talent et illustreraient le mérite d’y parvenir, tout en le réservant à une classe choisie de privilégiés qui échappent en partie ou en totalité, à ces conditions, et tout en offrant à ceux qui ne rencontrent pas les critères leur permettant de figurer dans ce palmarès enviable, une pléthore de tactiques dilatoires et illusoires, superficielles et artificielles, toutes les plus crédibles et plausibles les unes que les autres, afin d’expliquer qu’ils ne parviennent jamais suffisamment, malgré leurs capacités les plus excellentes et leurs efforts les plus constants, à rejoindre leur idéal et à rencontrer leurs buts.» — Plérôme.

«La quête de la vérité est éternelle: elle devient un leurre cependant lorsque l’on s’imagine qu’elle a abouti définitivement, soit parce que l’on croit qu’elle a abouti définitivement, soit parce que l’on croit en avoir embrassé, dans toute sa compréhension, la matière de ses principes, soit parce que l’on s’est convaincu en avoir saisi exhaustivement toutes les manières de son éventuelle manifestation et de son expression.» — Plérôme.

«À l’ère informatique, alors que l’instantanéité des opérations — à la vitesse de la lumière, rappelons-le — serait censée faire disparaître la distinction entre les catégories du présent, du passé et de l’avenir et se fondre l’expérience du temps en une durée qui les confond et brouille les limites par lesquelles ces périodes s’éprouvaient en la conscience, le présent devient ce qui n’est pas encore révolu, le passé, ce qui n’est pas encore échu, et l’avenir, ce qui n’est pas encore déterminé, des définitions qui rejoignent, sans les contredire, ni les infirmer, celle, plus traditionnelle, d’un présent qui se démarque du passé et de l’avenir dans la continuité d’un moment qu’aucun souvenir ne tient pour être interrompu, pour celui-là, ni aucune anticipation ne tient pour être irréalisé, ou hypothétiquement réalisable, autour de conditions qui sont embryonnaires dans la première conception, en ce qui concerne celui-ci.» — Plérôme.

«Si la mythogénèse est le processus par lequel l’esprit et se propose une réalité imaginaire, c’est-à-dire une fiction, non pas pour s’y réfugier afin d’éviter d’affronter dans la conscience les pressions qui émanent de la réalité effective, mais afin de transformer la perception que l’on peut s’en former, qui éloigne des principes erronés ou des finalité injustifiables qui pourraient être à la source de son implantation, la mythomanie par ailleurs se complaît à participer et à contribuer à cette invention, la mythopraxie, à fonder sa propre existence sur une accréditation de ce principes comme étant certains et incontestables et la mythopoïèse, à induire en son semblable, et même à les contraindre, des conduites et des actions qui confirmeront, sinon la vérité de cette fantaisie et de cette fiction, du moins à son exemplification manifeste chez certains particuliers malheureux.» — Plérôme.

«L’intelligence est cette capacité de saisir adéquatement ce qui est la profondeur et la compréhension des principes qui sont associés à une réalité; la compétence, celle d’en apprécier et d’en instaurer la réalisation dans l’expérience concrète et particulière.» — Plérôme.

«Le beau est la réflexion adéquate du bien, autant dans l’étant qui l’exprime et le manifeste que dans l’action qui en témoigne; et le vrai en est la perception complète dans l’intelligence et l’interprétation juste qu’en produit la raison, comme en témoigne la communication qui la révèle.» — Plérôme.

«La science est la méthode par laquelle la conscience se forme des convictions qui sont non seulement plausibles ou utiles, mais surtout réelles et vraies.» — Plérôme.

«Comme chez les hommes, l’on constate une gradation du moindre au plus, dans l’illustration de la vertu, tel, pour les États, l’on remarquera une variation dans le degré du respect du droit, autant dans la conduite générale de ses affaires intérieures et étrangères, que dans la formation et la promulgation des lois qui lient ses sujets entre eux, comme à ses institutions et aux autres puissances souveraines.» — Plérôme.

«L’inauthenticité et l’incomplétude ne sont pas l’hypocrisie, mais ils peuvent en servir de terrain, lorsque la conscience que l’on en pressent s’accompagne d’une complaisance qui préfère joindre l’ignorance de leur présence, pour ne pas avoir à faire l’effort de les surmonter en soi et de s’en extraire, afin d’accéder à un état de plus grande sincérité et d’un accomplissement plus grand de son essence propre.» — Plérôme.

«L’inauthenticité, qui se fonde sur une incompréhension réelle et approfondie de sa propre personne, mène à une conclusion inévitable, dans l’établissement des rapports humains, à savoir que le principe des masques et de la comédie gouverne les relations sociales, non seulement en termes de l’apparence qui est sciemment ou inconsciemment adoptée par chacun, mais aussi en termes des exigences de la conformité qui sont exigées de chaque individu par la culture de la société.» — Plérôme.

«L’idéal fantastique que l’on propose à la crédulité de l’ensemble de poursuivre devient pour lui un projet irréalisable qui, tout en l’éloignant des véritables fins possibles et réelles de l’existence, laissent la voie libre à un nombre moins grand d’individus à s’engager sur ces voies et à récolter les bénéfices de l’avoir atteint.» — Plérôme.

«L’esprit de concurrence et l’esprit d’émulation ont en commun de chercher à acquérir un avantage qu’auparavant ils n’avaient pas mais ils se distinguent en ce que, pour celui-là, l’avantage qui est recherché s’acquiert au détriment de son semblable, souvent sans s’enquérir des moyens qui sont employés à cette fin, soit en accaparant un bien qui lui nécessaire mais qu’il ne possède pas encore, soit en le privant d’un bien important dont il pourrait disposer alors que l’esprit d’émulation prend pour modèle l’effort loyal et honnête dépensé afin d’exceller et ainsi obtenir la fin recherchée, en se réjouissant du succès de son semblable, lorsqu’il y parvient, et en pouvant s’attendre d’une disposition mutuelle, s’il avait le bonheur de se montrer à la hauteur de son idéal et se mériter la récompense espérée et promise.» — Plérôme.

«Socrate est ce philosophe condamné par ses pairs politiques à être l’étudiant perpétuel de la doctrine philosophique et, par la tradition de l’histoire, à recevoir l’enseignement de sa pensée, selon l’interprétation que ses successeurs en feront: car, en le condamnant à mourir avant qu’il n’ait pu finaliser sa doctrine, comme le feront après lui les philosophes Aristophane, Platon, Aristote, les Cyniques et d’autres encore, il devient aux yeux des générations futures celui dont la réflexion s’alimente des opinions de ses semblables et dont la valeur épistémologique autonome n’est connue que grâce à l’interprétation qu’elle a reçue de ses disciples et de ses étudiants; mais peut-être avait-il anticipé cette fin intellectuelle lorsqu’il adopta et qu’il assuma la position pédagogique du maïeuticien, dans le rapport qu’il entretint avec l’intelligentsia de la société athénienne.» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui, en raison de leur fonction, croient réaliser leurs semblables alors qu’en réalité, ce sont ceux qui reçoivent leur accomplissement de ceux-ci: par ailleurs, un tel renversement apparent des rapports, qui n’exclut nullement la réciprocité des influences et la verticalité des transformations, ne fait-elle pas qu’illustrer le lien organique qui unit les êtres humains entre eux et qu’obliger à reconsidérer les inégalités sociales qui perdurent, dans la constance de ses actions bénéfiques et métamorphiques ? » — Plérôme.

«La force est trop souvent l’ultime argument que l’on oppose à la sagesse lorsque l’on ne sait, ne veut ou ne peut se rendre à la profondeur de ses principes, à la hauteur de ses idéaux ou aux exigences de leur intelligence ou de leur réalisation.» — Plérôme.

«Le pouvoir est la manifestation objective de la puissance, laquelle exprime un état — la vie — dont le principe et la finalité sont servis par lui d’une manière qui est susceptible de recevoir un examen (en termes de la bonté, de la vérité et de la bonté des actions, des œuvres et des conduites qui les révèlent) par une conscience morale désintéressée, impartiale, développée et éprouvée, émanant de la subjectivité des consciences particulières et de l’objectivité de la conscience collective.» — Plérôme.

«Le pouvoir est la manifestation évidente de l’énergie et de la puissance de la vie dans la réalisation de la moralité, c’est-à-dire des principes, des valeurs, des idéaux et des fins qui commandent son emploi et qui s’expriment dans les conduites et les actions qu’adopte le sujet moral afin d’en illustrer l’exercice.» — Plérôme.

«Dès que prévaut l’esprit de la mimésis, que l’on peut définir pour l’essentiel comme étant une dérogation à la vérité qui se présente comme en étant l’expression intégrale, la créativité devient, non plus une manière de plus en plus imaginative d’atteindre à la fidélité d’une représentation qui interprète de plus en plus adéquatement ce qui en est l’essence et la substance, mais une approche de plus en plus fantaisiste de s’en éloigner, tout en conservant l’apparence de toujours en respecter l’infinitude du mystère et la profondeur de sa signification.» — Plérôme.

«Le problème avec les catégories diagnostiques, c’est que, le praticien étant en principe appelé à justifier l’application qu’il en fait à tel ou à tel individu, sera tenté d’en expliquer coûte que coûte la pertinence à la réalité de celui-ci, comme si celle-ci était immuable et comme si les classifications catégorielles n’étaient pas des constructions de l’esprit, représentant par définition des êtres de raison qui doivent être en tout temps reportés à la réalité fluide et changeante qu’ils sont censés subsumer, autrement ce serait faire de la pathologie qui est pressentie une part intrinsèque de la constitution de l’essence de la personne et de sa nature profonde, une position qui est hautement problématique.» — Plérôme.

«La thèse de la séparation de l’Église et de l’État produit l’effet paradoxal, en chassant la sphère du mystère et du sacré de l’espace public et en la reléguant au plan de la conviction personnelle et de l’organisation civile et institutionnelle, de conduire à la sacralisation de l’État et à l’érection de l’idéologie qui en crée les formes (le républicanisme) en doctrine exclusive qui fait autorité (le laïcisme), dont la fonction est d’unifier et de rallier les consciences, sauf à marginaliser et à ostraciser les consciences qu’elle ne parvient pas à convaincre.» — Plérôme.

«À l’échelle de la perfectibilité humaine, on sauve en général ce que l’on n’a pu, n’a su ou n’a voulu protéger.» — Plérôme.

«Dans un monde performatif et concurrentiel, le génie ne consiste pas uniquement à illustrer sa qualité, mais à la démontrer de manière à en susciter et à en obliger la reconnaissance.» — Plérôme.

«Toute idéologie politique constitue une fondation de l’État en ce que ses principes, lorsqu’ils sont adoptés par l’ensemble et qu’ils s’exercent pour son bien, deviennent les formes qui inspirent la substance des normes et la finalité de la législation, ainsi que l’excellence à les illustrer et à les rendre effectives, la mesure de la valeur et de l’importance des officiers, des fonctionnaires et des chefs, à l’intérieur de la hiérarchie et des structures qui s’établissent à cette fin, lesquelles deviennent alors l’expression de la présence visible de l’État.» — Plérôme.

«L’amour est fort comme la mort, comme l’affirme le passage de l’Écriture, mais ne trouve-t-il pas un défi aussi grand à s’exprimer intégralement face à la puissance, dans l’imagination et dans le désir, de l’or ?» — Plérôme.

«Le point est,  de la sphère, l’expression la plus simple, la plus réduite et la plus concentrée sur elle-même.» — Plérôme.

«De la même manière que chaque personne est le produit de ses expériences antérieures, y compris de l’expérience originelle qui l’a vu naître, de la même manière chaque personne est en même temps, parfois et peut-être souvent à son insu, le miroir de sa culture et de sa société, de sorte que la tâche de la conscience pleine et autonome est celle de saisir et de comprendre jusqu’à quel point et en quel sens cette affirmation est juste.» — Plérôme.

«La forme perverse du libéralisme se réalise lorsque l’agent moral fait preuve d’une générosité envers son semblable, pourvu que cela n’engage à rien, n’occasionne aucun coût réel et, rapportant beaucoup, mène à un gain considérable.» — Plérôme.

«Nulle personne ne devrait détenir un pouvoir qui soit au-delà de sa puissance de l’exercer effectivement, avec intelligence, excellence et bonté, de sorte que plus un pouvoir est immense et étendu, plus il révélera l’intelligence de celui qui le détient, plus il manifestera l’excellence de ses actions et plus la bonté qu’il dégage rayonnera sur ses semblables qui en connaîtront et en éprouveront les effets.» — Plérôme.

«L’indifférence (l’apatheia), lorsqu’elle est généralisée, caractérise l’état qui qualifie une insensibilité morale à la réalité, telle qu’elle est éprouvée par ses semblables, est une attitude qui se renforce ipso facto elle-même, puisqu’elle puise son inertie à même l’apathie, l’absence de sentiment qui est éprouvé face à sa propre existence.» — Plérôme.

«Dans une société qui est radicalement égalitariste, personne ne se voit accordé plus d’importance qu’un autre, ce qui est dire que tous sont, dans l’abstrait, plus importants que chacun, concrètement parlant, lequel principe totalisant sert à élever certains, et non d’autres, pour autant qu’ils se posent en ses champions et en ses défenseurs. » — Plérôme.

«Non satisfait d’avoir sciemment privé son semblable de l’apparence de sa perfection, car sa disposition à illustrer cette plénitude ne saurait être réellement entamée, au moyen des savants artifices développés et employés à cet effet — ce que l’on nomme à proprement parler le scandale —, on lui reproche ensuite l’état en lequel il se retrouve dorénavant, en lui imputant l’entière responsabilité de sa condition, et en faisant reposer ultérieurement sur ses épaules l’effort de pouvoir s’en extraire et de le surmonter, un défi que l’agent moral responsable, maintenant devenu conscient de la situation, acceptera de relever, au meilleur de ses capacités, avec le succès que lui autorisera la coopération et l’encouragement de son prochain et la grâce incommensurable de Dieu.» — Plérôme.

«La vérité poétique consiste à exprimer l’expérience subjective, telle qu’elle révèle, avec simplicité, la hauteur sublime et édifiante des idéaux moraux ainsi que la profondeur infinie et inspirante des sentiments, conçus et éprouvés par le sujet moral, lucidement conscient de la diversité de leur gradation et de la variété de leurs nuances, comme étant possibles de se manifester dans le paroxysme de leur état, si la conjoncture objective se réunissait pour qu’ils puissent se vivre entièrement et complètement, dans toute leur pureté, à l’intérieur d’une réalité actuelle parfaite.» — Plérôme.

«Le paradoxe de l’esprit humain: par ses réalisations épistémologiques et scientifiques, il est colossal; par ses virtualités intellectuelles, il est infini; mais par l’ignorance dont il témoigne, des choses qui lui restent à explorer et à découvrir, il témoigne d’une lacune abyssale.» — Plérôme.

«La ruse du spéculateur consiste à déprécier aux yeux d’autrui la valeur inestimable d’une chose que l’on souhaite acquérir et s’approprier à vil prix, avant que celui-là puisse en estimer réellement l’importance pour ensuite, l’ayant en sa possession, laisser découvrir en quoi elle est réellement précieuse et ainsi, s’en séparant à fort prix, réaliser un bénéfice appréciable inouï; une variante de ce stratagème consiste à dérober à son propriétaire une chose de grande valeur, sans qu’il ne soit en mesure de savoir qui le lui a pris, ni comment s’est accompli le vol, ni quelle destination la chose dérobée a prise, ou encore, en utilisant la finesse et la fraude, la lui soutirer, en faisant peser sur ses épaules tout le fardeau qui consiste à dénoncer l’injustice et à récupérer le bien mal acquise, pour ensuite l’écouler lorsque le danger de la découverte sera passé ou la possibilité d’un recouvrement sera réduit, ou en camouflant le vol d’une manière à ne pas laisser croire qu’il se serait même produit.» — Plérôme.

«Tout est unique, tout est divers, tout est relatif.» — Plérôme.

«Le projet épistémologique de Badiou: la vérité du point de vue de l’être; ... du point de vue de l’apparaître; ... de l’être et de l’apparaître; ... de la vérité en elle-même.» — Plérôme.

«L’intuition précède-t-elle l’expérience ou l’expérience, l’intuition ?» — Plérôme.

«L’anarchie radicale consiste à substituer ce qui est relativement essentiel à ce qui est véritablement essentiel, souvent par caprice, souvent par ignorance, mais toujours en vue de servir un intérêt qui, se proposant comme étant général, sans toutefois être universel, demeure néanmoins particulier et donc accidentel, contingent et perfectible.» — Plérôme.

«La victime est la personne que l’agresseur, l’oppresseur ou le piégeur s’accorde, sciemment et intentionnellement, la possibilité de dominer, consécutivement au traumatisme ou à la blessure, physique ou morale, que son action engendre auprès d’elle.» — Plérôme.

«Il est moins compliqué de s’avérer parfait au Ciel qu’en Enfer car, en admettant que l’acquisition de la perfection fût possible pour quiconque ne le serait pas initialement, il suffit, lorsque l’on se trouve au Ciel, de l’être, sans être conditionné par des définitions arbitraires et aléatoires de l’apparence que la perfection est censée révéler, alors qu’en Enfer, l’on doive l’être selon des conventions qui sont établies afin de déterminer ceux qui seraient indiscutablement réputés impropres à en réaliser adéquatement et complètement la quintessence.» — Plérôme.

«Tout est relatif ... quant à l’Idée qui en fonde l’essence; quant au principe qui en spécifie l’existence, quant à l’agent qui en cause la réalisation; quant aux moyens qui en circonscrivent la réalité; quant aux relations qui en conditionnent les manifestations; quant aux virtualités qui en caractérisent l’entéléchie; quant aux fins qui en inspirent l’achèvement; et quant aux volontés qui en actualisent la perfection.» — Plérôme.

«Serait-ce que le décorum est une manière de rançon qui est versée à la vertu ou plutôt serait-il simplement le miroir, toujours approximatif et imparfait, du rayonnement qu’elle serait censé exercer sur l’âme de ceux qui sont exposés à sa présence ?» — Plérôme.

«Quelques couples archétypes: Éros - Psychè; Pandore - Épiméthée; Eurydice - Orphée; Pénélope - Ulysse (mais aussi Circé - Ulysse et Calypso - Ulysse); Didon - Énée; Marie-Madeleine - Jésus; Héloïse - Abélard; Lucrèce Borgia - Paolo (peut-être fictif); Éponyme - Gavroche; Roberte - Nelligan.» — Plérôme.

«L’exercice du pouvoir, sans référence à la moralité, risque de faire transparaître, ou de constituer effectivement, la situation où s’effectue l’expression d’une liberté, sans égard aux valeurs transcendantes du bien, du vrai et du beau.» — Plérôme.

«La médecine devrait s’intéresser à la question de l’’amnésie post-existentielle, c’est-à-dire de celle qui résulte du passage d’une existence à une autre, que l’on désigne sous le vocable de la mort, et qui se laisse constater par l’incapacité de se souvenir de ses vies et de ses expériences antérieures, une expérience qui est figurée chez les Anciens par le lac de Mnémosyne: pourtant, c’est un fait qui fait plus ou moins directement l’objet de la théorie platonicienne de la réminiscence lorsqu’elle pose que toute connaissance n’est en réalité que le rappel, dans la conscience, de connaissances autrefois acquises, mais subséquemment oubliées, car si celles-ci ne pouvaient avoir été acquises en cette existence actuelle, à quel autre moment antérieur de la vie pouvaient-elles avoir été suscitées et retenues ?» — Plérôme.

«Tels sont ceux qui, en réponse à l’honnêteté et à loyauté témoignées à leur égard, ne produisent que duplicité et trahison.» — Plérôme.

«L’exacerbation de l’égocentrisme, qui consiste à rapporter la conscience qui est acquise de l’expérience à sa propre individualité et à la situer dans l’immédiateté de la subjectivité actuelle, lorsqu’elle est généralisée à l’ensemble de la population, produit une manière d’introversion qui se répercute sur la perception générale du temps, qui la contracte en la centrant sur une conception actuelle du présent, sans que celle-ci ne trouve d’assise dans une conscience de la continuité qui résume un processus historique, soit au plan individuel, soit au plan collectif, et par conséquent n’autorise à aucune projection sur un avenir significatif, quant à une croissance et à un développement effectif et réel des essences et des virtualités de la personne et de la société.» — Plérôme.

«L’empirisme, qui fait reposer la connaissance sur l’expérience sensible — des sens extérieurs — est peut-être la raison la plus importante de l’aliénation des rapports entre l’homme et la femme qui, pour se réaliser adéquatement, c’est-à-dire d’une manière qui est appropriée à leurs valeurs respectives, passe nécessairement par la sphère subjective des intériorités qui se rencontrent immédiatement, mutuellement et spontanément, dans l’amour qui surgit et s’éprouve de manière complémentaire dans leur intensité avant toute expérience physique, et donc sensible. Ainsi, se connaître, pour les amoureux, c’est se sentir dans leur sentiment d’une attraction mutuelle et d’un bonheur réciproque, sans que n’intervienne, pour faire naître cet état d’une communion des cœurs, la dimension des sens physiques, autrement peut-être que ceux qui sont impliqués dans l’aperception de la présence et, là-même, celle-ci peut succéder à un pressentiment, celui d’être attente du promis ou de la promise qui mystérieusement apparaît, suite à une conjoncture de l’expérience et d’une préparation intérieure à la réaliser, un développement qui, tout en étant for loin de l’expérience épistémologique empirique, apporte en l’âme et en la conscience une culture aussi grande qu’elle est indiscutable.» — Plérôme.

«Les trois composantes de la justice effective sont une conception de la justice qui est adéquate à l’essence de cette idée; une vertu qui entraîne à vivre, conformément à cette idée à la conception que l’on en possède; et l’honneur qui motive à répandre et à propager, autant le désir de leur réalisation que les œuvres qui, par les actions et les conduites qui les constituent, en témoignent.» — Plérôme.

«En tant que tout rôle social requiert l’adaptation à un scénario qui est commandé implicitement par la fonction qui est exercée par l’individu, indépendamment de sa disposition personnelle et de sa préparation à l’exprimer de manière authentique, et donc exige de lui une composition qui procède des exigences propres à ce rôle, il devient vrai lorsque le jeu social de l’acteur social correspond à ce scénario, autant du point de vue de l’autorité politique que des autres acteurs sociaux, de même que la comédie dont le jeu des acteurs est congruent avec l’expectative sociale que la régie, la critique et l’auditoire des spectateurs entretiennent à son endroit, et le fausse dans le cas contraire où certaines de ces expectatives seulement, ou aucune expectative, ne sont rencontrées par lui.» — Plérôme.

«Le pouvoir signifie quelles sont les limites dont dispose la volonté de s’exprimer sans entrave et devient, par la qualité illustrée dans cet exercice, une manifestation de la moralité et du caractère de l’esprit qui en témoigne.» — Plérôme.

«La femme se contente de susciter et de maintenir le mystère existentiel qui procède de son être propre et l’homme, dans sa poursuite intellectuelle et rationnelle, n’a cesse de l’interpréter et de le désocculter.» — Plérôme.

«ANTIMÉTABOLE: la puissance de l’amour et l’amour de la puissance; au second degré: l’amour de la puissance de l’amour et la puissance de l’amour de la puissance.» — Plérôme.

«L’expérience traumatique pour la psyché dont la conscience retient le souvenir sans pouvoir ni y répondre, ni entrevoir l’occasion d’une réponse future qui lui soit adéquate, soit pour en interrompre le cours et en empêcher la perpétuation, soit pour apporter une rétribution adéquate à l’agent conscient qui en est moralement responsable et qui la fait naître gratuitement, risque de faire place au ressentiment; celle qui, en raison de son intensité et de la faiblesse constitutive de l’esprit qui l’éprouve, en dehors d’une lésion physique qui pourrait le révéler, risque de produire, en l’absence de la réminiscence et de la catharsis qui en résulte, une conversion symptomatique sémiologique.» — Plérôme.

«Tel reproche à Dieu son exigence, telle qu’elle se révèle dans son commandement d’amour, voire que dans son expression il soit miséricordieux, tel autre s’objecte par principe à l’intransigeance et l’implacabilité de Satan.» — Plérôme.

«Le secret institutionnel bureaucratique, qui stipule que les raisons fondamentales des jugements rendus par les fonctionnaires ne doivent pas être divulgués en dehors d’une procédure juridique dont les coûts sont souvent au-delà de la portée des simples particuliers, ne rendent pas plus honorables des arguments ad hominem afin de les remettre en question, ni plus véridiques, ni plus pertinentes les spéculations idéologiques qui en expliqueront la validité, mais elles ne rendent pas plus aidées les revendications qui en contesteraient, soit la justice, soit la validité des raisons qui en fonderaient les décisions, lorsque celles-ci s’avèrent erronées ou fautives.» — Plérôme.

«Agir contre la justice, c’est le crime; agir sans égard pour la justice, en omettant d’en pratiquer les principes et ainsi en les déniant de leur effectivité, c’est l’injustice.» — Plérôme.

«L’anecdote illustre le principe et non le principe, l’anecdote.» — Plérôme.

«La puissance consiste en la possibilité effective que comporte un être vivant, animé et conscient, à se déployer à l’intérieur de la création en réalisant le bien qui est inhérent à l’essence de son énergie vivante, non uniquement quant à la subsistance, durable et permanente, de son existence propre, mais également quant à celles des autres êtres vivants qui sont susceptibles de subir son influence, ainsi que l’effet de son action, et à coopérer à l’œuvre qui constitue la singularité et la particularité de sa destinée.» — Plérôme.

«La puissance est la possibilité qui est laissée à la personne d’être telle qu’elle est, c’est-à-dire selon la perfection ou la déficience de son essence intégrale, authentique et véritable; le pouvoir  consiste en la sanction morale accordée et officiellement confirmée pour la personne de disposer ainsi de sa capacité existante.» — Plérôme.

«Si l’amour rend aveugle, l’avarice, et sa contrepartie l’avidité de l’ambition, rendraient-elles sourd ?» — Plérôme.

«Selon le professeur S. Latouche, les trois piliers de la société monarchique contre lesquels s’est acharné le siècle des Lumières sont la transcendance, la tradition et la Révélation.» — Plérôme.

«Le mal est une dérogation à la perfection: d’un point de vue moral, il consiste en l’action qui produit cette imperfection de manière lucide, intentionnelle, résolue et intéressée.» — Plérôme.

«Les trois formes, que prend le droit selon les circonstances, sont le droit distributif, le droit rétributif et le droit commutatif: chacun d’eux se fonde sur le jugement, le premier, associé à la charité, qui éprouve de la compassion pour son semblable; le second à l’équité, qui récompense le bien et châtie le mal, en faisant une appréciation exhaustive et adéquate des circonstances sous lesquelles et par lesquelles ils se sont manifestés et produits; et le troisième, à l’honnêteté qui, dans les échanges, offre en contrepartie, sans fausseté ni déception, une valeur équivalente pour un objet ou un service reçus. Le premier est politique, le second judiciaire et le troisième économique, mais tous les trois puisent à la notion de la justice qui tantôt valorise la bonté, tantôt la compassion et tantôt la vertu, tout en cherchant à rendre à chacun son dû, selon le mot d’Aristote, et ainsi sont-ils le fondement de la vie morale, de la vie civique et de la vie sociale, sans réduire par ces distinction la portée effective et l’imbrication réciproque de celles-ci.» — Plérôme.

«Le complexe de l’Amazone représente l’aspiration, pour certaines femmes, à construire un monde en lequel le pouvoir dominant appartient au sexe féminin et puise à toutes les ressources qui sont propres à sa nature et à son identité psychosexuelle et qui les caractérisent spécialement, en réduisant la dimension masculine de l’humanité à un rôle secondaire de figurant, y compris au plan génésique de la continuation et de la perpétuation du genre humain et en niant de ce fait l’idéal et le principe de la complémentarité des sexes.» — Plérôme.

«Une lecture, c’est comme toute autre forme de travail: on en retire, en termes de résultats — apercevables sous forme des découverte effectuées et de significations nouvelles acquises —, ce que l’on y met en efforts, en concentration, en attention, en compréhension, en intelligence et en expérience.» — Plérôme.

«Le triangle politique: la puissance qui incline et dispose à exercer de son influence sur le monde et sur ses semblables; le pouvoir qui l’exprime effectivement; et la moralité qui constitue l’excellence de cette entreprise.» — Plérôme.

«Il y a ceux qui savent, et qui par discrétion se taisent; comme il y a ceux qui ne savent pas et qui pourtant ont beaucoup à dire.» — Plérôme.

«L’hypothèse d’un crime parfait, qui ajoute l’insulte à l’injure: causer sciemment, directement ou indirectement, un préjudice à son semblable, de manière ensuite à lui faire porter l’opprobre et la responsabilité de cet événement.» — Plérôme.

«Le problème historique de la vérité, c’est d’avoir à se défendre avec courage contre des croyances que l’intelligence, tout en admettant le principe et la nécessité de cette idée-valeur transcendante, se voit dans l’obligation de néanmoins se laisser transformer par la fausseté ou l’incomplétude de ses propositions, de ses doctrines et de ses convictions, souvent issues d’une pragmatique qui doit associer l’idéalité et la pureté d’une conception avec les contraintes pratiques qui risquent de la dénaturer et de la corrompre, pour ne pas compromettre l’édifice individuel et social qui s’est établi sur elles et grâce à elles, si incorrectes et erronées fussent-elles autrement.» — Plérôme.

«Le problème avec l’inconscient, lorsqu’il s’exprime au plan collectif, c’est qu’il est rarement apparent pour l’ensemble et que seulement quelques consciences privilégiées sont susceptibles de l’apercevoir, en raison soit du degré de l’éveil de leur intelligence qui les prépare à percevoir un tel phénomène, soit de la qualité de l’inspiration qui la dispose à en reconnaître la présence et à en identifier l’essence.» — Plérôme.

«Toutes les sciences, en raison de l’incomplétude de leur propos et de la vastitude indéfinie de l’univers sur lequel elles portent, sont des parenthèses ouvertes sur l’avenir.» — Plérôme.

«Tels sont ceux pour qui le comble du succès consiste à commander le profit le plus généreux pour soi, résultant des entreprises qu’ils mettent en chantier, et la gratuité la plus complète de leurs semblables, lorsqu’ils y contribuent d’une manière significative et reconnaissable.» — Plérôme.