[Depuis le 27 janvier 2021, avec mises à jour périodiques. — Since January 27th 2021, with periodical updates.]
«Il
est curieux que Freud ait fait de la mort du père, occasionnée par une
rivalité entretenue à son endroit par l’un de ses fils, que l’on
présume être le plus fort, comme étant le ressort de la vie du clan et
de son inscription à l’intérieur de l’histoire alors qu’en réalité,
bien avant que l’inégalité des rapports entre le père et ses fils rende
celui-là vulnérable à leurs prétentions, existe celle entre les
enfants, mâles ou femelles, de la fratrie, pouvant conduire jusqu’au
fratricide, lorsque la haine et l’ambition désordonnée en viennent à
prévaloir.» — Plérôme.
«Les deux moments critiques de l’étude de
la philosophie — qui en elle-même ne saurait constituer un programme
simple —: d’abord comprendre les penseurs historiques et les théories
qu’ils formulent afin de concevoir exhaustivement la «réalité», y
compris dans les influences intellectuelles historiques que chacun de
ceux-ci peut entretenir les uns avec les autres; ensuite, relier
celle-ci à la «vérité» permanente et constante, telle qu’elle se
manifeste à tous les âges dans l’expérience individuelle et collective
de l’humanité et qu’elle peut se laisser apercevoir dans les
«inspirations lumineuses» qui traversent les pensées de toutes les
intelligences et les idées de tous les doctes penseurs, lesquelles
trouvent leur source dans une pensée immuable, universelle et
éternelle.» — Plérôme.
«Les demi-vérités sont souvent pires que
les mensonges, quant à leurs conséquences empiriques et leurs effets
diffamants, puisqu’elles se fondent souvent sur des faits qui sont
partiellement et non exhaustivement et complètement expliqués et que,
par conséquent, ils reposent sur l’imagination fantaisiste, soit du
narrateur, soit de l’auditeur, afin d’en accomplir la reconstitution,
d’où la tendance à mener l’interlocuteur à formuler des conclusions
fallacieuses et à entreprendre des actions conséquentes inopportunes.»
— Plérôme.
«Tels sont ceux pour qui le caprice, le besoin,
l’habitude ou l’instinct tiennent lieu de raison, en substituant au
sens de l’intelligence de la nature, de l’origine ou de la finalité de
l’action accomplie librement, la nécessité impérative et contraignante
de ces inclinations.» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui, alors
qu’ils traitent leurs semblables en paresseux, s’avèrent eux-mêmes trop
oisifs pour connaître en quoi leur jugement à leur égard est téméraire
et injuste.» — Plérôme.
«L’esclave n’est jamais suffisamment zélé ou appliqué afin de servir le loisir d’un maître excessif et tyrannique.» — Plérôme.
«La
fatalité est le sort que l’on éprouve, quelque soit l’effort apporté
pour se le mériter et se le rapprocher, s’il est favorable — en lequel
cas on le nomme la chance (ou la bonne fortune), et la grâce,
lorsqu’elle implique l’intervention bienveillante d’une conscience ou
d’une volonté distincte de la sienne propre —, ou pour ne pas en
démériter et se l’éloigner, s’il est défavorable — en lequel cas
on le nomme la malchance ou encore la malice, dans le cas contraire
d’une action délibérée et malveillante —.» — Plérôme.
«La vertu
est un état qui, dans sa spécification et son orientation adéquate à
une situation, conditionne la nature morale de la volonté qui est
productrice de l’acte et, dans la liberté de la conscience, elle entre
en communion avec l’Être Suprême qui en est la source, le principe,
l’origine et la réalisation ultime.» — Plérôme.
«La seule
manière logique d’aborder le problème du mal «sans visage»,
c’est-à-dire du mal qui se commet de manière occulte et anonyme, c’est
d’enquêter et de découvrir quels en sont la source, la cause et l’agent
véritable, de sorte à pouvoir apporter le remède qui est adéquat au
défaut qu’ils occasionnent et qu’ils propagent.» — Plérôme.
«L’écart
qui s’établit entre l’être et le devoir-être requiert, pour qu’il se
produise, une action — initiée individuellement ou accomplie
collectivement — qui est dépréciatrice de l’être existant et/ou une
inaction qui est auxiliaire du mouvement par lequel l’être en vient à
déchoir; et, pour qu’il disparaisse, une action rédemptrice de l’être
existant sous son état diminué et/ou une action associée, d’une
envergure suffisante, qui produit un effet donnant sens et renforcement
à ce rétablissement.» — Plérôme.
«Le mensonge, comme la ruse, ne
sont qu’une tactique comme une autre, dans l’exercice, le maintien et
la conservation du pouvoir et, s’ils dénotent une forme d’inventivité
dans la poursuite de ces fins, ils ne sauraient illustre, soit la
sublimité de l’idéal moral qui le fonde, soit la forme supérieure de la
créativité morale requise afin d’en témoigner.» — Plérôme.
«Un
pays qui possède une police secrète dont on sait qu’un tel appareil de
contrôle social, légal et moral existe, ne peut plus prétendre, en
toute logique, que cette police est secrète; et, en supposant qu’une
telle police puisse prétendre exister, elle suppose, afin de
l’encadrer, un appareil judiciaire tout aussi secret, autrement cette
police se donnerait à elle-même sa propre loi qui, ne possédant aucun
critère extérieur à ses raisons pour la valider, serait à la fois
suprême et arbitraire, par rapport aux autres institutions sociales,
tout en demeurant largement ignorée de la population qui en serait les
sujets et les «bénéficiaires» de ses actions, d’où procède la notion
et, lorsque formulée, l’idée d’un État séparé, parallèle et subsumant
que régissent des valeurs et des principes et des valeurs dont la
qualité morale sont les seuls garants de sa valeur réelle: la
distinction que fait Augustin entre la Cité de Dieu et la cité
terrestre, comme celle, plus traditionnelle et primordiale, entre les
fils de la Lumière et les fils de ce monde, illustrent cette dichotomie
axiologique, politique et métaphysique qui se fonde sur la notion d’une
lutte entre les forces du bien et celles du mal.» — Plérôme.
«Lorsque
le meilleur qui est exprimé en soi interpelle à rencontrer la
reconnaissance et la gratitude de ses semblables, à tous les plans où
il est convenu de les exprimer, plutôpt qu’une simple appropriation,
par la ruse ou par la force, du fruit de l’effort qui le révèle,
seulement alors est-il possible de voir en la mutualité de cette
relation l’expression d’une égalité véritable, fondée sur l’amitié, la
dignité, l’amour, la chaleur, la spontanéité et le respect, et non pas
seulement sur un formalisme convenu et superficiel que prescrit un
canon de la civilité qui est propre à l’idée de la culture et de la
civilisation.» — Plérôme.
«Toute action, comme tout effet, sont
ultérieurement imputables à une puissance dont la nature et la qualité
de la moralité — en termes des idées-valeurs transcendantes du bien, du
beau et du vrai — se trouvent réflétées dans le genre, l’intensité, la
raison et la fin qui les caractérisent.» — Plérôme.
«L’on parle
du préjugé comme étant quelque chose d’exceptionnel et a priori
répréhensible alors qu’en réalité, il est un fait de l’existence fondé
sur l’expérience et constitue un savoir que l’on tient — à tort ou à
raison — pour être vrai , une croyance qui sert de fondement à la
perception et à l’action qui sont constitutives des expériences
subséquentes ainsi que des connaissances qui en procèdent; par
ailleurs, celles-ci sont toujours aptes à être examinées, à l’aune des
trois idées-valeurs transcendantes du bon, du vrai et du beau de sorte
à recevoir, sous le regard de la critique qui les conserve comme étant
sûres ou qui les question comme étant douteuses, soit un assentiment
total, comme étant éminemment valables, soit un assentiment équivoque,
comme pouvant être plus complètement conformes à ces idées-valeurs, en
étant éprouvées au creuset d’expériences futures, soit un rejet
catégorique, comme étant indignes de fonder des jugements der la
conscience, et des actions qui en procèdent, au plan moral
(axiologique), épistémologique (apodictique) et/ou esthétique
(épidictique).» — Plérôme.
«Ce qui distingue fondamentalement la
sauvagerie et la barbarie, c’est que celle-là n’a pas encore découvert
la valeur rédemptrice que comporte l’amour pour l’humanité alors que
celle-ci cherche le salut d’icelle dans le divorce qu’elle impose à la
conscience, dans son rapport avec l’existence, entre la sublimité et la
profondeur de l’amour, vécu de manière complète et authentique, et les
autres idées-valeurs de l’existence, connues intellectuellement et
rationnellement, entourant la préservation, la diffusion, la
conservation et la perpétuation de la vie, indépendamment d’une
moralité adéquate qui en admet l’importance et le caractère essentiel
et qui a défini la voie infaillible de la garantir et de la protéger.»
— Plérôme.
«Un narratif peut se concevoir en plusieurs sens,
parmi lesquels il y a le propos qui se forme afin d’exprimer la
compréhension que l’on acquiert d’une chose, lequel renvoie au mystère
des choses et à l’improbabilité d’en saisir complètement l’essence,
mais aussi celui qui se forme afin de se donner, et aussi à autrui,
l’illusion que l’on comprend les choses afin de pouvoir justifier —
pour soi et pour autrui — l’attitude que l’on adopte à leur égard,
lequel renvoie à la dimension sociale de la réalité.» — Plérôme.
«Pourrait-on
concevoir la philosophie comme étant la science des sciences ? Et la
théologie comme étant la science des principes divins, puisqu’ils sont
premiers et qu’ils servent à dériver tous les autres principes
fondamentaux de l’intelligence, de la raison, de la conduite et de
l’action ?» — Plérôme.
«À ceux qui se plaisent à leur état, sans
égard pour la justice d’une excellence qui est au-delà de celle qui
fait l’objet de leur satisfaction immédiate, le devoir-être peut leur
sembler être une idée gratuite et superflue; à ceux que leur état rend
insatisfait, en raison de l’insuffisance de la bonté d’une justice
objective qui n’est pas adéquate, il est une notion pressante et
nécessaire.» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui élèvent
l’inessentiel en essentiel afin de mieux exclure ceux qui ne partagent
pas leur sens axiologique et le champ de leurs priorités morales et, ce
qui est peut-être pire encore, de leur imposer une peine injuste qui
éventuellement conforte leur sensibilité et leur pudeur particulières,
mais qui rend un tort profond à certains individus et à certaines
classes de la société.» — Plérôme.
«Le comble de l’égoïsme: tout
ce qui appartient à autrui appartient à soi également, mais tout ce qui
appartient à soi n’appartient qu’à soi uniquement.» — Plérôme.
«La
puissance de Dieu façonne l’homme ainsi que la femme à son image, qui
est également celle d’un Être créateur et libre: ainsi, autant l’homme
que la femme ayant intériorisé la volonté divine, et choisi en
conscience de vivre en conformité avec elle, tous deux se façonnent
intérieurement selon l’image qu’ils possèdent de l’imago divine
originelle, chacun selon leur nature humaine commune et leur qualité
générique distinctive, de sorte que, une harmonie et une continuité
existant entre l’imago primitive divine et la représentation qu’ils en
réalisent, l’homme, devenu père, et la femme, devenue mère, deviennent
en leur progéniture la condition d’une génération humaine qui soit la
plus accomplie et la plus achevée possible, dans la liberté plénière et
mutuelle de tous les participants — Dieu (Deus) et l’homme (homo);
l’homme (vir), la femme (mulier) et les enfants (pueri) — à ce projet
grandiose.» — Plérôme.
«Le pouvoir, étant l’illustration d’une
puissance, n’est en soi ni répréhensible, ni contestable, mais il est
susceptible de le devenir, en raison de l’usage imparfait, incomplet ou
vicié, que l’agent qui l’illustre peut en faire, qu’il procède qu’une
imperfection qui est commune à l’époque en laquelle il s’exerce ou
qu’il illustre l’inaccomplissement individuel, familial, social ou
culturel de la conscience morale qui le détient.» — Plérôme.
«Si
l’on ne peut voir en le mensonge un mal-en-soi — et il existe des
situations où le mensonge peut être justifiable et excusable, ou à tout
le moins le recours à cet expédient être humainement compréhensible, ce
qui porterait à regretter que de telles situations malheureuses
puissent exister et à vouloir en empêcher l’apparition —,
peut-être pourrait-on en évaluer la désirabilité selon l’effet qui
résulte de sa production et la qualité du bien objectif qui peut
résulter de son énonciation.» — Plérôme.
«En règle générale, les
croyances sont reçues et elles se transmettent sous l’effet de la
confiance et de l’habitude, mais lorsque la croyance est acquise et
qu’elle est le résultat d’une conviction spontanée qui est associée à
une expérience unique, remarquable et fortuite, elle est souvent alors
le produit d’une conclusions qui s’impose invinciblement à la
conscience comme étant non seulement certaine et indubitable, mais
aussi le résultat d’un cheminement intellectuel et moral que
naturellement toute personne serait susceptible d’effectuer dans les
mêmes circonstances.» — Plérôme.
«Le droit est beaucoup plus
qu’une théorie de l’ordre social, susceptible de cautionner et de
sanctionner toutes les formes que peut prendre l’amoralité, jusque dans
l’expression outrancière de l’immoralité vers laquelle elle peut
dévoluer, en raison du bien que représente la vie et la puissance
déliquescente de ces états négatifs sur les conditions et les vertus
qui en représentent l’actualisation et la plénitude.» — Plérôme.
«L’influence
ultime de la femme trouve son siège dans l’intimité des son sentiment
et de sa pensée, telle que cette intériorité se révèle dans ses
conduites (son propos, son apparence, ses actions, ses préférences, son
style d’être, son parler et ses choix de vie).» — Plérôme.
«L’égalité,
considérée à la lentille de l’égoïsme et de l’amour désordonné de soi,
devient alors le leitmotif de l’exhaussement de soi, sous prétexte
implicite que non seulement elle y autorise, mais qu’elle l’ordonne et
le sanctionne.» — Plérôme.
«C’est lorsque les temps sont
difficiles et éprouvants que l’on découvre les amis que l’on croyait
avoir et ceux que l’on ne savait pas que l’on avait.» — Plérôme.
«La
bourgeoisie matérialiste s’est donné un état «parfait» au moyen de la
violence révolutionnaire et, se complaisant en cette perfection qu’elle
a imaginée comme étant ultime et sans possibilité d’amélioration
possible, dans le concept qu’elle a produit, lui-même étant déterminé
par la nature inerte de la matière qui le conditionne, et satisfaite de
l’aisance, du confort et du plaisir esthétique qu’elle en retire, elle
s’autorise à une suffisance qui la rend imperméable aux injustices
qu’elle perpétue et aux souffrances indues qu’elle cause, sans vouloir
comprendre qu’il existe bien une perfection supérieure à celle qu’elle
a voulu réaliser et elle se situe ailleurs que dans le matérialisme, le
sensualisme, l’hédonisme et le rationalisme qu’elle préconise.» —
Plérôme.
«L’amour organique qui lie deux âmes qui s’aiment est à
ce point intégral que sa rupture, qu’elle soit issue délibérément du
libre arbitre, qu’elle trouve son origine dans les mobiles obscurs du
subconscient ou qu’elle soit commandée par la force irrésistible des
circonstances, résulte en un vide essentiel qui cherche à être comblé
par le désir dans l’âme et dans l’esprit, à chaque instant de leur vie
affective: tel est le principe psychologique à la base de
l’érotomanie.» — Plérôme.
«Le trait dialectique qui caractérise
les cultures existentielles mondiales depuis des temps immémoriaux, et
pouvant fonder la métaphysique occidentale, alors qu’il constitue, avec
le mal qui s’oppose au bien et la mort qui nie la vie, une des dualités
fondamentales de la vie de l’esprit, c’est l’anti-érotisme qui s’oppose
à l’érotisme et dont Empédocle fait l’expression, dans sa physique,
avec son opposition de la haine et de l’amour.» — Plérôme.
«La
trinité révolutionnaire, dans l’histoire de la France: Danton, le
rhéteur; Marat, l’idéologue; et Robespierre, le stratège.» — Plérôme.
«Voler, tricher, mentir: les trois piliers d’une moralité fondée sur l’intérêt exclusif de soi.» — Plérôme.
«Le
droit à l’incroyance repose sur un fond de croyance et, inversement, le
droit à la croyance suppose la prédominance de l’incroyance et, en
cela, cette opposition reprend celle qui existe entre l’ignorance, qui
énonce l’opinion fantaisiste et donne lieu à la superstition, et la
science, qui produit le savoir fondé et ouvre sur la connaissance:
ainsi, la question devient, pour l’une comme pour l’autre antithèse,
s’il vaut mieux privilégier l’incroyance ou l’ignorance sur la croyance
ou la connaissance; pareillement, il s’agira de comprendre quelles sont
les causes de l’incroyance et de l’ignorance comme d’appréhender
quelles sont les sources de la croyance et de la connaissance, comme
également de la vérité qui devient le garant de leur valeur.» — Plérôme.
«L’enfant
est le constant rappel que, lorsque l’on aime quelqu’un, ce n’est pas
uniquement pour ce qu’il a été, ou pour ce qu’il est toujours
maintenant, mais aussi pour ce qu’il devient.» — Plérôme.
«Dans
la société que l’on médicalise, que l’on forme sur le modèle du vivant
qui n’est plus qu’un malade en état de survie, chacun de ses membres
est un patient en attente de recevoir un jour des soins et chacun des
fonctionnaires est l’ersatz et la préfiguration du médecin.» — Plérôme.
«Devant
les adversité inévitables et incontournables de l’existence, seul le
courage qui est démontré à les surmonter constitue la solution adéquate
à savoir les surmonter.» — Plérôme.
«“ ...alors Satan entra en
lui [Judas]” (Jean 13, 27) — Doit-on comprendre par là que toutes les
promesses que fit Satan à Jésus, pour lui persuader de l’adorer,
seraient dévolues à Judas, dans l’esprit du Prince de ce Monde, afin de
le récompenser de sa trahison ?» — Plérôme.
«Peut-on assez
louanger et se montrer reconnaissant de la générosité sincère et
désintéressée qui est témoignée à l’égard de son ou de ses semblables
?» — Plérôme.
«Le féminisme, c’est l’homme qui devient le faire-valoir de la femme.» — Plérôme.
«Ahriman
est le premier à avoir découvert et poursuivi la commission du tort,
i.e. la faute comme dérogeant à une intelligence, individuelle et
personnelle, de la notion de la perfection dont elle appréhende
subjectivement l’essence, pour en dénoncer par conséquent la dérogation
même peccamineuse: voilà un sens possible du proverbe anglais — “The
devil is in the details”.» — Plérôme.
«Dans l’acception
courante, l’hypocrisie consiste en l’art de feindre la sincérité et
l’authenticité afin de poursuivre un but ou une fin que l’on ne saurait
ouvertement avouer, soit qu’ils seraient moralement répréhensibles,
soit qu’ils contrediraient des fins ou des buts différents, soit qu’ils
soient exclusivement préoccupés par la promotion et par l’avancement
d’intérêts particuliers, sans égard pour ceux d’autrui, et elle
caractérise toujours un intérêt belliqueux plus ou moins larvé et plus
ou moins justifiable, selon que le but ou la fin poursuivis sont
honorables ou condamnables: à un plan moral, la question qui se pose
est celle de savoir si l’hypocrisie est en soi défendable ou s’il vaut
mieux être en tout temps, pour une conscience pure et sans
reproche, sincère et authentique, peu importe ce que serait la
conséquence d’une attitude contraire.» — Plérôme.
«Vouloir nier
Dieu, ce n’est pas seulement refuser de reconnaître Son existence,
c’est aussi vouloir effacer la preuve de celle-ci, dont la nature, et
en particulier l’être vivant et en particulier l’être humain, sont le
témoignage le plus éloquent: or, une telle entreprise relève de
l’absurdité puisque le négateur de Dieu, étant aussi un homme, ne
saurait désirer sa propre origine et sa propre fin, et donc profiter
pleinement de la nature et de la civilisation qui se construit sur
elle, en pleine reconnaissance de ce principe, d’où la position que
prend celui-ci en faisant comme si (as if, als ob) elle n’a ni cause,
ni agent suprême qui en soient les principes originels.» — Plérôme.
«Un
crime, pour être “parfait”, n’en reste pas moins un crime: et s’il est
jugé “parfait”, c’est qu’il n’a pu être empêché et que ses agents sont
susceptibles d’échapper à la détection, à l’identification et à la
rétribution qu’en raison de leurs actions, ils se sont mérités, soit
parce que les indices de leur forfait ont échappé à la vigilance des
témoins (ce qui révèle le génie maléfique de l’agent), en raison de la
subtilité de l’effet de leur conduite et de leur présence, soit que ces
témoins, entrevoyant le méfait, se sont montrés impréparés ou peu
disposés à le prévenir ou à le relever (ce qui témoigne de
l’impuissance ou de la complicité tacite des témoins, quand il ne
s’agit pas tout simplement de lâcheté).» — Plérôme.
«Comment des
règlements et des politiques qui, ne poursuivant a priori aucun dessein
pervers, peuvent résulter en des effets délétères, si ce n’est qu’en
raison de la rigidité des institutions qui les appliquent, de
l’imperfection des perceptions, des prévisions et des jugements des
consciences qui les forment et de l’impréparation à considérer et à
corriger les déviations qu’ils engendrent, lorsqu’ils se manifestent à
la conscience de la société et des autorités qui la conduisent ?» —
Plérôme.
«Lorsque la conscience collective est préoccupée
uniquement par le maintien du statu quo, par la préservation de l’état
actuel en lequel se trouve la société qui le génère, les discours
s’interpréteront uniquement en termes d’une validation ou d’une
infirmation de ses principes, quelles que soient autrement la valeur,
la pertinence ou la qualité du propos qui est exprimé, de sorte qu’il
en résulte que soit il est censuré comme portant préjudice aux
générations futures, soit il est préservé comme étant apte à les
inspirer, mais jamais ils ne seront cautionnés comme étant aptes à
promouvoir le principe de l’évolution qui est au cœur de toute vie,
biologique ou sociale, sauf dans le sens restreint où il est
préalablement prescrit et sur lequel se fonde l’actualité de l’état
social.» — Plérôme.
«Telle nature, qui est dite mauvaise, commet
le mal en raison de la gratification immédiate qu’elle en reçoit,
souvent sans égard aux conséquences, et révèle une inconscience et un
manque de prévision et de jugement; telle autre nature, qui est dite
méchante, commet le mal en tirant sa gratification premièrement des
conséquences malveillantes qui s’ensuivent et souvent d’autant plus que
celles-ci sont importantes et pénibles à supporter pour ses victimes et
ses patients, en révélant ainsi une cruauté et une malignité patentes.»
— Plérôme.
«L’intelligence est la faculté qui interprète la
réalité des expériences, qu’elles trouvent leur origine dans le milieu
interne et ressenti ou dans l’environnement sensible et empirique, en
vue de servir l’actualité et l’avenir de l’état de la personne, à la
fois dans son implantation dans le monde et dans l’amélioration des
conditions qui augmenteront son bien-être et son bonheur: c’est, par
conséquent, au plan politique, à l’intelligence de ses compatriotes que
l’on doit s’adresser afin d’éclairer les attitudes individuelles et de
persuader l’effort collectif qui, eu égard à l’expérience commune et
partagée, créera la culture qui optimisera les circonstances et les
situations, et maintiendra les idées et les valeurs correspondantes, de
manière à en apporter la perpétuation et la pérennité dans le temps
ainsi que la communication et la diffusion dans l’espace.» — Plérôme.
«L’histoire
saisit et relate les faits, autant dans leur singularité que dans leur
interaction dynamique, aussi objectivement qu’ils puissent être
constatés par un observateur impartial, mais c’est l’intelligence de
l’esprit qui en interprète les significations, les raisons, les
directions, les finalités, les principes et, ultérieurement, les
intentions.» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui nomment “don” ce qui
est en réalité un vol, non seulement afin de masquer le délit, par
cette transformation et cette déformation sémantiques, mais peut-être
aussi pour ne pas avoir à exprimer de reconnaissance et de gratitude à
l’endroit de celui (ou de celle) que l’on rend victime de ce dol.» —
Plérôme.
«Les anciens s’autorisaient à philosopher suite à
l’accomplissement d’une expérience de la vie dont ainsi ils en
interprétaient les significations; les modernes, à réfléchir sur
l’expérience de la vie telle qu’elle leur apparaît afin de mieux
préparer celle qu’ils vivront éventuellement et subséquemment: mais peu
importe la direction empruntée, l’une mène nécessairement à l’autre,
puisque toute expérience vécue appelle à une réflexion qui en
interprète les significations comme toute expérience que l’on se
prépare à vivre suppose une préparation qui permette de l’accomplir
avec prudence, l’attitude moderne appelant l’attitude philosophique
ancienne et l’attitude ancienne produisant l’attitude philosophique
moderne.» — Plérôme.
«L’anonymat et l’impersonnalité sont
la bénédiction de l’ingratitude, en raison à ni ne pouvoir (suite à la
dépersonnalisation conséquente), ni ne devoir (vue l’anomie
subséquente) en témoigner, pour celui qui est disposé à illustrer cette
qualité.» — Plérôme.
«La seule société bien ordonnée qui est
justifiable se fonde sur le doit qui fait la promotion effective de la
justice, estimable à la lumière des idées-valeurs transcendantes du
bien, du vrai et du beau.» — Plérôme.
«La conspiration la plus
difficile à contrer, pour un État politiquement sain, consiste à
encourager chez chacun des complices la commission, dans la
clandestinité, d’une action subversive, importante et significative,
pour ensuite se ranger parmi les conformistes, dans l’attente de
constater les fruits de son effort comme aussi ceux qui résulteront du
cumul des efforts semblables, en espérant que cette action concertée ne
sera pas éventée, ni que leur contribution particulière à son
déroulement ne sera pas découverte.» — Plérôme.
«Dans la
politique, l’argument ad hominem devient souvent l’ultime recours
devant une position intellectuelle irrecevable ou un changement
inacceptable, sans qu’il n’apparaisse pratique, convenable, imaginable,
concevable ou même possible, de formuler un contre-argument adéquat,
équivalent ou meilleur.» — Plérôme.
«Il est facile d’attribuer à
un auteur un propos qui ne fut jamais prononcé ou une opinion qui ne
fut jamais partagée par lui, pour ensuite en démontrer la fausseté et,
à vrai dire, une telle pratique requiert une imagination débordante et
admirable, mais elle ne saurait convenir à un esprit épris de justesse
et de droiture, enclin à donner à ses semblables, le plein crédit de
leur pensée et de leurs actions.» — Plérôme.
«À tout seigneur,
tout honneur ! : le contrat social implicite consiste en ce que chacun,
en œuvrant à fonder la société sur le droit et sur la justice, pourra
compter sur la reconnaissance désintéressée de ses semblables ainsi que
celle de l’autorité légitimement constituée, d’y avoir ainsi concouru,
de manière significative et proportionnelle à ses moyens, avec
générosité, constance, persévérance et sincérité.» — Plérôme.
«L’anarchisme
métaphysique consiste à accorder aux champs sémantiques qui tombent
sous son influence des significations contraires à celles qu’il
conviendrait de leur apporter (v.g. définir la haine par l’amour, la
mort par la vie, le vice par la vertu, et l’inverse) pour ensuite
ériger en modèles les représentations qui illustreraient ce
renversement.» — Plérôme.
«En période d’hystérisme collectif
généralisé, que caractérise une préoccupation excessive, pour ne pas
dire unique, avec la valeur matérielle, devenue le fétiche de la
sécurité physique, au détriment de la croissance spirituelle et du
dévbeloppement moral, seule une anamnésie générale, accompagnée d’une
catharsis commune peuvent rétablir la progression saine de l’ensemble,
mais leur production devient d’autant plus difficile, et le terme de la
fin espérée et recherchée d’autant plus éloigné que l’inconscient
collectif offre une résistance importante et viscérale à la vérité,
autant celle qui résulte de l’inspiration lucide et éclairée comme de
l’effort constant et persévérant du chercheur sérieux que celle qu’il
parviendra à énoncer et exprimer avec les moyens qui lui fournissent la
raison (analytique et synthétique, inductive et déductive),
l’imagination historique et mythologique et la sensibilité aux
mouvements et aux états de l’âme collective.» — Plérôme.
«C’est
l’inconscience qui empêche le sujet conscient de connaître quelle est
son essence véritable, autant dans sa nature profonde que dans
l’étendue de son expression; c’est l’inauthenticité qui caractérise le
sujet moral, lorsqu’il désire, ni d’en réaliser toutes les virtualités,
ni d’en assumer toutes les responsabilités et elle peut même aller
jusqu’à usurper l’identité d’un tiers afin d’en actualiser
l’inaccomplissement.» — Plérôme.
«La faculté de l’introspection
est certes une qualité très désirable, en ce qu’elle permet de
découvrir en soi, par la réflexion, la méditation et la critique, les
ressources qui, une fois libérées, mèneront à la transformation désirée
des situations problématiques ou encore à celle des dispositions de la
conscience individuelle qui les engendrent ou qui contribuent à leur
conservation et à leur perpétuation, mais elle repose avant tout sur
une disposition désintéressée qui se fonde sur un sentiment de l’équité
et une idée de la justice que l’on reconnaît être universellement
présents en toute conscience humaine et de l’intérêt, existant en
chacune d’elles, à en favoriser généralement la promotion et la
défense, comme étant essentielles à une vie saine et équilibrée, à
l’intérieur d’une société harmonieuse et juste.» — Plérôme.
«Il
est irréaliste d’évacuer complètement l’histoire, comme certaines
souhaiteraient le faire, pour se situer uniquement dans le présent afin
de faire l’expérience des situations et des circonstances qui se
présentent à la conscience puisque, sauf à invoquer une agence
mystérieuse et énigmatique pour les faire toutes surgir spontanément,
tout événement suppose un avènement, et par conséquent un ordre de
causes successives et d’agences qui le produisent, celles-ci étant
également issues d’un contexte spatio-temporel qui est étranger au
présent qui les accueille et qui en constitue le champ de l’expérience.
§ Mais le regard de la conscience qui le considère et qui en apprécie
les principes et les fins, la valeur et l’importance, la raison d’être
et la signification, accomplit spontanément cette action du point de
vue du sujet qui le subit et non pas de celui de l’agent qui le cause
et, en raison de l’écart spatio-temporel qui existe entre la cause
historique et son effet ultérieur, les motifs qui président à la
causation de l’événement échappent totalement aux consciences pour
lesquelles il constitue un fait accompli, sauf si un effort est fait de
s’extraire, par la pensée, la réflexion, l’analyse et la théorie, du
moment immédiat de l’expérience qui se vit afin de se situer au moment
effectif de l’expérience qui se constitue afin de comprendre quels en
sont les ressorts et les conditions. § Seulement alors, le présentisme
de l’analyse historique, centré sur l’actualité de l’expérience subie,
peut-il se transformer en perception objective de l’histoire en
opérant, au moyen de l’imagination, un transfert du champ de la
conscience vers les époques et les lieux, les sociétés et les cultures,
en lesquels l’expérience s’est constituée afin de comprendre le milieu
en lequel s’est accomplie cette génération et d’interroger les
conditions grâce auxquelles cette genèse a pu se réaliser.» — Plérôme.
«L’esprit
d’une époque conçoit et définit tout ce qui survient — les situations,
les circonstances, les événements et les entités — en fonction des
idées qui sont prévalentes à ce temps, de manière à constituer une
Weltanschauung qui la distingue de celles qui appartiennent aux
civilisations qui existent en simultanéité, qui ont existé dans le
passé et qui se révéleront dans l’avenir, une manière basique de la
comprendre et de les expliquer et qui même peut servir à les
caractériser et à les identifier, si un soin particulier n’est pas pris
à en saisir l’originalité et la distinction propres à leur essence
singulière.» — Plérôme.
«La ponctualité est la politesse des rois comme l’hypocrisie est celle des manants impies et des vauriens infidèles.» — Plérôme.
«Le futur réalisé est l’utopie du moment actuel.» — Plérôme.
«L’empirisme
radical a réduit l’univers à n’être plus que l’évidence sensible des
choses, répondant aux sensations externes et aux sens intérieurs (du
mouvement et de l’élan vital), plutôt qu’il n’en est l’intuition de
l’essence et la participation de l’âme, comme de l’esprit, à celui-ci.»
— Plérôme.
«Quant au jugement, dont l’énonciation est
l’expression, qu’il procède de l’intelligence de soi ou de celle
d’autrui, le processus critique qui en estime et en évalue le contenu
le situera sur deux axes: l’accord ou le désaccord, selon que l’esprit
considère que l’affirmation (ou la négation) est vraie ou fausse; et
l’assentiment ou le dissentiment, selon que l’âme trouve un plaisir ou
un déplaisir à le découvrir; de sorte que tout jugement représente un
complexe qui suscite, tantôt l’accord et l’assentiment (il me réjouit
d’apprendre que X, où X est une proposition vraie); tantôt l’accord et
le dissentiment (cela m’attriste de savoir que X, où X est une
proposition vraie); tantôt le désaccord et l’assentiment (il me plaît
de songer que ~X, où ~X est une proposition non-avérée, soit qu’elle
fût invérifiable, qu’elle fût mensongère, qu’elle fût illusoire,
qu’elle fût hypothétique, qu’elle fût simplement approximative ou
encore qu’elle fût manifestement fausse); tantôt le désaccord et le
dissentiment (il me désole d’imaginer que ~X, où ~X représente le type
de proposition précédente), ainsi que les situations et les
circonstances qui correspondent à cette typique.» — Plérôme.
«Le
jeu politique consiste à exagérer, jusqu’au point de la caricature, le
trait qui déplaît chez autrui et de le transformer en un tort
impardonnable, alors que l’on amplifie chez soi, jusqu’au point de
l’angélisme, les qualités et les aspects qui pourraient susciter le
désagrément des adversaires: le risque couru alors, c’est de voir,
contre tout souci de vérité et toute justice, en la caricature, une
représentation adéquate de la réalité et, en l’idéalisation de soi,
autre chose qu’une image artificielle et onirique. » — Plérôme.
«Il
y a les jeux de la vie par lesquels le sujet moral, afin de faire
valoir sa supériorité, et ainsi son aptitude à se mériter la palme de
la vie, autant avec la continuité de l’existence qu’avec la qualité que
peut prendre celle-ci pour lui; et puis, il y a le jeu qui consiste à
croire et à vouloir faire croire qu’aucun tel jeu n’existe, une
position qui n’est pas a priori fausse, dès que le sujet moral découvre
sa valeur et sa dignité dans l’authenticité de son être et dans la
confiance en la puissance de la vertu à justifier son mérite, autant
devant l’humanité consciente que devant un Être suprême et
tout-puissant dont la plénitude de la bonté est elle-même le gage de
son existence (comme l’ont pressenti saint Bonaventure et, avant lui
saint Anselme, avec l’argument ontologique) et de sa solidarité, dans
la justice, avec les êtres vivants, pareillement constitués.» — Plérôme.
«Le
paradoxe de la philosophie, c’est qu’elle doive trouver ailleurs que
dans sa propre substance la matière qui constitue l’objet de sa
dilection et de son action (c’est-à-dire la réflexion) puisque, étant
un amour de la sagesse, elle ne prétend pas être la sagesse qu’elle
désire et qu’elle aime et que, par conséquent, elle doive chercher
ailleurs que dans son propos et dans l’expérience qu’il contribue à
façonner les modes exemplaires de la qualité et de l’état qui l’inspire
ainsi que de son illustration et de son expression.» — Plérôme.
«Si
les absents on toujours tort, comme l’affirme le dicton, c’est que leur
image et leur représentation prête le flanc à toutes les projections
diffamantes et à toutes les accusations iniques, susceptible de
disculper ceux qui ont un intérêt à les soumettre à un tel traitement,
sans qu’ils n’aient la possibilité, ni de se justifier, ni de se
défendre, ni même de prendre conscience ders propos préjudiciables
auxquels ils sont assujettis et que l’on impute sans critique ni
contestation à la bonté de leur caractère.» — Plérôme.
«Une
médecine qui se concentre uniquement sur l’atténuation des symptômes
et, éventuellement, sur leur disparition, sans s’intéresser à leur
cause profonde, ni même à s’interroger sur la possibilité qu’elle
existe et puisse se laisser découvrir, peut se comparer à un
maître-menuisier qui, apercevant tous les clous tordus et crochus qui
parsèment les planches et les poutres d’un chantier, demanderait à ses
compagnons de tous les enlever, sans chercher à éduquer les apprentis
qui les y ont affixés sur la technique de l’utilisation et du maniement
du marteau.» — Plérôme.
«La tendance à la discrimination n’est
pas un phénomène rare à l’intérieur de la société, puisqu’il s’articule
autour de deux pôles: la distinction qui repose sur un sentiment de
supériorité, fondé sur la dignité que confère l’adéquation entre le soi
que la conscience réalise et la puissance du soi qui est apte à être
réalisée et qui prétend en dicter à l’ensemble social; et le désir de
solidarité qui est issu d’un besoin de sécurité, qu’aucune influence
égocentrique et qu’aucun événement inattendu ne seraient aptes à
compromettre et à ébranler; ainsi se révèle-t-elle activement dans la
recherche des raisons qui permettraient d’anticiper qu’ils seraient
passibles d’être compromis, laquelle pourrait aller, lorsque la
méfiance est exacerbée, jusqu’à l’invasion de la vie privée et le déni
des droits civiques les plus fondamentaux, dans la recherche des motifs
occultes et des raisons cachés qui pourraient justifier cette
initiative heuristique, motivée qu’elle est par les valeurs de la
survie et du maintien de l’excellence de l’image sociale qui en fonde
la préservation.» — Plérôme.
«L’on pourrait croire évident que
plus une chose, un principe ou un propos, sont vrais, plus les mystères
qu’ils dévoilent et les arcanes qu’ils révèlent seraient accueillis
avec enthousiasme et bonne foi: or l’histoire nous permet d’apercevoir
que souvent le contraire se produit, que les révélations les plus
justes et les plus profondes, gouvernant la nature spirituelle et
l’essence métaphysique de l’univers, lorsqu’elles touchent
l’immédiateté de l’expérience humaine, par les conséquences morales
issues de leur substance, sont rarement estimés acceptables par
l’autorité constituée qu’elles ébranlent, en même temps que les
fondements épistémologiques de leur existence, et deviennent souvent
l’occasion de lancer des attaques ad hominem générales et importantes.»
— Plérôme.
«La calomnie dont on réussit à convaincre les
auditeurs de la vérité de ses allégations et de la sincérité
désintéressée de ses prétentions, soit par une mise-en-scène habile,
soit par un narratif convaincant assorti d’une comédie appropriée,
devient alors le prétexte d’une rétribution dont la victime trouve en
elle-même peu de ressources à s’en défendre, n’étant pas devenue
consciente du mensonge qui la perd, des stratagèmes qui le répandent,
de l’hypocrisie qui le rend encore plus crédible, ni et peut-être
surtout de l’effort qui est dépensé à ne pas l’en informer, afin que
son effet soit encore mieux senti, sans possibilité de riposte,
lorsqu’il se produira.» — Plérôme.
«L’autorité constituée étant,
d’un point de vue sociologique, une caractéristique nécessaire de tout
ordre social organisé, dans l’accomplissement de la fin qui est
inhérente à sa nature, et cet ordre ne pouvant exister indéfiniment au
stade de la désorganisation, soit qu’il précède cette constitution,
soit qu’il résulte de sa désintégration, elle peut être contestée, et
le sera peut-être assurément, tant et aussi longtemps que ses membres
n’auront pas identifié, parmi ses rangs, un individu qui puisse la
définir et l’incarner de manière irrévocable, incontestable et
insurmontable.» — Plérôme.
«La quête de l’authenticité constitue
le désir pour la personne de retrouver, par la conscience, le centre de
son être, c’est-à-dire l’essence de son état ab origino, avant toute
expérience, dans la plus pure de ses virtualités, tel qu’il est au
moment original précis de son existence: l’inauthenticité consiste à
prendre pour être l’expression inadultérée de cette essence qu’aucune
expérience n’a formée, ni transformée, dans le plein épanouissement de
ses possibilités, mais aussi qu’aucune situation ni inconstance n’ont
dénaturée, ni déformée et elle s’exprime sous ceux formes majeures:
l’inconscience de qui la personne est réellement, en raison des
traumatismes, des crises et des chocs existentiels qui ont produit une
amnésie profonde de ce souvenir primordial et des souvenirs subséquents
pour la constituer telle qu’elle est devenue; et la mauvaise foi qui,
se superposant à cette inconscience, voit en cet état de réalisation
imparfaite non pas un aboutissement, mais un fondement inébranlable, et
nie ainsi à ce centre vital une fluidité et une plasticité qui sont le
moyen de l’adaptation de la personne comme aussi celui de l’entéléchie
de son individuation, de sa perfection et de sa réalisation, propres à
la singularité originelle qui la caractérise.» — Plérôme.
«Afin
d’assurer son hégémonie, Thanatos prend toujours sur le terrain d’Éros
et seul l’éternité et la toute-puissance de celui-ci peuvent constituer
mystérieusement sa prédominance sur celui-là, à défaut de consentir à
lui ressembler.» — Plérôme.
«Est-il possible de prétendre à une
perfection que seul l’Être suprême de la Divinité peut incarner ?
Comment alors légitimement s’enorgueillir de posséder une qualité
réalisable seulement par cet Être unique et ineffable ?» — Plérôme.
«La
discrimination sociale systémique se fonde sur un processus d’inclusion
ou d’exclusion selon des critères arbitraires et artificiels, souvent
fondés sur des apparences, qui sont estimés refléter la capacité d’un
individu à intérioriser et à incarner les valeurs fondamentales et les
conduites usuelles qui caractérisent et qui définissent la culture
d’une société historique, d’où l’espace de plusieurs générations avant
d’assurer que le processus d’intégration — et d’assimilation — à un
centre axiologique culturel se soit effectivement opéré et maintenu.» —
Plérôme.
«Tel groupe influent ou telle classe prédominante, à
l’intérieur d’une société historique, illustre son intolérance à
l’égard des groupes et des classes que marginalise la discrimination
sociale et économique correspondante, souvent pour des raisons
ethnocentriques, qui oblige à d’autres groupes, associations et classes
moins influentes et moins puissantes, existant à l’intérieur de la
société, à faire éclater leur propre intégrité et leur propre
intégralité culturelle, pour ensuite faire reporter sur ces ensembles
les imputations de bigoterie et d’étroitesse d’esprit, lorsqu’ils se
plaignent du grand effort d’adaptation et d’intégration qui est
moralement exigé de leurs membres et qu’ils protestent de l’atteinte
radicale qui est effectuée à leur homogénéité sociale.» — Plérôme.
«Une
fois l’œuvre de l’auteur en main, une fois que l’on dispose de la
connaissance que l’on y trouve, une fois que l’on peut jouir sans
entrave ni empêchement de son utilisation, l’auteur risque d’en devenir
un élément négligeable.» — Plérôme.
«Dans le rapport qui existe
entre l’homme et la femme, l’opposition n’est pas entre la sexualité
qui dénote l’intimité et la chasteté qui exprime simplement la
civilité, qu’elle soit ou non en attente du passage au plan d’une
inclusion à l’intérieur de la sphère privée, mais entre l’amitié qui
illustre la convivialité dans la complémentarité des cœurs, des esprits
et des genres et l’amour qui manifeste la consubstantialité des
personnes dans la fusion de leur âme et de leur corps, en vue d’une
procréation qui accroît l’espèce humaine et l’enrichit d’une nouvelle
présence.» — Plérôme.
«Éros / Antéros; Arès / Antarès; Iris / Éris.» — Plérôme.
«L’expérience
de Socrate a illustré qu’il est possible de se montrer pleinement
philosophe et être estimé, par les autorités, agir contre la
philosophie; comme aussi elle montre combien il est facile pour un
pouvoir de participer à un crime abominable, et même de le commettre,
tout en exigent de la victime qu’elle endosse la responsabilité
complète du sort qui lui est réservé.» — Plérôme.
«S’il est vrai
que “la propriété, c’est le vol”, comme l’affirme Proudhon, c’est
uniquement lorsque la chose qui est devenue une propriété fut
appropriée d’un propriétaire originel soit par la ruse, soit par la
force, sans faire l’objet d’un consentement de sa part et que, par
conséquent, elle fut soumise aux impératifs déterminants d’une
convoitise qui lui a nié toute légitimité et tout titre ou droit de
propriété, telle une succession impeccable, l’échange équitable, ou un
travail grâce auquel un sujet a pu la développer, la faire fructifier
et lui conférer une valeur ajoutée.» — Plérôme.
«Serait-il juste
d’affirmer, en général, que si l’homme a cessé d’être père, et que si
la femme a cessé d’être mère, tous deux ont désappris à aimer
pleinement, conformément à l’entéléchie de leur genre respectif ?» —
Plérôme.
«Toute œuvre d’art, voire qu’elle fût éternellement et
universellement belle, est jugée telle par l’esprit historique et
culturel de la société à l’intérieur de laquelle elle a été produite,
ce qui explique la perte de nombreuses œuvres irremplaçables, souvent
par des autodafés qui en ont effacé le souvenir même, au nom de
principes qui s’étaient imposés eux-mêmes à la culture, sans qu’ils ne
soient aptes à se situer au plan spirituel et transcendant qui les
auraient épargné de la barbarie, ayant occasionné pour elles un sort
aussi déplorable.» — Plérôme.
«La destruction gratuite d’une
œuvre d’art véritable — qu’elle soit réelle, comme dans le vandalisme,
ou virtuelle, comme dans l’avilissement opiniâtré de sa valeur
inhérente — est souvent l’expression du conservatisme de la décadence,
c’est-à-dire d’une décadence dont l’entropie se veut préservée à tout
prix par ses agents, en raison de l’intérêt qu’ils trouvent à en
perpétuer le mouvement.» — Plérôme.
«Le mythe est essentiel à
l’homéostasie de la conscience puisque, en créant un récit — sur le
monde et sur ses habitants —, l’esprit collectif génère une
représentation idéelle de la réalité, une construction imaginaire qui,
en inspirant judicieusement les consciences, lui permettra de se situer
face à elle: lorsqu’elle est idéale, elle lui offre un modèle qui peut
faire l’objet d’une émulation et ainsi d’une réalisation à travers lui;
lorsqu’elle est négative, elle lui présente un exemple qu’elle ne
saurait vouloir imiter et qui lui permet de se valoriser en l’état
qu’il actualise à ce moment précis de l’histoire et, par le blâme
implicite ou explicite qui lui est adressé, s’exhausser à ses propres
yeux et se mettre de l’avant face à ses congénères.» — Plérôme.
«Le
principe de l’équité commande que les lois soient appliquées pour tous,
non pas selon l’interprétation littérale du texte qui les révèle, mais
selon l’esprit qui inspire l’intention qui justifie leur proclamation
et la fin juridique qu’elles sont censées servir, fondée sur le
principe de justice qui inspire leur formation: l’iniquité procède de
ce que, soit qu’elles soient formées principalement, et contre les
principes d’une justice fondamentale, à l’avantage des particuliers
(les individus, les groupes, les associations, les classes, etc.) qui
les établissent, les interprètent et les composent, au détriment des
intérêts de ceux qui soient étrangers à cette action législative, soit
qu’elles soient appliquées inégalement et privilégient,
systématiquement ou exceptionnellement, lorsque les circonstances le
commandent, ceux-là plutôt que ces derniers.» — Plérôme.
«Il
semblerait parfois que la moralité, pour un grand nombre, consiste à
choisir entre le moindre mal à réaliser, plutôt que le plus grand bien
à accomplir mais, à l’intérieur d’un monde dystopique, il devient
peut-être le meilleur choix qui est laissé à la conscience de pouvoir
actualiser effectivement, en raison de l’anomie qui y règne, de la
médiocrité morale qui y prévaut, laquelle voit une imposition indue et
illégitime en tout effort obligatoirement requis afin de réaliser un
dépassement de soi, et de la pauvreté de l’idéal réel qui est offert
aux populations dans le gouvernement que les autorités font de leur
conscience.» — Plérôme.
«La société inauthentique se constitue
sur une mentalité collective où chacun cherche à paraître ce qu’il
n’est pas et à ne pas paraître tel qu’il est, et en cela se distingue
de la société authentique où le principe qui prévaut consiste pour
chacun à paraître tel qu’il est et à ne pas sembler tel qu’il n’est
pas: la conséquence de cette inauthenticité sera de ne pas reconnaître
ceux qui mériteraient de l’être et de reconnaître ceux qui ne
mériteraient pas de l’être et constitue une entorse à un principe de la
justice fondamentale, qui consiste à savoir reconnaître ceux qui le
méritent et à ne pas reconnaître ceux qui ne le méritent pas.» —
Plérôme.
«Tout progrès suppose, non seulement une disposition
chez l’agent moral à réaliser l’entéléchie qui est implicite dans
l’achèvement de cette progression, non seulement la compétence de
l’action qui contribue à l’apporter, mais encore la conjoncture
adéquate des circonstances qui sont favorables à cette fin, y comprise
la présence des ressources physiques qui sont nécessaires à cette
réalisation et la coopération, en nombre suffisant, des collègues qui
sont exigés afin d’accomplir le mouvement entrepris.» — Plérôme.
«On
a beaucoup parlé du complexe d’Œdipe, selon lequel l’enfant tue son
père et épouse sa mère, alors que ces événements, inspirés du mythe
Grec du même nom, le parricide, suivi du mariage de la mère, opèrent
fatalement, sans exercice de la volonté ou de la liberté, et
fortuitement, en toute ignorance des enjeux réels, autant pour le
“héros” du mythe que pour les protagonistes. § Afin de le rendre
intelligible et pertinent à la réalité incestueuse dont il sert à
expliquer le fait et l’opération et de le rapporter à la mentalité
contemporaine, il fallait faire intervenir la coïncidence d’un lien
affectif double et complémentaire, la rivalité du fils avec le père et
l’attirance sexuelle pour la mère, d’où la version Freudienne du mythe
qui, par l’improvisation créative requise afin de lui apporter une
unité et une cohérence intelligibles pour l’esprit cultivé
contemporain, devient en lui-même un mythe, par les ajouts qui en
façonnent le récit systématique. § Mais il existe un mythe antique plus
fondamental encore afin d’illustrer l’attirance du fils pour la mère et
la rivalité avec le père, même s’il n’engendre aucun meurtre, mais
seulement la mutilation du père et c’est le mythe de Kronos: peut-être
même serait-il possible de voir en ce sacrifice la raison fondamentale
de la scission qui s’est produite entre les Fils de la lumière et les
Fils du monde et qui trouva sa résolution avec la guerre entre les
dieux de l’Olympe et les Titans, tous étant les fils d’Ouranos.» —
Plérôme.
[2022-02-22] Aucune raison n’existe a priori d’opposer
le bonheur et la sécurité, de voir en l’un et l’autre de ces états une
condition de l’exclusion de l’autre: ce n’est que lorsque l’on fait
dépendre l’un sur l’autre, que l’on voit dans la sécurité une condition
sine qua non du bonheur et une nécessité pré-existante à sa présence et
à sa réalisation que le jugement fait erreur puisque le bonheur,
caractérisant l’accomplissement moral de la personne, dans ce qu’elle
peut offrir de meilleur et signifiant par conséquent le niveau de sa
réalisation et le degré de sa perfection, conformément à sa nature, ne
saurait dépendre de son niveau de sécurité afin de se manifester et
pourrait même exiger, pour cela, que cette aisance et ce confort fût
sacrifié en vue du meilleur bien qui pourrait en résulter pour elle.
En
général, la faiblesse physique relative qui est propre à la
constitution physique de la femme la porte à rechercher en la personne
de l’homme un protecteur et un gardien qui puisse préserver sa
sécurité; et lorsqu’elle ne sait, ou qu’elle ne veut, se fier en cette
individualité afin de garantir cet état de sécurité et de quiétude,
elle s’en fiera alors aux institutions sociales qui personnifieront,
par leur mandat et leurs opérations, cette fonction existentielle
essentielle pour elle.
C’est par l’exacerbation des attributs
esthétiques accidentels et superficiels, plutôt que par le
développement et la perfection des qualités et des vertus essentielles
que la facticité et la superficialité des natures se maintiennent, au
détriment de leur quintessence authentique et profonde et de leur
entéléchie véritable.
Honte à ceux pour qui la loi, ce n’est
plus qu’un instrument afin de déroger à l’esprit de la justice et du
droit qu’une tradition culturelle et humaine millénaire a défini et
s’est efforcé de mettre en œuvre au cours de son histoire.
Il
s’agit de ne jamais oublier que la critique, aussi objective qu’elle se
voulût être, part toujours d’un point de vue subjectif: car, quel que
soit le critère extérieur à soi contre lequel mesurer l’objet sur
lequel porte la critique, celui-là renvoie toujours à l’expérience qui
permet à la conscience de le concevoir et de le définir et l’acte de la
transcendance par lequel l’esprit atteint à sa notion n’est jamais
entièrement affranchi des limites de la conscience, grâce à laquelle
elle formule, au moyen de l’intelligence judiciaire, la
possibilité, l’actualité et la pertinence dudit critère au phénomène de
l’expérience dont elle évalue la qualité et la perfection.
Certaines
polices, en obéissant au principe du droit et en défendant la valeur de
la justice, sont au service de la population et la protègent alors que
d’autres polices, par nature intéressées, vénales et iniques, oppriment
les sujet et les corrompent, soit passivement, en fermant les yeux sur
des agissements qui servent leurs intérêts, soit activement, en faisant
la promotion ouverte de ceux-ci par leurs propres agissements.
Le
savant pressent combien peu il sait en sachant ce qu’il sait, en ayant
œuvré fort afin d’acquérir ce savoir; alors que l’ignorant, contemplant
le peu qu’il sait, accumulé au prix d’un effort minime, s’imaginent
pouvoir s’enorgueillir de savoir beaucoup et de grandes choses.
Quel
sentiment de la toute-puissance cela doit-il permettre de vivre que
celui de mettre son semblable à nu, avec l’expérience de la
vulnérabilité que cela suppose, sans se sentir l’obligation de se
mettre à nu soi-même.
Autre chose est-ce de penser adéquatement
le passé; autre chose est-ce d’appréhender avec justesse le présent;
autre chose est-ce d’anticiper avec bonheur sur l’avenir qui se
présentera: pourtant, peut-on nier que chacune de ces réalisations de
l’esprit repose sur l’exercice d’une même faculté judiciaire, voire
d’une manière qui est distinctive à chacune d’elles.
L’on
pardonne plus facilement les fautes morales réelles que les impairs,
même involontaires et parfois exagérés, à la convenance et la
bienséance.
Lorsque règne la vertu, le péché tue l’âme qui le
commet, le cas échéant, mais lorsque le vice exerce son hégémonie, il
tue si on ne le commet pas.
La triple signification de
l’expression «soma sema» trouve son unité selon qu’elle peut se
considérer en regard des idées-valeurs transcendantes de la bonté — le
corps comme tombeau —, de la beauté — le corps comme signe —, et de la
vérité — le corps comme prison —.
Si impressionnant que fût le
génie intellectuel pour la conduite de la raison et la gestion sensée
de l’organisation physique de l’ordre social, il doit le céder à
l’intelligence du cœur pour ce qui est de l’appréciation de la valeur
morale des concitoyens et de l’intuition des compatibilités sociales
qui fondent la cohésion et l’harmonie de la culture en laquelle il se
manifeste.
Un des effets pervers de la philosophie de la
liberté, lorsqu’elle omet de s’accorder une finalité et de tendre vers
une perfection qui s’accomplit de mieux en mieux, c’est de consacrer
l’état en lequel l’individu se complaît, sans l’appréciation morale, ni
de sa qualité, ni de sa valeur, et de revendiquer le droit de toujours
se maintenir en celui-ci, sans égard ni pour le bien servi en le
conservant, ni pour celui qui serait servi, soit en le transformant,
soit en recherchant un état alternatif, plus compatible avec cette fin.
D’un
point de vue philosophique, le grand défi posé à l’État canadien sera
de réconcilier ses deux idéaux fondamentaux: «la paix, l’ordre et le
bon gouvernement» (l’article 9 de la Loi constitutionnelle de 1867) et
«la vie, la liberté et la sécurité de la personne» (l’article 7 de la
Charte des droits et libertés de 1982) et, de plus, les subsumer à une
conception de la justice profonde et intégrale, qu’un droit adéquat
pourra fidèlement interpréter et honnêtement faire appliquer.
La
beauté est la cause de l’élévation de la matière vers ce qui en serait
la perfection de la forme en vue de l’édification de l’esprit, comme
elle est le résultat de cette action.
Tels sont ceux qui
déshonorent leur victime et qui ensuite, en évoquant la décence bafouée
au nom d’un faux sentiment de l’honneur, lui reprocheront la déchéance
qu’elle aura subie à leurs mains et la chute morale qu’elle a été
entraînée à éprouver, suite à leurs actions.
D’un point de vue
intellectuel, moral, spirituel et pratique, on ne peut demander plus à
un sujet moral que d’être sage — sauf à devenir plus sage encore —,
malgré que cette sagesse admirable puisse ne pas être appréciée, ni
encouragée, ni influente sur la disposition et la manière de penser et
d’agir des autres membres de la société, si déplorable que fût en
rétrospective cette imperméabilité collective — et parfois même la
déconsidération qui peut aller parfois, hélas !, jusqu’au mépris et à
l’hostilité — à la maturité de la pensée, de l’intelligence et de la
raison que cet état d’accomplissement spirituel suppose.
La
valeur morale de toute action s’apprécie selon trois critères: la bonté
de la fin qui est visée par elle; le bonheur de la conséquence qui est
le résultat de sa conclusion; ainsi que la correspondance qui existe
entre la qualité respective de ces deux effets.
Un système de la
santé qui fonderait son action uniquement sur la valeur thérapeutique
des interventions pratiquées par ses médecins et praticiens affiliés
serait analogue à une équipe sportive constituée uniquement par des
gardiens de but.
Comme pour l’inconscient individuel, qui doit
passer par l’anamnèse afin de susciter les souvenirs enfouis dans les
profondeurs de la mémoire pour, se les remémorant, connaître et
interpréter leur influence sur les conditions de la vie actuelle et sur
les habitudes qui en résultent, l’inconscient collectif doit pouvoir
passer par le même processus, évocateur d’événements passés qui,
quoique oubliés dans la généralité des consciences immédiates de ses
membres constitutifs, mais préservés dans la mythologie et dans
l’historiographie, continuent toujours d’exercer une influence sur les
événements présents, par les traditions, les coutumes, les us et les
lois, périmés mais néanmoins parlants, dans les schémas
institutionnels, collectifs et familiaux, qui en sont issus.
Rien
n’est plus cher que ce qui est gratuit puisque l’on ne saurait acheter
ce qui se donne gracieusement comme le prix à verser afin d’en
compenser adéquatement la valeur, ne saurait s’estimer ni même parvenir
à s’équivaloir, sauf à refléter une générosité analogue à l’acte qui
l’a procuré.
Le bonheur est un bien qui, comme tout bien, est
susceptible d’envie et de convoitise; mais conne il est immatériel, on
ne peut se l’accaparer, en dépossédant la personne qui en jouit, mais
seulement espérer le détruire, soit en le privant des conditions qui
sont présumées être associées à la constitution de son état, y compris
la santé, la réputation, les amis et les richesses, sans qu’ils n’en
soient ni la source, ni la cause réelle.
La distinction
essentielle entre la médisance et la calomnie réside non pas tant dans
le degré de vérité du tort qui est attribué à la victime de la
diffamation qu’elle encourt, mais dans la conscience du tort qui est
accompli à travers elles et dans l’intention de le causer en recourant
à cet artifice, de sorte que l’invention d’un vice ou d’une action
mauvaise supposés n’est plus la matière de la félonie mais en constitue
surtout une matière aggravante puisqu’elle amplifie le tort qui en
résulte alors que c’est la volonté et la conscience de produire cet
état qui sont la véritable matière du délit.
Lorsque l’on
affirme que la femme se conquiert, l’on suppose alors que sa réaction
initiale, pour ne pas dire viscérale, profonde et durable à l’intérieur
des cœurs, en est une de refus et de résistance.
Il existe une
contradiction inhérente à la revendication de la liberté, non pas pour
exercer sa responsabilité, mais afin de mieux encore faire dicter ce
que cette responsabilité serait.
Le principe qui veuille qu’à
l’intérieur d’une société égalitaire, les seules inégalités qui
seraient tolérées, sinon autorisées, sont celles qui sont mises au
service de la préservation de l’égalité comporte comme effet paradoxal
de créer autant de classes inégalitaires qu’il existe d’espèces de
libertés à préserver et que, à l’intérieur de celles-là, il règne une
égalité une égalité qui exige qu’elle soit préservée par la création de
nouvelles classes inégales, aussi nombreuses que les espèces
d’inégalité que l’on cherche à préserver, et ainsi de suite, jusqu’à la
constitution d’une hiérarchie de classes inégalitaires, réputées être
nécessaires à la protection des droits à l’égalité, chacune avec les
privilèges et les droits qui favoriseront sa fonction socio-politique:
ce qui mène à une société qui, si elle est en principe et de droit
égalitaire, requiert de fait une constitution physique qui soit
inégalitaire et informelle, d’autant plus importante que les
revendications à l’égalité se font pressantes et intenses, peut-être
même en réaction à l’inégalité qui est instaurée afin de les rendre
moins nombreuses et instantes.
mercredi 27 janvier 2021
Euthúmèma XXVI (réflexions)
lundi 9 décembre 2019
Euthúmèma XXV (réflexions)
[Depuis le 9 décembre 2019, avec mises à jour périodiques. — Since December 9th 2019, with periodical updates.]
«D’une
conception générale du bien commun, qui est ce bien envisageable pour
l’ensemble social, en faisant abstraction des biens particuliers, sans
pour autant ignorer qu’un bien commun rejaillit sur les biens
particuliers, le champ du politique est passé à une conception étendue
du bien commun par lequel la somme des biens particuliers devient le
critère et le jalon de la vision du bien commun, en ce que tous les
biens particuliers étant servis — ou une large part de ceux-ci l’étant
—, l’on estimera par là avoir rencontré la condition suffisante de la
réalisation du bien commun: or, il faut remarquer que cette dernière
conception est en réalité réductionniste à ce que l’on peut concevoir
comme étant un bien commun actuellement réalisé, dans les biens
particuliers qui le sont effectivement, et non pas progressiste, en
tant que pouvant réaliser des biens particuliers qui ne sont pas encore
découverts ou dont la nature comme la quantité et la distribution
pourraient évoluer en vertu du changement des circonstances, des
conjoncture ou des situations, qu’ils soient propres à la dynamique des
biens particuliers, générés grâce à des rapports de concurrence ou
d’émulation, résultant d’un effort de coopération fondé sur la
complémentarité des intérêts ou réalisé en vue d’obtenir une fin
commune, ou suite à une évolution radicale des conjonctures historiques
— naturelles ou géo-politiques par exemple — dont le caractère spontané
et imprévisible peut être exacerbé par l’impréparation des consciences
politiques et sociales à faire l’anticipation de leur occurrence; alors
qu’une conception générale du bien commun, existant indépendamment des
biens particuliers (mais non pas en les ignorant), conçoit son objet
comme étant au service de l’ensemble de manière à subsumer tous les
biens particuliers — et chacun d’entre ceux-ci — à la bonté des
appréciations et des mesures, lorsqu’elles porteront sur l’essence et
l’entéléchie de la collectivité dont sont issus ces biens particuliers
et qui, en dernière analyse, donnent tout leur sens à ceux-ci.» —
Plérôme.
«L’homme séduit par la démonstration de sa force et de
sa prédominance; la femme, par celle de sa beauté et de sa grâce.» —
Plérôme.
«Puisque le péché originel existe avant toute loi
humaine, il fait par conséquent entorse à la loi naturelle et divine.»
— Plérôme.
«Autant l’affirmation que la négation, que la
négation de la négation, culminant dans une nouvelle affirmation et
initiant un nouveau cycle dialectique sont des manifestations du pour
soi de la conscience de l’esprit, c’est-à-dire de la nature, de
l’entéléchie et de la finalité de la puissance que la conscience
reconnaît en l’esprit et qui caractérise l’essence de l’être vivant qui
l’exprime et sa pérennité historique, inscrit qu’il est dans le monde
de la nature, en d’autres mots, son destin — ce qu’il devient — et sa
destinée — ce qu’il serait censé devenir —, de sorte que la
manifestation objective de l’esprit, dont l’expression est la culture
et la phylogénie, réalise un essor et un élan de la vitalité de l’être
qui trouvent leur ancrage et leur fondement dans sa dimension
existentielle, engagé sur la voie de la perfection ontogénique et de
l’actualisation de la liberté, sans laquelle cette quête et cette fin
sont illusoires, non pas d’une manière qui est indifférente à sa propre
réalisation, mais en la recherchant ardemment et en la poursuivant
activement, dans la pleine conscience que la grandeur culturelle de
l’ensemble repose sur la grandeur morale de chacun des individus qui le
composent et qui contribuent à son établissement et à sa perfection, en
recherchant, dans la mutualité des efforts et des concertations, leur
propre développement et leur propre épanouissement.» — Plérôme.
«La
loi jungienne de la complémentarité des types énonce que, au plan
social, l’introversion comme l’extraversion s’expriment, au plan de
l’intimité, par leur complément, soit respectivement l’extraversion
pour la première et l’introversion pour la seconde; au plan des genres,
cette complémentarité qui associe l’animus et l’anima, autant en
l’homme qu’en la femme, peut se voir comme accordant, au plan physique
et social, un poids plus grand à l’animus, chez l’homme, et à l’anima,
chez la femme, alors qu’au plan de l’intimité de la vie intérieure,
spirituelle et affective, ce rapport devient, en contrepartie, celui de
l’animus qui s’exprime de préférence chez la femme et de l’anima qui se
réalise premièrement chez l’homme.» — Plérôme.
«Le concept du
pouvoir réfère à l’actualisation de la personne qui est requise afin,
pour un être, de se conserver dans son état et de réaliser son
entéléchie, en s’inscrivant et en se maintenant, en croissant, en se
perpétuant et en se diffusant à l’intérieur de la phusis: à l’état
brut, on le dit sauvage; à l’état civilisé, on le dit moral; et à
l’état de transition entre la civilisation et la sauvagerie, on le dit
barbare, soit qu’il est en voie d’accéder à l’état de la civilisation,
soit qu’il en voie de perdre cet état et de sombrer dans ce qui en est
le vestige et l’ombre.» — Plérôme.
«Aucune société n’existe pour
laquelle les individus qui sont constitutifs de son élite ne se
considèrent pas comme étant la mesure de l’excellence culturelle que
dans leur état ils expriment et à laquelle tous les autres membres de
la société, à des degrés divers, selon la proximité sociale que leur
état entretient avec l’élite, doivent tendre, sauf à risquer de
sombrer, aux yeux de ce pallier raffiné, dans la barbarie, s’ils
étaient laissés à leurs propres moyens: le problème se pose lorsque
cette société, s’étant elle-même inscrite dans un mouvement de
décadence et ayant par conséquent régressé vers un état d’incomplétude
et de barbarie, souvent en raison de facteurs historiques et
géographiques, mais non exclusivement pour ces motifs, alors que son
élite aurait consenti à suivre le plan de la facilité morale ou se
serait laissé éconduire par des idéologies qui sont contraires à sa
constitution intérieure ou à sa destinée expresse, ne peut plus
prétendre être devenue le phare de la civilisation accomplie, soit pour
elle-même, ainsi que pour ses membres, soit pour les autres cultures,
ainsi que leurs propres membres.» — Plérôme.
«Le pouvoir est
l’attribut qui caractérise la manifestation objective de la puissance
avec laquelle un être vivant exprime son droit naturel à l’existence,
en vertu de l’habitus qui caractérise son individualité comme des
motifs et des convictions qui finalisent ses conduites et ses actions,
une expression qui exercée d’autant plus légitimement qu’elle se fonde
sur les valeurs transcendantes de la bonté, de la vérité et de la
beauté, héritées de la culture, comme intériorisées par la conscience
et émanant de sa constitution particulière, et conçues pour l’essentiel
comme étant, dans leur essence particulière, la révélation et
l’extériorisation de l’une et de l’autre. » — Plérôme.
«La
personne égoïste, n’ayant de considération que pour elle-même, et
ignorant que son bien-être réel passe uniquement par celui qu’elle
contribue à réaliser pour autrui, dans la plus stricte et intégrale des
mutualités — et comment être devenu conscient de ce principe, si le
milieu social et familial en lequel elle baigne depuis qu’elle peut
s’en rappeler ne vivait pas selon le principe du plus pur égoïsme et si
une disposition secrète ne l’avait pas préparée à recueillir cet
enseignement dans l’aléas des expériences qu’elle a pu avoir vécues
parallèlement à cette situation — , elle ne peut reconnaître qui sont
ses amis véritables et qui sont ses ennemis réels, voyant en l’amitié
ce qui semble nourrir son égoïsme et en l’inimitié, ce qui ne lui
répond pas.» — Plérôme.
«Penser en homme, en femme; vivre,
sentir, ressentir et agir selon ces natures, c’est être en même temps
selon son individualité et sa singularité propres, en vue, au plan
ontogénique, de sa propre réalisation ainsi que celle de son milieu,
conçu de proche en proche sous les catégories sociales de l’amitié et
de la fraternité, régnant parmi le membres de la famille, les
connaissances, les collègues, les concitoyens et les compatriotes,
lesquels sont autant de manifestations de l’esprit phylogénique de la
société et de la culture, d’une manière appropriée au genre hérité à la
naissance, en vertu des propensions naturelles qui sont inhérentes à
celui-ci et des conceptions — des normes, des théories, des doctrines,
des idées et des valeurs — que la culture énonce afin d’exprimer la
compréhension qu’elle en possède et qu’elle propose à l’ensemble social
comme idéal de la réalisation individuelle et collective.» — Plérôme.
«L’illusion
parfaite est la promesse qui donne tout à espérer, sans que rien de
significatif ne procède de l’actualisation qui était censée
s’accomplir, conformément à ses termes, et dont l’attente de
l’accomplissement en fit oublier jusqu’à son contenu et sa substance. »
— Plérôme.
«Pour le féminisme, la plus haute loi procède
essentiellement de la femme et retourne exclusivement à la femme: pour
cette raison, son expression et sa manifestation deviennent, à
l’échelle collective de l’idéologie actuelle, active et pratiquante, la
révélation d’une exacerbation du narcissisme féminin.» — Plérôme.
«Le
pouvoir peut se concevoir comme étant la nature et le degré de la
puissance que peuvent et que sont autorisés à exprimer un individu ou
un groupe d’individus auxquels peuvent s’opposer, soit pour le nier ou
l’empêcher, soit pour le favoriser, l’augmenter, le développer et s’y
associer d’autres groupes et d’autres individus.» — Plérôme.
«La
positivité morale consiste à tout faire en son pouvoir afin d’être
bienveillant et bienfaisant; la négativité morale; ne rien faire de ce
que l’on pourrait, pour être malveillant et malfaisant; la positivité
immorale: tout faire en son possible pour être malveillant et
malfaisant; et la négativité immorale: ne rien faire de ce que l’on
pourrait, qui exprimât la bienveillance et la bienfaisance.» — Plérôme.
«Sous
sa forme active, le Satanisme représente la perversion malicieuse,
intentionnelle, délibérée, planifiée et voulue, des valeurs
transcendantes de la bonté, de la vérité et de la beauté; sous sa forme
passive, il se complaît à assister en spectateur à ce travestissement
axiologique et moral.» — Plérôme.
«Ne pourrait-on pas se
demander comment il se fait que l’on n’investiguerait pas les tragédies
humaines qui n’impliquent pas une incidence dramatique soudaine et
imprévue — par exemple un accident, une catastrophe, un crime ou une
négligence —, d’une manière aussi méthodique, compréhensive, intense et
concertée que celles qui comportent ce caractère .» — Plérôme.
«La
triade des concepts savoir-ignorance-connaissance appartiendrait-elle à
la dialectique augustinienne, en tant que l’un de ses trois moments
respectivement ?» — Plérôme.
«Tout l’art d’une criminalité qui
se pratique sciemment et intentionnellement consiste à pouvoir
s’exercer impunément, en recourant à la ruse et à la force, sans que
son action ne fût découverte, ni entrevue, par ces justiciers qui, par
disposition ou par devoir, pourraient vouloir s’opposer à ses méfaits.»
— Plérôme.
«Le réel est-il un objet susceptible d’être
transformé intentionnellement ? Son essence est-elle, par nature,
inaccessible à la compréhension de l’intelligence (ce qui en
constituerait le mystère), se réalise-t-elle selon des mécanismes qui
sont imperméables à la raison (ce qui en expliquerait l’opacité) ou
est-elle insensible à l’action des êtres qui en font partie, et en
particulier l’être humain (ce qui en établirait l’immobilité) ?» —
Plérôme.
«La naissance de l’archétype représente à la fois une
nostalgie du type que l’instinct destructeur de l’homme a anéanti, dont
l’existence physique constituait un phare pour l’humanité et dont
l’absence a suscité, en l’âme collective, le désir d’ériger, en son
honneur et en guise de regret, un monument mental à sa mémoire et la
tentative d’en reproduire, dans les générations futures, des
exemplaires réels — des instituteurs et des initiateurs — dont il
constituerait dorénavant le modèle pour ceux que ses qualités
inspireraient et dont la représentation dans l’imaginaire collectif —
sous la forme de mythes, de légendes, d’images et de représentations
(des peintures, des sculptures, des descriptions et des narrations) —
ne parvient totalement à en reproduire la qualité ineffable et sublime
du mystère de son essence, avec l’espoir que ressurgira, dans l’avenir,
un nouveau type qui participerait de sa perfection et peut-être même la
dépasserait — si cela était du tout possible — .» — Plérôme.
«Tels
sont ceux pour qui la richesse est le premier moyen de l’amour et ceux
pour qui l’amour est la voie dorée vers la richesse.» — Plérôme.
«La
médisance, qui consiste en la propagation d’informations que l’on sait
être préjudiciables à on semblable, dans le but principal de lui nuire,
se fait l’alliée de la calomnie, qui est la propagation d’informations
que ne sont pas moins nuisibles et qui sont en même temps fausses,
lorsque l’on sait que le propos répandu a fait l’objet d’un trafic et
d’une invention et, pire encore, lorsque l’on a même sciemment et
intentionnellement participé à sa constitution, à son élaboration et à
sa diffusion.» — Plérôme.
«La nage dans l’océan de l’abstraction
et de la théorie, qui donne l’unité et la cohérence à l’objet sur
lequel porte cette activité, constitue certes une illustration du
pouvoir notionnel de la conscience à réaliser la puissance de
l’intelligence qui la caractérise, mais il n’est pas encore un rapport
immédiat avec le monde — qui fut le point de départ de son activité
intellectuelle, grâce au datum sensoriel que lui fournit l’expérience
de la nature —, mais un rapport médiatisé par la réflexion qui se
confine au plan de son être spirituel et transcendant et qui s’accorde,
ou qui se voit accorder, la situation privilégiée de pouvoir ainsi
actualiser et réaliser le verbum créateur et transformateur.» — Plérôme.
«Une
fois que le Mal s’est installé dans le monde, sous la forme de la
réalité de l’expérience qui en illustre la négativité, il devient pour
la bonté qu’il affronte la première limite, mais comme il est lui-même
la privation intentionnelle du Bien que la conscience malicieuse aurait
pu accomplir, comme il est le refus conscient de la bonté qu’elle
aurait pu vouloir, il devient, pour la conscience bienveillante, une
manière de négation gratuite sur sa possibilité d’exister intégralement
et de se réaliser complètement, que seule une analyse en profondeur
peut parvenir à appréhender et à comprendre effectivement, tellement il
fait corps avec la réalité à l’intérieur de laquelle celle-ci est
plongée et qu’il en infuse tous les aspects et toutes les dimensions.»
— Plérôme.
«L’autoritarisme autocratique se révèle lorsque les
décisions qui lient obligatoirement les consciences, et qui ont donc
force de loi, se prennent capricieusement, sans aucune raison qui se
défende objectivement, ou en prétextant de fausses raisons qui ont
toutes les raisons d’être valables, mais sans qu’elles ne comportent de
motifs réels ou de mobiles substantiels.» — Plérôme.
«Le beau,
c’est le vrai en tant qu’il illustre et qu’il caractérise la
représentation sensible de la perfection, la forme suprême du bien, tel
qu’il serait apte à être imaginé, conçu et éventuellement réalisé.» —
Plérôme.
«On ne peut, à proprement parler, discuter du phénomène
de l’embourgeoisement, sans en même temps explorer le thème de la
bourgeoisie, dont il est le moyen de la diffusion et de la propagation
de la culture le suscite, auprès d’autres secteurs de la société, en
définir la nature, en connaître les valeurs et déterminer en quoi elles
représentent un idéal philosophique adéquat pour les consciences
morales saines, équilibrées et éclairées. » — Plérôme.
«La
conscience collective place un individu sur un piédestal, souvent dans
l’espoir qu’il en choie, pour mieux encore éprouver la satisfaction de
cette chute et, ce qui est pire encore, parfois même l’en déloger
brutalement et ainsi s’enorgueillir de cette humiliation qui lui fut
cruellement imposée et de la supériorité qu’elle a toutes les
apparences de conférer aux auteurs de cette machination.» — Plérôme.
«La
dichotomie du savoir et de l’action caractérise l’état social décadent,
en ce que ceux qui savent n’agissent pas conformément à la plénitude de
leur savoir, tout en s’attendant à ce que d’autres agissent selon lui —
et selon ce qu’ils peuvent s’en représenter —, soit qu’ils se
complaisent, par volonté de cultiver le sentiment de l’inertie, en la
paresse de cette inaction, soit qu’ils y fussent incités par les
récompenses ou obligés par la contrainte, sans savoir effectivement ce
qui constitue la raison profonde ou la fin ultime de leur inactivité et
de leur passivité.» — Plérôme.
«Cela représente une forme de la
perversité que d’inciter son semblable, souvent par intérêt, à
commettre une action répréhensible que par la suite on lui reprochera,
en veillant bien sûr à taire et à celer les arcanes de la manœuvre
compromettante et du dessein malveillant qui sont à l’origine de son
inculpation.» — Plérôme.
«La foi qui atteste subjectivement
d’une religion est une doctrine qui a reçu une validation sociale, en
raison de la vérité dont elle est l’expression: cela étant, la question
qui se pose à la conscience critique, devant le nombre des religions et
l’élan qu’elles manifestent à faire des convertis et à se propager sur
un territoire de plus en plus vaste, consiste à savoir quelle est la
nature de la vérité qui est proposée (et parfois même imposée) aux
consciences morales et en quoi les principes qu’elle affirme et qu’elle
défend révèlent une profondeur et une compréhension qui lui permettent
ainsi de prétendre avoir réalisé la perfection de cette vérité, d’en
illustrer la plénitude et, en fin de compte, celle de toute vérité,
puisque, si la vérité constitue une théorie de la réalité absolue, elle
est par essence une, puisque nul absolu ne saurait exister dans son
absoluité et en même temps partager cette qualité avec d’autres
absolus.» — Plérôme.
«Sans l’idée et l’état de la sagesse (tour
à tour désignée sous les vocables de mètis, de phronèsis et de sophia),
la philosophie n’est en réalité qu’une doxologie, au plan intellectuel
de sa conception et de sa systématisation, et une idéologie, au plan
pratique de son énonciation et de sa diffusion.» — Plérôme.
«Grâce
à l’imagination, la raison produit les manifestations infinies de la
doxa; mais grâce à l’intelligence, la conscience peut espérer capter,
appréhender et formuler, sous forme de théoria, la manifestation
infinie de la vérité.» — Plérôme.
«Toute personne est appelée à
vivre deux expressions de la vie et à les réconcilier, d’une manière
harmonieuse, à l’intérieur de son existence: celle que la dynamique
sociale et les conditions historiques la prédisposent à vivre, en vertu
des contraintes qui son propres à ces dimensions, et celle que sa
destinée, c’est-à-dire son devoir transcendant et la qualité de son
mérite (ou de son démérite) préexistentiel, l’invite à vivre: sa
liberté consiste alors à faire la part de ces deux facteurs et à
réaliser la plus haute dimension possible de son âme, dont l’idée de la
perfection représente l’accomplissement suprême, tantôt concurremment,
dans la synergie de leurs rapports, et tantôt malgré certaines
influences, émanant de l’une ou de l’autre, lorsque leur opposition
exprime une dissonance incontournable ou irréconciliable.» — Plérôme.
«Une
proposition qui, dans l’abstrait, peut sembler évidente, c’est-à-dire
axiomatique (v.g. X = X), peut, au plan concret de l’induction du genre
à partir de l’espèce, s’avérer difficile à reconnaître comme étant
vraie (v.g. tel X = X).» — Plérôme.
«Le racisme systémique peut
se concevoir comme étant l’arbitraire, tantôt subjectif et tantôt
objectif, lorsqu’il est véhiculé dans les formes axiologiques,
normatives et juridiques, de la société, et qu’il est associé au culte
prédominant et à la valorisation exclusive de la provenance ethnique et
culturelle.» — Plérôme.
«La société où règne une liberté
économique déficiente se laisse reconnaître à ce que chacun est obligé
de prendre ce qui lui est donné et donner ce qu’on lui a pris.» —
Plérôme.
«Depuis la romaine Lucrèce, la société occidentale
entière, qui se revendique culturellement de la tradition
gréco-romaine, et toutes les sociétés qui ont subi son influence de
manière significative, ont découvert l’immense pouvoir que prend, dans
la conscience collective, l’état de la victime, laquelle acquiert alors
un statut social privilégié, dès lors que l’ensemble reconnaît en celle
qui s’en prévaut une authenticité incontestable, laquelle par
conséquent ne saurait être remise en cause: c’est un statut à ce
point prestigieux et la marque d’honneur qui lui est associé, tellement
enviable, qu’un individu en mal de valorisation personnelle et
d’importance sociale pourrait être tenté de l’usurper, dès lors qu’il y
trouverait un intérêt à s’en voir revêtir et, ainsi, à s’attirer la
sympathie reconnaissante de ses semblables, au détriment de l’agresseur
présumé; c’est pourquoi, tout en reconnaissant combien pénible et
onéreux cela serait, pour une victime réelle, de subir les outrages
d’une agression gratuite, et combien odieux et méprisable ce serait
pour l’agent d’un tel forfait de l’avoir malicieusement accomplie, et
ainsi en veillant à ne pas composer la situation déplorable d’une
insensibilité honteuse, il incombe à la société de distinguer entre les
victimes apparentes et les victimes de bon aloi, afin d’éviter de créer
de nouvelles victimes, en imputant à un individu une responsabilité
pénale ou criminelle qu’il ne lui appartient pas d’assumer, puisque la
conjoncture qui l’aurait engendrée serait la conséquence d’un scénario
savamment monté et habilement exécuté.» — Plérôme.
«Si toute
littérature n’est pas de la philosophie, toute philosophie n’est pas,
par contre, de la littérature, sans conclure, en affirmant ceci, ni à
la suprématie de la philosophie, ni à l’excellence superlative de la
littérature.» — Plérôme.
«L’égalitarisme, ce sont toutes les
apparences de l’amitié qu’aucune amour véritable et complet ne fonde,
ni n’inspire et qui, pour cette raison de manifester une insincérité,
représentent une forme de feinte ou d’hypocrisie.» — Plérôme.
«L’ironie,
à l’intérieur de la société égalitariste, c’est que tous sont égaux,
alors que certains le sont, réellement et manifestement, de manière
significative plus que d’autres.» — Plérôme.
«Le principe de
l’égalité, associé à celui de la liberté, signifie souvent la
possibilité qui est laissée à tous de pouvoir s’avantager au détriment
d’autrui, ou à tout le moins de se démarquer par rapport à ses
semblables, conformément à des virtualités et à des dispositions qui
sont propres à sa nature individuelle et à une aptitude, également
naturelle, à créer des associations qui servent ces fins, de sorte que
ces deux principes, lorsqu’ils interagissent en fonction d’une
mentalité et d’une moralité intéressées, deviennent négateurs de
l’essence qui caractérise leur définition et leur essence, l’un en
créant une inégalité des moyens et l’autre, en restreignant les choix
que ces moyens autorisent à faire.» — Plérôme.
«Pour certains,
le mensonge apparaît être la seule défense contre une vérité qui
risque, à l’intérieur de la société organisée, d’ébranler les
fondements mal assurés d’un édifice structurel — une institution
politique ou une association sociale — dont la raison d’être professée,
un idéal admirable, est mal servie par les véritables mobiles et les
intentions réelles qui animent les agents politiques et les acteurs
sociaux dont les conduites et les actions seraient censées être
inspirées par ces valeurs louables et ces idéologies estimables, mais
qui maintient plutôt l’état d’imperfection, de vice et de corruption
qui sévit à l’intérieur de l’ensemble social et l’unité politique.» —
Plérôme.
«Il apparaît clair que la manière de penser de la femme
est particulière à son genre comme celle de l’homme l’est au sien:
ainsi, dans cette différence des essences psychosexuelles qui
conditionnent les rapports entre les genres, lorsqu’elle vise à une
considération réelle de l’un pour l’autre, comme à une égalité des
rapports entre l’un et l’autre, qu’un principe de justice et de
justesse gouverne avec équité, et sans tomber dans le piège de
l’identité des genres ni de la réduction sociologique de l’un à
l’autre, autant l’homme que la femme doivent veiller à connaître et à
comprendre ce en quoi, de manière significative et profonde, leurs
natures respectives les distinguent et ce en quoi elles se ressemblent,
de manière à encourager l’harmonie des relations et le perfectionnement
de leurs êtres, selon l’entéléchie de leurs essences respectives.» —
Plérôme.
«Même le témoignage désintéressé d’une volonté d’amitié
devient, pour la personne dont le sentiment de l’amour est régi par le
principe narcissique, une manière d’intrusion et de poursuite, lorsque
cette amitié éventuelle ne trouve pas à susciter l’intérêt que commande
son amour involutif de soi.» — Plérôme.
«Le féminisme, comme
d’ailleurs son opposé, le masculisme, en ce qui concerne la femme, se
trouvent coincés entre deux réalités génériques: celle de l’homme dont
celle qui en défend radicalement les principes désire se passer,
puisqu’il constitue, par sa nature, un frein à la liberté, et
celle de l’homme dont elle ne peut se passer, puisqu’il est le garant
de sa sécurité et, ce qui est plus important, de l’état de la maternité
qui est nécessaire à l’épanouissement de sa nature.» — Plérôme.
«Tous
les moyens — c’est-à-dire tous les objets susceptibles d’une
utilisation et d’une instrumentalisation — sont a priori
moralement neutres, en ce sens que c’est l’intention, la visée et la
valeur de l’acte, comme celles de sa fin, servant de guide à leur
emploi, qui leur confèrent un caractère moral réel.» — Plérôme.
«Ce
qui constitue le problème moral le plus important est peut-être celui
qui résulte de la réification du vivant, et en particulier de l’être
humain, c’est-à-dire de la soumission incontestable de la personne à la
volonté d’un autre, sans égard ni pour son bien, ni pour sa valeur
intrinsèque, ni pour sa dignité morale propre, car elle constitue une
négation radicale de qualités propres à l’essence de chaque être vivant
et de chaque personne humaine.» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui,
par leur ignorance, leur indifférence, leur suffisance ou leur
complaisance, se rendent les complices d’un mal qu’ils n’imaginent pas
ou qu’ils n’anticipent pas, mais qui pourrait un jour les frapper et
éventuellement les terrasser et auquel, en raison de leur attitude
passive et négative, ils auront contribué à en augmenter à la fois
l’intensité et la portée.» — Plérôme.
«La dialectique, à
l’intérieur du genre de l’homo sapiens, de l’homo rationalis et de
l’homo activus, entre l’homme théorique et l’homme pratique, est un
problème capital et constitue un moteur de l’histoire économique, comme
étant au cœur de la valorisation morale, sociale et financière qui est
accordée aux acteurs sociaux et aux agents politiques, dans les
activités qui caractérisent leurs initiatives professionnelles, les
avantages qu’elles leur procurent et le genre de vie dont elles les
autorisent à pouvoir bénéficier et à transmettre à leur progéniture.» —
Plérôme.
«C’est un paradoxe de la politologie qui veuille que le
libéralisme, en cherchant à encourager les forces bienfaisantes, à
l’œuvre à l’intérieur de la Cité, en vue de réaliser son amélioration
culturelle ainsi que ses progrès matériels, accordera l’opportunité aux
puissance malveillantes de favoriser, au nom des intérêts particuliers,
la subversion de la destinée collective et ainsi susciter un désir de
resserrement des normes et des structures et de conservation sociale;
et que le conservatisme, en tentant de réprimer les forces
malveillantes qui pourraient porter préjudice aux valeurs fondamentales
de la Cité et en corrompre les possibilités de sa conservation, de sa
propagation et de sa diffusion, étoufferaient en même temps les
volontés bienfaisantes qui sont à l’œuvre afin d’établir son avenir et
à étendre ses influences bienfaisantes et entraîner ainsi un désir de
libéralisation des normes et des structures et de changement social.» —
Plérôme.
«La force d’un système de pensée, une doctrine ou une
idéologie, réside dans l’espoir qu’il fait naître et dans les
possibilités objectives qu’il renferme en lui-même de répondre aux
problèmes qu’il s’agissait pour lui d’élucider et d’apporter les
transformations requises afin d’améliorer la société et de rapprocher
la culture du niveau de la perfection qui est inscrite à même
l’entéléchie de sa nature intrinsèque; sa faiblesse réside dans les
haines qu’il suscite et dans les antagonismes que créent ses théories,
soit en raison des exclusions qui en procéderont, soit en vertu des
oppositions et des objections qui seront éveillées, chez ceux dont les
principes et les thèses ébranleront le sentiment de sécurité qui
accompagnait l’état politique et social, antérieurement à leur
formulation, sans qu’ils ne puissent désirer qu’ils soient
effectivement adoptés comme étant la représentation de la direction que
doit nécessairement prendre la dynamique sociale, ainsi que la
mentalité collective qui en caractérise l’évolution: si le second
engage le premier à réinterpréter ses positions, sans trahir
l’essentiel de leur vérité, de manière à les rendre plus recevables par
leurs critiques; celui-ci, quant à lui, se voit sommer à défendre la
vérité qui la fonde et à découvrir, dans la constance de ses
défenseurs, la puissance véritable de son essence.» — Plérôme.
«Peut-on
s’imaginer une société dans laquelle l’esprit de fraude prend des
proportions telles qu’il serait devenu le leitmotiv d’une organisation
sociale, en laquelle chaque institution ferait miroiter, à la façon
d’un mirage dans le désert, le trophée d’un bienfait qui serait la clef
de la réussite sociale — une éducation solide, pour une école; la
santé, pour un hôpital; la prospérité, pour une banque; un équipement
fiable, pour une industrie; etc. — en le promettant à tous ceux qui
démontreraient le talent et illustreraient le mérite d’y parvenir, tout
en le réservant à une classe choisie de privilégiés qui échappent en
partie ou en totalité, à ces conditions, et tout en offrant à ceux qui
ne rencontrent pas les critères leur permettant de figurer dans ce
palmarès enviable, une pléthore de tactiques dilatoires et illusoires,
superficielles et artificielles, toutes les plus crédibles et
plausibles les unes que les autres, afin d’expliquer qu’ils ne
parviennent jamais suffisamment, malgré leurs capacités les plus
excellentes et leurs efforts les plus constants, à rejoindre leur idéal
et à rencontrer leurs buts.» — Plérôme.
«La quête de la vérité
est éternelle: elle devient un leurre cependant lorsque l’on s’imagine
qu’elle a abouti définitivement, soit parce que l’on croit qu’elle a
abouti définitivement, soit parce que l’on croit en avoir embrassé,
dans toute sa compréhension, la matière de ses principes, soit parce
que l’on s’est convaincu en avoir saisi exhaustivement toutes les
manières de son éventuelle manifestation et de son expression.» —
Plérôme.
«À l’ère informatique, alors que l’instantanéité des
opérations — à la vitesse de la lumière, rappelons-le — serait censée
faire disparaître la distinction entre les catégories du présent, du
passé et de l’avenir et se fondre l’expérience du temps en une durée
qui les confond et brouille les limites par lesquelles ces périodes
s’éprouvaient en la conscience, le présent devient ce qui n’est pas
encore révolu, le passé, ce qui n’est pas encore échu, et l’avenir, ce
qui n’est pas encore déterminé, des définitions qui rejoignent, sans
les contredire, ni les infirmer, celle, plus traditionnelle, d’un
présent qui se démarque du passé et de l’avenir dans la continuité d’un
moment qu’aucun souvenir ne tient pour être interrompu, pour celui-là,
ni aucune anticipation ne tient pour être irréalisé, ou
hypothétiquement réalisable, autour de conditions qui sont
embryonnaires dans la première conception, en ce qui concerne
celui-ci.» — Plérôme.
«Si la mythogénèse est le processus par
lequel l’esprit et se propose une réalité imaginaire, c’est-à-dire une
fiction, non pas pour s’y réfugier afin d’éviter d’affronter dans la
conscience les pressions qui émanent de la réalité effective, mais afin
de transformer la perception que l’on peut s’en former, qui éloigne des
principes erronés ou des finalité injustifiables qui pourraient être à
la source de son implantation, la mythomanie par ailleurs se complaît à
participer et à contribuer à cette invention, la mythopraxie, à fonder
sa propre existence sur une accréditation de ce principes comme étant
certains et incontestables et la mythopoïèse, à induire en son
semblable, et même à les contraindre, des conduites et des actions qui
confirmeront, sinon la vérité de cette fantaisie et de cette fiction,
du moins à son exemplification manifeste chez certains particuliers
malheureux.» — Plérôme.
«L’intelligence est cette capacité de
saisir adéquatement ce qui est la profondeur et la compréhension des
principes qui sont associés à une réalité; la compétence, celle d’en
apprécier et d’en instaurer la réalisation dans l’expérience concrète
et particulière.» — Plérôme.
«Le beau est la réflexion adéquate
du bien, autant dans l’étant qui l’exprime et le manifeste que dans
l’action qui en témoigne; et le vrai en est la perception complète dans
l’intelligence et l’interprétation juste qu’en produit la raison, comme
en témoigne la communication qui la révèle.» — Plérôme.
«La
science est la méthode par laquelle la conscience se forme des
convictions qui sont non seulement plausibles ou utiles, mais surtout
réelles et vraies.» — Plérôme.
«Comme chez les hommes, l’on
constate une gradation du moindre au plus, dans l’illustration de la
vertu, tel, pour les États, l’on remarquera une variation dans le degré
du respect du droit, autant dans la conduite générale de ses affaires
intérieures et étrangères, que dans la formation et la promulgation des
lois qui lient ses sujets entre eux, comme à ses institutions et aux
autres puissances souveraines.» — Plérôme.
«L’inauthenticité et
l’incomplétude ne sont pas l’hypocrisie, mais ils peuvent en servir de
terrain, lorsque la conscience que l’on en pressent s’accompagne d’une
complaisance qui préfère joindre l’ignorance de leur présence, pour ne
pas avoir à faire l’effort de les surmonter en soi et de s’en extraire,
afin d’accéder à un état de plus grande sincérité et d’un
accomplissement plus grand de son essence propre.» — Plérôme.
«L’inauthenticité,
qui se fonde sur une incompréhension réelle et approfondie de sa propre
personne, mène à une conclusion inévitable, dans l’établissement des
rapports humains, à savoir que le principe des masques et de la comédie
gouverne les relations sociales, non seulement en termes de l’apparence
qui est sciemment ou inconsciemment adoptée par chacun, mais aussi en
termes des exigences de la conformité qui sont exigées de chaque
individu par la culture de la société.» — Plérôme.
«L’idéal
fantastique que l’on propose à la crédulité de l’ensemble de poursuivre
devient pour lui un projet irréalisable qui, tout en l’éloignant des
véritables fins possibles et réelles de l’existence, laissent la voie
libre à un nombre moins grand d’individus à s’engager sur ces voies et
à récolter les bénéfices de l’avoir atteint.» — Plérôme.
«L’esprit
de concurrence et l’esprit d’émulation ont en commun de chercher à
acquérir un avantage qu’auparavant ils n’avaient pas mais ils se
distinguent en ce que, pour celui-là, l’avantage qui est recherché
s’acquiert au détriment de son semblable, souvent sans s’enquérir des
moyens qui sont employés à cette fin, soit en accaparant un bien qui
lui nécessaire mais qu’il ne possède pas encore, soit en le privant
d’un bien important dont il pourrait disposer alors que l’esprit
d’émulation prend pour modèle l’effort loyal et honnête dépensé afin
d’exceller et ainsi obtenir la fin recherchée, en se réjouissant du
succès de son semblable, lorsqu’il y parvient, et en pouvant s’attendre
d’une disposition mutuelle, s’il avait le bonheur de se montrer à la
hauteur de son idéal et se mériter la récompense espérée et promise.» —
Plérôme.
«Socrate est ce philosophe condamné par ses pairs
politiques à être l’étudiant perpétuel de la doctrine philosophique et,
par la tradition de l’histoire, à recevoir l’enseignement de sa pensée,
selon l’interprétation que ses successeurs en feront: car, en le
condamnant à mourir avant qu’il n’ait pu finaliser sa doctrine, comme
le feront après lui les philosophes Aristophane, Platon, Aristote, les
Cyniques et d’autres encore, il devient aux yeux des générations
futures celui dont la réflexion s’alimente des opinions de ses
semblables et dont la valeur épistémologique autonome n’est connue que
grâce à l’interprétation qu’elle a reçue de ses disciples et de ses
étudiants; mais peut-être avait-il anticipé cette fin intellectuelle
lorsqu’il adopta et qu’il assuma la position pédagogique du
maïeuticien, dans le rapport qu’il entretint avec l’intelligentsia de
la société athénienne.» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui, en
raison de leur fonction, croient réaliser leurs semblables alors qu’en
réalité, ce sont ceux qui reçoivent leur accomplissement de ceux-ci:
par ailleurs, un tel renversement apparent des rapports, qui n’exclut
nullement la réciprocité des influences et la verticalité des
transformations, ne fait-elle pas qu’illustrer le lien organique qui
unit les êtres humains entre eux et qu’obliger à reconsidérer les
inégalités sociales qui perdurent, dans la constance de ses actions
bénéfiques et métamorphiques ? » — Plérôme.
«La force est trop
souvent l’ultime argument que l’on oppose à la sagesse lorsque l’on ne
sait, ne veut ou ne peut se rendre à la profondeur de ses principes, à
la hauteur de ses idéaux ou aux exigences de leur intelligence ou de
leur réalisation.» — Plérôme.
«Le pouvoir est la manifestation
objective de la puissance, laquelle exprime un état — la vie — dont le
principe et la finalité sont servis par lui d’une manière qui est
susceptible de recevoir un examen (en termes de la bonté, de la vérité
et de la bonté des actions, des œuvres et des conduites qui les
révèlent) par une conscience morale désintéressée, impartiale,
développée et éprouvée, émanant de la subjectivité des consciences
particulières et de l’objectivité de la conscience collective.» —
Plérôme.
«Le pouvoir est la manifestation évidente de l’énergie
et de la puissance de la vie dans la réalisation de la moralité,
c’est-à-dire des principes, des valeurs, des idéaux et des fins qui
commandent son emploi et qui s’expriment dans les conduites et les
actions qu’adopte le sujet moral afin d’en illustrer l’exercice.» —
Plérôme.
«Dès que prévaut l’esprit de la mimésis, que l’on peut
définir pour l’essentiel comme étant une dérogation à la vérité qui se
présente comme en étant l’expression intégrale, la créativité devient,
non plus une manière de plus en plus imaginative d’atteindre à la
fidélité d’une représentation qui interprète de plus en plus
adéquatement ce qui en est l’essence et la substance, mais une approche
de plus en plus fantaisiste de s’en éloigner, tout en conservant
l’apparence de toujours en respecter l’infinitude du mystère et la
profondeur de sa signification.» — Plérôme.
«Le problème avec
les catégories diagnostiques, c’est que, le praticien étant en principe
appelé à justifier l’application qu’il en fait à tel ou à tel individu,
sera tenté d’en expliquer coûte que coûte la pertinence à la réalité de
celui-ci, comme si celle-ci était immuable et comme si les
classifications catégorielles n’étaient pas des constructions de
l’esprit, représentant par définition des êtres de raison qui doivent
être en tout temps reportés à la réalité fluide et changeante qu’ils
sont censés subsumer, autrement ce serait faire de la pathologie qui
est pressentie une part intrinsèque de la constitution de l’essence de
la personne et de sa nature profonde, une position qui est hautement
problématique.» — Plérôme.
«La thèse de la séparation de
l’Église et de l’État produit l’effet paradoxal, en chassant la sphère
du mystère et du sacré de l’espace public et en la reléguant au plan de
la conviction personnelle et de l’organisation civile et
institutionnelle, de conduire à la sacralisation de l’État et à
l’érection de l’idéologie qui en crée les formes (le républicanisme) en
doctrine exclusive qui fait autorité (le laïcisme), dont la fonction
est d’unifier et de rallier les consciences, sauf à marginaliser et à
ostraciser les consciences qu’elle ne parvient pas à convaincre.» —
Plérôme.
«À l’échelle de la perfectibilité humaine, on sauve en général ce que l’on n’a pu, n’a su ou n’a voulu protéger.» — Plérôme.
«Dans
un monde performatif et concurrentiel, le génie ne consiste pas
uniquement à illustrer sa qualité, mais à la démontrer de manière à en
susciter et à en obliger la reconnaissance.» — Plérôme.
«Toute
idéologie politique constitue une fondation de l’État en ce que ses
principes, lorsqu’ils sont adoptés par l’ensemble et qu’ils s’exercent
pour son bien, deviennent les formes qui inspirent la substance des
normes et la finalité de la législation, ainsi que l’excellence à les
illustrer et à les rendre effectives, la mesure de la valeur et de
l’importance des officiers, des fonctionnaires et des chefs, à
l’intérieur de la hiérarchie et des structures qui s’établissent à
cette fin, lesquelles deviennent alors l’expression de la présence
visible de l’État.» — Plérôme.
«L’amour est fort comme la mort,
comme l’affirme le passage de l’Écriture, mais ne trouve-t-il pas un
défi aussi grand à s’exprimer intégralement face à la puissance, dans
l’imagination et dans le désir, de l’or ?» — Plérôme.
«Le point est, de la sphère, l’expression la plus simple, la plus réduite et la plus concentrée sur elle-même.» — Plérôme.
«De
la même manière que chaque personne est le produit de ses expériences
antérieures, y compris de l’expérience originelle qui l’a vu naître, de
la même manière chaque personne est en même temps, parfois et peut-être
souvent à son insu, le miroir de sa culture et de sa société, de sorte
que la tâche de la conscience pleine et autonome est celle de saisir et
de comprendre jusqu’à quel point et en quel sens cette affirmation est
juste.» — Plérôme.
«La forme perverse du libéralisme se réalise
lorsque l’agent moral fait preuve d’une générosité envers son
semblable, pourvu que cela n’engage à rien, n’occasionne aucun coût
réel et, rapportant beaucoup, mène à un gain considérable.» — Plérôme.
«Nulle
personne ne devrait détenir un pouvoir qui soit au-delà de sa puissance
de l’exercer effectivement, avec intelligence, excellence et bonté, de
sorte que plus un pouvoir est immense et étendu, plus il révélera
l’intelligence de celui qui le détient, plus il manifestera
l’excellence de ses actions et plus la bonté qu’il dégage rayonnera sur
ses semblables qui en connaîtront et en éprouveront les effets.» —
Plérôme.
«L’indifférence (l’apatheia), lorsqu’elle est
généralisée, caractérise l’état qui qualifie une insensibilité morale à
la réalité, telle qu’elle est éprouvée par ses semblables, est une
attitude qui se renforce ipso facto elle-même, puisqu’elle puise son
inertie à même l’apathie, l’absence de sentiment qui est éprouvé face à
sa propre existence.» — Plérôme.
«Dans une société qui est
radicalement égalitariste, personne ne se voit accordé plus
d’importance qu’un autre, ce qui est dire que tous sont, dans
l’abstrait, plus importants que chacun, concrètement parlant, lequel
principe totalisant sert à élever certains, et non d’autres, pour
autant qu’ils se posent en ses champions et en ses défenseurs. » —
Plérôme.
«Non satisfait d’avoir sciemment privé son semblable de
l’apparence de sa perfection, car sa disposition à illustrer cette
plénitude ne saurait être réellement entamée, au moyen des savants
artifices développés et employés à cet effet — ce que l’on nomme à
proprement parler le scandale —, on lui reproche ensuite l’état en
lequel il se retrouve dorénavant, en lui imputant l’entière
responsabilité de sa condition, et en faisant reposer ultérieurement
sur ses épaules l’effort de pouvoir s’en extraire et de le surmonter,
un défi que l’agent moral responsable, maintenant devenu conscient de
la situation, acceptera de relever, au meilleur de ses capacités, avec
le succès que lui autorisera la coopération et l’encouragement de son
prochain et la grâce incommensurable de Dieu.» — Plérôme.
«La
vérité poétique consiste à exprimer l’expérience subjective, telle
qu’elle révèle, avec simplicité, la hauteur sublime et édifiante des
idéaux moraux ainsi que la profondeur infinie et inspirante des
sentiments, conçus et éprouvés par le sujet moral, lucidement conscient
de la diversité de leur gradation et de la variété de leurs nuances,
comme étant possibles de se manifester dans le paroxysme de leur état,
si la conjoncture objective se réunissait pour qu’ils puissent se vivre
entièrement et complètement, dans toute leur pureté, à l’intérieur
d’une réalité actuelle parfaite.» — Plérôme.
«Le paradoxe de
l’esprit humain: par ses réalisations épistémologiques et
scientifiques, il est colossal; par ses virtualités intellectuelles, il
est infini; mais par l’ignorance dont il témoigne, des choses qui lui
restent à explorer et à découvrir, il témoigne d’une lacune abyssale.»
— Plérôme.
«La ruse du spéculateur consiste à déprécier aux yeux
d’autrui la valeur inestimable d’une chose que l’on souhaite acquérir
et s’approprier à vil prix, avant que celui-là puisse en estimer
réellement l’importance pour ensuite, l’ayant en sa possession, laisser
découvrir en quoi elle est réellement précieuse et ainsi, s’en séparant
à fort prix, réaliser un bénéfice appréciable inouï; une variante de ce
stratagème consiste à dérober à son propriétaire une chose de grande
valeur, sans qu’il ne soit en mesure de savoir qui le lui a pris, ni
comment s’est accompli le vol, ni quelle destination la chose dérobée a
prise, ou encore, en utilisant la finesse et la fraude, la lui
soutirer, en faisant peser sur ses épaules tout le fardeau qui consiste
à dénoncer l’injustice et à récupérer le bien mal acquise, pour ensuite
l’écouler lorsque le danger de la découverte sera passé ou la
possibilité d’un recouvrement sera réduit, ou en camouflant le vol
d’une manière à ne pas laisser croire qu’il se serait même produit.» —
Plérôme.
«Tout est unique, tout est divers, tout est relatif.» — Plérôme.
«Le
projet épistémologique de Badiou: la vérité du point de vue de l’être;
... du point de vue de l’apparaître; ... de l’être et de l’apparaître;
... de la vérité en elle-même.» — Plérôme.
«L’intuition précède-t-elle l’expérience ou l’expérience, l’intuition ?» — Plérôme.
«L’anarchie
radicale consiste à substituer ce qui est relativement essentiel à ce
qui est véritablement essentiel, souvent par caprice, souvent par
ignorance, mais toujours en vue de servir un intérêt qui, se proposant
comme étant général, sans toutefois être universel, demeure néanmoins
particulier et donc accidentel, contingent et perfectible.» — Plérôme.
«La
victime est la personne que l’agresseur, l’oppresseur ou le piégeur
s’accorde, sciemment et intentionnellement, la possibilité de dominer,
consécutivement au traumatisme ou à la blessure, physique ou morale,
que son action engendre auprès d’elle.» — Plérôme.
«Il est moins
compliqué de s’avérer parfait au Ciel qu’en Enfer car, en admettant que
l’acquisition de la perfection fût possible pour quiconque ne le serait
pas initialement, il suffit, lorsque l’on se trouve au Ciel, de l’être,
sans être conditionné par des définitions arbitraires et aléatoires de
l’apparence que la perfection est censée révéler, alors qu’en Enfer,
l’on doive l’être selon des conventions qui sont établies afin de
déterminer ceux qui seraient indiscutablement réputés impropres à en
réaliser adéquatement et complètement la quintessence.» — Plérôme.
«Tout
est relatif ... quant à l’Idée qui en fonde l’essence; quant au
principe qui en spécifie l’existence, quant à l’agent qui en cause la
réalisation; quant aux moyens qui en circonscrivent la réalité; quant
aux relations qui en conditionnent les manifestations; quant aux
virtualités qui en caractérisent l’entéléchie; quant aux fins qui en
inspirent l’achèvement; et quant aux volontés qui en actualisent la
perfection.» — Plérôme.
«Serait-ce que le décorum est une
manière de rançon qui est versée à la vertu ou plutôt serait-il
simplement le miroir, toujours approximatif et imparfait, du
rayonnement qu’elle serait censé exercer sur l’âme de ceux qui sont
exposés à sa présence ?» — Plérôme.
«Quelques couples
archétypes: Éros - Psychè; Pandore - Épiméthée; Eurydice - Orphée;
Pénélope - Ulysse (mais aussi Circé - Ulysse et Calypso - Ulysse);
Didon - Énée; Marie-Madeleine - Jésus; Héloïse - Abélard; Lucrèce
Borgia - Paolo (peut-être fictif); Éponyme - Gavroche; Roberte -
Nelligan.» — Plérôme.
«L’exercice du pouvoir, sans référence à
la moralité, risque de faire transparaître, ou de constituer
effectivement, la situation où s’effectue l’expression d’une liberté,
sans égard aux valeurs transcendantes du bien, du vrai et du beau.» —
Plérôme.
«La médecine devrait s’intéresser à la question de
l’’amnésie post-existentielle, c’est-à-dire de celle qui résulte du
passage d’une existence à une autre, que l’on désigne sous le vocable
de la mort, et qui se laisse constater par l’incapacité de se souvenir
de ses vies et de ses expériences antérieures, une expérience qui est
figurée chez les Anciens par le lac de Mnémosyne: pourtant, c’est un
fait qui fait plus ou moins directement l’objet de la théorie
platonicienne de la réminiscence lorsqu’elle pose que toute
connaissance n’est en réalité que le rappel, dans la conscience, de
connaissances autrefois acquises, mais subséquemment oubliées, car si
celles-ci ne pouvaient avoir été acquises en cette existence actuelle,
à quel autre moment antérieur de la vie pouvaient-elles avoir été
suscitées et retenues ?» — Plérôme.
«Tels sont ceux qui, en
réponse à l’honnêteté et à loyauté témoignées à leur égard, ne
produisent que duplicité et trahison.» — Plérôme.
«L’exacerbation
de l’égocentrisme, qui consiste à rapporter la conscience qui est
acquise de l’expérience à sa propre individualité et à la situer dans
l’immédiateté de la subjectivité actuelle, lorsqu’elle est généralisée
à l’ensemble de la population, produit une manière d’introversion qui
se répercute sur la perception générale du temps, qui la contracte en
la centrant sur une conception actuelle du présent, sans que celle-ci
ne trouve d’assise dans une conscience de la continuité qui résume un
processus historique, soit au plan individuel, soit au plan collectif,
et par conséquent n’autorise à aucune projection sur un avenir
significatif, quant à une croissance et à un développement effectif et
réel des essences et des virtualités de la personne et de la société.»
— Plérôme.
«L’empirisme, qui fait reposer la connaissance sur
l’expérience sensible — des sens extérieurs — est peut-être la raison
la plus importante de l’aliénation des rapports entre l’homme et la
femme qui, pour se réaliser adéquatement, c’est-à-dire d’une manière
qui est appropriée à leurs valeurs respectives, passe nécessairement
par la sphère subjective des intériorités qui se rencontrent
immédiatement, mutuellement et spontanément, dans l’amour qui surgit et
s’éprouve de manière complémentaire dans leur intensité avant toute
expérience physique, et donc sensible. Ainsi, se connaître, pour les
amoureux, c’est se sentir dans leur sentiment d’une attraction mutuelle
et d’un bonheur réciproque, sans que n’intervienne, pour faire naître
cet état d’une communion des cœurs, la dimension des sens physiques,
autrement peut-être que ceux qui sont impliqués dans l’aperception de
la présence et, là-même, celle-ci peut succéder à un pressentiment,
celui d’être attente du promis ou de la promise qui mystérieusement
apparaît, suite à une conjoncture de l’expérience et d’une préparation
intérieure à la réaliser, un développement qui, tout en étant for loin
de l’expérience épistémologique empirique, apporte en l’âme et en la
conscience une culture aussi grande qu’elle est indiscutable.» —
Plérôme.
«Les trois composantes de la justice effective sont une
conception de la justice qui est adéquate à l’essence de cette idée;
une vertu qui entraîne à vivre, conformément à cette idée à la
conception que l’on en possède; et l’honneur qui motive à répandre et à
propager, autant le désir de leur réalisation que les œuvres qui, par
les actions et les conduites qui les constituent, en témoignent.» —
Plérôme.
«En tant que tout rôle social requiert l’adaptation à
un scénario qui est commandé implicitement par la fonction qui est
exercée par l’individu, indépendamment de sa disposition personnelle et
de sa préparation à l’exprimer de manière authentique, et donc exige de
lui une composition qui procède des exigences propres à ce rôle, il
devient vrai lorsque le jeu social de l’acteur social correspond à ce
scénario, autant du point de vue de l’autorité politique que des autres
acteurs sociaux, de même que la comédie dont le jeu des acteurs est
congruent avec l’expectative sociale que la régie, la critique et
l’auditoire des spectateurs entretiennent à son endroit, et le fausse
dans le cas contraire où certaines de ces expectatives seulement, ou
aucune expectative, ne sont rencontrées par lui.» — Plérôme.
«Le
pouvoir signifie quelles sont les limites dont dispose la volonté de
s’exprimer sans entrave et devient, par la qualité illustrée dans cet
exercice, une manifestation de la moralité et du caractère de l’esprit
qui en témoigne.» — Plérôme.
«La femme se contente de susciter
et de maintenir le mystère existentiel qui procède de son être propre
et l’homme, dans sa poursuite intellectuelle et rationnelle, n’a cesse
de l’interpréter et de le désocculter.» — Plérôme.
«ANTIMÉTABOLE:
la puissance de l’amour et l’amour de la puissance; au second degré:
l’amour de la puissance de l’amour et la puissance de l’amour de la
puissance.» — Plérôme.
«L’expérience traumatique pour la psyché
dont la conscience retient le souvenir sans pouvoir ni y répondre, ni
entrevoir l’occasion d’une réponse future qui lui soit adéquate, soit
pour en interrompre le cours et en empêcher la perpétuation, soit pour
apporter une rétribution adéquate à l’agent conscient qui en est
moralement responsable et qui la fait naître gratuitement, risque de
faire place au ressentiment; celle qui, en raison de son intensité et
de la faiblesse constitutive de l’esprit qui l’éprouve, en dehors d’une
lésion physique qui pourrait le révéler, risque de produire, en
l’absence de la réminiscence et de la catharsis qui en résulte, une
conversion symptomatique sémiologique.» — Plérôme.
«Tel reproche
à Dieu son exigence, telle qu’elle se révèle dans son commandement
d’amour, voire que dans son expression il soit miséricordieux, tel
autre s’objecte par principe à l’intransigeance et l’implacabilité de
Satan.» — Plérôme.
«Le secret institutionnel bureaucratique, qui
stipule que les raisons fondamentales des jugements rendus par les
fonctionnaires ne doivent pas être divulgués en dehors d’une procédure
juridique dont les coûts sont souvent au-delà de la portée des simples
particuliers, ne rendent pas plus honorables des arguments ad hominem
afin de les remettre en question, ni plus véridiques, ni plus
pertinentes les spéculations idéologiques qui en expliqueront la
validité, mais elles ne rendent pas plus aidées les revendications qui
en contesteraient, soit la justice, soit la validité des raisons qui en
fonderaient les décisions, lorsque celles-ci s’avèrent erronées ou
fautives.» — Plérôme.
«Agir contre la justice, c’est le crime;
agir sans égard pour la justice, en omettant d’en pratiquer les
principes et ainsi en les déniant de leur effectivité, c’est
l’injustice.» — Plérôme.
«L’anecdote illustre le principe et non le principe, l’anecdote.» — Plérôme.
«La
puissance consiste en la possibilité effective que comporte un être
vivant, animé et conscient, à se déployer à l’intérieur de la création
en réalisant le bien qui est inhérent à l’essence de son énergie
vivante, non uniquement quant à la subsistance, durable et permanente,
de son existence propre, mais également quant à celles des autres êtres
vivants qui sont susceptibles de subir son influence, ainsi que l’effet
de son action, et à coopérer à l’œuvre qui constitue la singularité et
la particularité de sa destinée.» — Plérôme.
«La puissance est
la possibilité qui est laissée à la personne d’être telle qu’elle est,
c’est-à-dire selon la perfection ou la déficience de son essence
intégrale, authentique et véritable; le pouvoir consiste en la
sanction morale accordée et officiellement confirmée pour la personne
de disposer ainsi de sa capacité existante.» — Plérôme.
«Si l’amour rend aveugle, l’avarice, et sa contrepartie l’avidité de l’ambition, rendraient-elles sourd ?» — Plérôme.
«Selon
le professeur S. Latouche, les trois piliers de la société monarchique
contre lesquels s’est acharné le siècle des Lumières sont la
transcendance, la tradition et la Révélation.» — Plérôme.
«Le
mal est une dérogation à la perfection: d’un point de vue moral, il
consiste en l’action qui produit cette imperfection de manière lucide,
intentionnelle, résolue et intéressée.» — Plérôme.
«Les trois
formes, que prend le droit selon les circonstances, sont le droit
distributif, le droit rétributif et le droit commutatif: chacun d’eux
se fonde sur le jugement, le premier, associé à la charité, qui éprouve
de la compassion pour son semblable; le second à l’équité, qui
récompense le bien et châtie le mal, en faisant une appréciation
exhaustive et adéquate des circonstances sous lesquelles et par
lesquelles ils se sont manifestés et produits; et le troisième, à
l’honnêteté qui, dans les échanges, offre en contrepartie, sans
fausseté ni déception, une valeur équivalente pour un objet ou un
service reçus. Le premier est politique, le second judiciaire et le
troisième économique, mais tous les trois puisent à la notion de la
justice qui tantôt valorise la bonté, tantôt la compassion et tantôt la
vertu, tout en cherchant à rendre à chacun son dû, selon le mot
d’Aristote, et ainsi sont-ils le fondement de la vie morale, de la vie
civique et de la vie sociale, sans réduire par ces distinction la
portée effective et l’imbrication réciproque de celles-ci.» — Plérôme.
«Le
complexe de l’Amazone représente l’aspiration, pour certaines femmes, à
construire un monde en lequel le pouvoir dominant appartient au sexe
féminin et puise à toutes les ressources qui sont propres à sa nature
et à son identité psychosexuelle et qui les caractérisent spécialement,
en réduisant la dimension masculine de l’humanité à un rôle secondaire
de figurant, y compris au plan génésique de la continuation et de la
perpétuation du genre humain et en niant de ce fait l’idéal et le
principe de la complémentarité des sexes.» — Plérôme.
«Une
lecture, c’est comme toute autre forme de travail: on en retire, en
termes de résultats — apercevables sous forme des découverte effectuées
et de significations nouvelles acquises —, ce que l’on y met en
efforts, en concentration, en attention, en compréhension, en
intelligence et en expérience.» — Plérôme.
«Le triangle
politique: la puissance qui incline et dispose à exercer de son
influence sur le monde et sur ses semblables; le pouvoir qui l’exprime
effectivement; et la moralité qui constitue l’excellence de cette
entreprise.» — Plérôme.
«Il y a ceux qui savent, et qui par
discrétion se taisent; comme il y a ceux qui ne savent pas et qui
pourtant ont beaucoup à dire.» — Plérôme.
«L’hypothèse d’un
crime parfait, qui ajoute l’insulte à l’injure: causer sciemment,
directement ou indirectement, un préjudice à son semblable, de manière
ensuite à lui faire porter l’opprobre et la responsabilité de cet
événement.» — Plérôme.
«Le problème historique de la vérité,
c’est d’avoir à se défendre avec courage contre des croyances que
l’intelligence, tout en admettant le principe et la nécessité de cette
idée-valeur transcendante, se voit dans l’obligation de néanmoins se
laisser transformer par la fausseté ou l’incomplétude de ses
propositions, de ses doctrines et de ses convictions, souvent issues
d’une pragmatique qui doit associer l’idéalité et la pureté d’une
conception avec les contraintes pratiques qui risquent de la dénaturer
et de la corrompre, pour ne pas compromettre l’édifice individuel et
social qui s’est établi sur elles et grâce à elles, si incorrectes et
erronées fussent-elles autrement.» — Plérôme.
«Le problème avec
l’inconscient, lorsqu’il s’exprime au plan collectif, c’est qu’il est
rarement apparent pour l’ensemble et que seulement quelques consciences
privilégiées sont susceptibles de l’apercevoir, en raison soit du degré
de l’éveil de leur intelligence qui les prépare à percevoir un tel
phénomène, soit de la qualité de l’inspiration qui la dispose à en
reconnaître la présence et à en identifier l’essence.» — Plérôme.
«Toutes
les sciences, en raison de l’incomplétude de leur propos et de la
vastitude indéfinie de l’univers sur lequel elles portent, sont des
parenthèses ouvertes sur l’avenir.» — Plérôme.
«Tels sont ceux
pour qui le comble du succès consiste à commander le profit le plus
généreux pour soi, résultant des entreprises qu’ils mettent en
chantier, et la gratuité la plus complète de leurs semblables,
lorsqu’ils y contribuent d’une manière significative et
reconnaissable.» — Plérôme.
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